Nestlé à Itancourt : Le Comité Social et Economique Central de Nestlé France s'oppose à la fermeture du site

Plus de 158 emplois sont menacés par la fermeture du site d'Itancourt / © FTV / M. Maillet
Plus de 158 emplois sont menacés par la fermeture du site d'Itancourt / © FTV / M. Maillet

[Mise à jour le 28/01/2020] L'un des deux sites du groupe Nestlé à Itancourt dans l'Aisne, va voir son activité cesser d'ici la fin de l'année 2020 et délocalisée en Europe de l'Est. Ce mardi 28 janvier, les syndicats sont en discussion avant la réunion du 29 janvier avec la direction. 

Par P.-A. Leclercq (avec M. Lesprit et M. Roussel)

Le groupe Nestlé a annoncé ce jeudi 16 janvier la cessation d'une de ses deux activités sur le site d'Itancourt, dans l'Aisne. La fabrication de bouillons, sauces et potages déshydratés de la marque Maggi, qui emploie 158 salariés, devrait s'interrompre d'ici la fin de l'année 2020. La seconde production du site, celle de céréales pour le petit déjeuner, compte 263 salariés. Elle n'est pas concernée par cette fermeture. 
 


Nestlé explique que la production de ce site a diminué de 33% depuis 2005. "Ça plaît moins, analyse Valérie Métailler, sa directrice, c'est-à-dire que le consommateur va plus se tourner vers des produits frais, qui n'ont pas forcément besoin d'une cuisson, d'un bouillon. Ce type de produit a moins d'impact chez les jeunes." Selon l'entreprise, l'usine, qui a compté jusqu'à 800 employés, serait aujourd'hui surdimensionnée et aurait perdu en compétitivité. L'activité devrait être délocalisée en Europe de l'Est. 
 

Un reclassement est prévu


Le groupe suisse assure se pencher sur un accompagnement des 158 personnes dont l'emploi est menacé. Selon un communiqué de l'entreprise, 54 salariés pourront "bénéficier de mesures de pré-retraite ou congés de fin de carrière". Pour les autres, "Nestlé France s'engage à proposer à chaque salarié non-cadre une ou plusieurs offres d'emploi dans un rayon de 50 kilomètres", ce qui inclut l'usine voisine et un autre site à Boué, à environ 40 km. 
 

"Quand on a des enfants en bas âge, que notre conjoint, par exemple, a sa société sur Saint-Quentin, aller faire 50 km pour travailler en étant de matin, d'après-midi, de nuit, c'est pareil, ils ne se rendent pas compte non plus", réagit une conductrice de ligne. D'autant que les conséquences de cette fermeture ne s'arrêtent pas là, rappelle Christine Jacquin, du syndicat UNSA : "Il y a les 50 intérimaires qui sont avec nous. Il y a les CDD, qui pensaient peut-être avoir un CDI. Il y a beaucoup de personnes qui sont affectées par ça et qui, elles aussi, perdront leur emploi."
 

"Une catastrophe sociale et humaine"


À l'annonce de cette fermeture, le député de l'Aisne originaire d'Itancourt, Julien Dive, a publié sur Twitter un communiqué, co-signé par le président de la région Xavier Bertrand. Il demande la "tenue d'une réunion d'urgence en Préfecture de l'Aisne ce lundi 20 janvier avec la direction du groupe Nestlé". Il assure s'opposer à ce projet de fermeture du site, le qualifiant de "catastrophe sociale et humaine". "C'est une vitrine industrielle du territoire", rajoute-t-il.
 

Le Comité Social et Economique central s'oppose à la fermeture du site

Mardi 28 janvier, a lieu une première réunion à Noisiel en Seine-et-Marne, entre les syndicats, fermement opposés à la fermeture du site de production d'Itancourt. Ils réfléchissent à un projet de réorganisation de l'activité qui n'impliquerait pas la fermeture du site d'Itancourt, mettant en avant les conséquences sociales d'une telle fermeture. 

Une réunion avec la direction du site doit se tenir mercredi 29 janvier à Itancourt. Les négociations ne doivent débuter qu'à partir du 6 février. 

 

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