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Nouveau cas de mortalité de poissons constaté à Étreux dans l'Aisne

Une petite centaine de kilos de poissons a été repêchée à Étreux / © C. Daimé
Une petite centaine de kilos de poissons a été repêchée à Étreux / © C. Daimé

Ce dimanche 11 août, les habitants de la commune d'Étreux, dans l'Aisne, ont assisté à un nouvel épisode de pollution survenu dans un bief du canal de la Sambre à l'Oise. De nombreux poissons ont été repêchés, morts, dans une eau noire.

Par Boris Granger

Ce n'est pas la première fois que ce genre d'incident se produit, c'est même un problème récurrent : à Étreux, une petite commune de l'Aisne, une nouvelle vague de mortalité de poissons a été constatée dimanche 11 août. Une petite centaine de kilos de gardons, brochets, carpes et autres sillures ont été retrouvés morts à l'endroit où le Morteau se jète dans le canal de la Sambre à l'Oise.


Des causes complexes et multiples

"L'eau était noire, quelque chose est arrivé par la rivière", soupire Claude Doumé, président de La patience, l'association de pêche d'Étreux. Ce quelque chose pourrait être un rejet douteux en provenance des usines en amont, Nestlé et Materne entre autres, ou de la station d'épuration de Boué, une commune limitrophe. "C'est difficile à dire, poursuit le président de l'association, ça pourrait aussi provenir de l'épandage agricole."

Car les causes de ces épisodes de pollution à répétition sont complexes et multiples. Le canal de la Sambre à l'Oise, autrefois navigable, bénéficiait d'une eau bien oxygénée et offrait ainsi de bonnes conditions de développement aux poissons qui le peuplaient. Aujourd'hui, l'eau des biefs - portions de canal situées entre deux écluses - est stagnante et les lentilles prolifèrent, quand ce ne sont pas les cyanobactéries.


Un problème qui dure depuis longtemps

Et puis il y a les usines, en amont, et leurs rejets réguliers. Pourtant, "elles respectent la réglementation en vigueur au sujet de leurs rejets, explique Martin Duntze, responsable technique auprès de la fédération de pêche de l'Aisne. Mais cette eau chargée en matières organiques combinée à une température élevée et un faible débit en été forme un cocktail explosif qui limite la dillution des rejets." 

Alertée par l'association de pêche de Claude Doumé, la fédération a, à son tour, signalé le problème à la police de l'eau, mais pour la fédération, rien ne changera tant que les services de l'État n'auront pas pris leurs responsabilités en imposant des mesures plus strictes aux industriels. "C'est un problème qui dure depuis longtemps, poursuit Martin Duntze. Il faut diminuer les concentrations et les volumes des rejets."


Oxygénation nécessaire

Fermé à la navigation depuis plus de dix ans, la réouverture du canal de la Sambre à l'Oise, en cours de réalisation, pourrait également apporter une solution viable à ce problème récurrent de pollution. Si l'eau circulait à nouveau, elle s'oxygénerait davantage et les rejets seraient dillués de manière plus efficace. Mais pour Claude Daimé, le fond de la rivière est trop pollué. "Il faudrait la curer mais ça coûterait trop cher et personne ne veut s'en occuper."

En attendant, on cherche des solutions temporaires, comme l'installation d'oxygénateurs par les Voies navigables de France (VNF). Le président de La patience reste, quant à lui, désabusé : "C'est difficile à expliquer à nos pêcheurs, qui paient leur permis, conclut-il. Nous devons procéder à un rempoissonnement en septembre mais je ne sais pas où on va pouvoir le faire."
 

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