Amiante : second procès en appel à Saint-Quentin pour les anciens salariés d'Hazemeyer et d'Unelec

Soixante-quinze plaignants regroupés en association sont engagés dans cette procédure. / © France 3 Picardie
Soixante-quinze plaignants regroupés en association sont engagés dans cette procédure. / © France 3 Picardie

Le combat se poursuit pour les anciens salariés d'Hazemeyer et d'Unelec, le fabricant de matériel électrique. Le second procès en appel dans cette affaire d'amiante se tenait ce jeudi à Saint-Quentin.

Par ML

C'est une bataille juridique complexe à laquelle ont assisté ce jeudi les anciens salariés d'Hazemeyer et d'Unelec, regroupés en association. Les retraités, qui combattent pour la reconnaissance du préjudice lié à leur exposition professionnelle à l'amiante, assistaient au second procès en appel qui les oppose au fabriquant de matériel électrique saint-quentinois. Au coeur de l'affaire, la multiplicité des entités qui se sont succédées, alors qu'Unelec a changé de dénomination au fil des années.


"Ils n'ont pas eux même connaissance de l'historique complexe de cet établissement qui a connu plusieurs noms, souligne Maître Cécile Labrunie, leur avocate. Il suffit de se référer à l'arrêté qui mentionne les noms d'Alstom, d'Unelec, de GEC, de GE Power Controls... Comment reprocher aux salariés ce manque de transparence et rendre aussi complexe le droit à réparation de leur préjudice ?" 



En première instance, onze plaignants sur soixante-quinze, ceux dont l'appartenance à General Electrics avait été reconnue, avaient obtenu 4000 euros de dommages et intérêts devant le conseil des prud'hommes de Saint-Quentin. Une décision que les anciens salariés estiment injuste à la lumière du préjudice subi. 

"Moi j'étais responsable d'atelier, raconte Daniel Liénard, président de l'association "L'amiante et les anciens salariés exposés d'Hazemeyer et d'Unelec". J'avais des gars qui marchaient sur les squelettes d'amiante qui étaient découper pour pouvoir les tasser le plus profondément dans des cuves. Des gens ont été malades, qui souffrent aujourd'hui. Des gens qui sont toujours dans l'inquiétude aussi. Moi j'ai vécu avec beaucoup d'amis qui malheureusement sont décédés et avec qui je suis allé jusqu'au bout. Croyez-moi, c'est très difficile."


Les retraités réclament aujourd'hui 30 000 euros chacun dont 15 000 au titre du préjudice d'anxiété pour leur exposition professionnelle à l'amiante. La décision sera rendue le 15 novembre prochain. Un premier procès en appel a eu lieu au tribunal de grande instance d'Amiens le 17 avril. Les plaignants auront donc une première réponse dès le 11 septembre prochain. 

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