Coronavirus - Confiné seul dans le théâtre Jean Vilar de St-Quentin : "Je trouve des détails que je n'avais pas vus"

Voilà maintenant six semaines qu'Amédée Zapparata est confiné sur son lieu de travail peu ordinaire. Loin de souffrir de la solitude, le directeur technique du théâtre Jean Vilar de Saint-Quentin apprend à redécouvrir le lieu, vide et grandiose à la fois. 
Amédée Zapparata, directeur technique du théâtre Jean Vilar de Saint-Quentin, désormais confiné dans son théâtre depuis 6 semaines
Amédée Zapparata, directeur technique du théâtre Jean Vilar de Saint-Quentin, désormais confiné dans son théâtre depuis 6 semaines © Benoit Henrion / FTV

Un seul bruit de pas raisonne dans le théâtre Jean Vilar de Saint-Quentin depuis le début du confinement. Celui de son directeur technique, Amédée Zapparata. 

Avec 4 grands enfants, une maison en Normandie, il aurait pu décider d'aller se confiner ailleurs. Mais il a choisi son théâtre où il possède un logement de fonction. "Pour moi, c'est un devoir de rester ici. Ca fait partie de ma fonction et si je n'avais pas choisi cette option-là, j'aurais eu l'impression d'avoir mal fait mon travail", confie-t-il. 

Amédée Zapparata se retrouve ainsi seul occupant de ce magnifique théâtre à l'Italienne depuis près de six semaines. "On se sent tout petit par rapport à ce lieu. Tout prend de l'ampleur, au niveau des bruits, des distances, détaille-t-il. Vide, je le vois d'un nouvel œil. Même si je connais le lieu par cœur, je trouve des détails que je n'avais pas vus."
 

Confiné dans son théâtre, Amédée Zapparata connaît le lieu par cœur mais redécouvre parfois certains détails
Confiné dans son théâtre, Amédée Zapparata connaît le lieu par cœur mais redécouvre parfois certains détails © Benoit Henrion / FTV


"Je ne suis pas vraiment tout seul"

Entré au théâtre Jean Vilar en 1990 comme cintrier, Amédée Zapparata fut ensuite machiniste, puis régisseur son, pour finir directeur technique. D'habitude il encadre une équipe de six personnes, et accueille les artistes. 

Aujourd'hui, seul dans son théâtre, celui qui apprécie en temps normal quelques moment d'isolement dans sa salle vide, n'a pas l'air de souffrir de la solitude."Je ne suis pas vraiment tout seul. Comme dans tous les bons vieux théâtres, il y a toujours le bon vieux fantôme", plaisante-t-il. "En réalité, j'ai pas mal de réunions en visioconférence, des appels téléphoniques, le temps passe vite", assure-t-il. 
 

De grands travaux à préparer

Si la saison culturelle s'est terminée de façon abrupte, il reste du travail : préparer le prochain grand chantier qui doit bientôt démarrer. Le théâtre sera en effet équipé de 40 perches contrebalancées et manuelles, qui servent à installer les décors et les lumières. "Il y a donc tout un nettoyage et un arrangement à faire pour accueillir au mieux les équipes en septembre", affirme le directeur technique. 

S'il aime son théâtre, Amédée Zapparata attend tout de même avec impatience la fin du confinement. "Vivre ici confiné est un plaisir, mais le contact humain est un réel manque. Le théâtre, c'est quand même la vie avant tout."
 
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