Série d'accidents sur les routes des Hauts-de-France : la prudence est de mise pour les fêtes de fin d'année

Les accidents graves se multiplient ces derniers jours dans la région. Des drames aux causes souvent diverses qui pourraient être favorisés par les mauvaises conditions météorologiques et l'intensification du trafic à l'occasion des fêtes de fin d'année.

"C'est la loi des séries". Dans l'Aisne en particulier, la multiplication des accidents graves sur les routes ces derniers jours n'a pas échappé aux différents services de secours. Le capitaine Bruno Farges, commandant par intérim de l'escadron départemental de sécurité routière de l'Aisne, fait le bilan : "depuis le 11 décembre, 6 victimes décédées" portant ces chiffres à cette heure à "174 accidents, 21 morts et 240 blessés" depuis le début de l'année. Pour l'officier, cette "rafale d'accidents" constitue clairement une mauvaise période. "Nous avons beaucoup plus d'accidents, beaucoup plus de blessés, mais moins de morts", relativise toutefois le capitaine.

Cette tendance concerne l'ensemble de la région ces derniers jours. Dans la Somme, mercredi 21 décembre, une collision à Abbeville a encore impliqué trois véhicules. Une autre la veille à Gorenflos a fait une victime et un blessé grave. Dans l'Oise, samedi 17 décembre, un homme de 70 ans est décédé dans un accident à Rousseloy, près de Creil.

Lundi 19 décembre, en fin de journée, dans l'Aisne, un grave accident à Oulchy-le-Château a tué deux femmes, blessé une autre grièvement et fait en tous 6 blessés. Tout cela sans parler de l'épisode de verglas de dimanche 18 décembre qui a fait de nombreux blessés légers : 16 accidents rien que dans le Nord. Difficile d'en dresser une liste exhaustive.

"Pas de zone ou d'horaire particulier"

Pourtant, il n'est pas évident de trouver un point commun à ces drames. "Éblouissement, malaise, vitesse, dépassement", leurs causes sont diverses. "Il n'y a pas de zone, ni d'horaire particulier", analyse le capitaine Farges. "Il n'y a pas d'explication rationnelle, si ce n'est qu'il y a eu des pluies verglaçantes, mais sinon la météo n'était pas particulièrement défavorable". L'officier note néanmoins que ses hommes constatent "une élévation phénoménale des vitesses."

Faut-il y voir alors un facteur saisonnier ? C'est possible. Dans l'Aisne, la voirie du Conseil départemental est évidemment concernée par ces accidents. Elle mobilise notamment ses moyens d'astreinte pour sécuriser les lieux et mettre en place, le cas échéant, des déviations de la circulation.

Pour son directeur adjoint, Michel Normand : "c'est souvent lié à une augmentation du trafic en période de fêtes. Le jour tombe plus tôt et puis il peut y avoir des conditions météorologiques altérées". Pour ce responsable, il n'y pas de doute : "Le taux d'accident est directement corrélé au niveau de trafic. Les routes les plus fréquentées sont sujettes à plus d'accidents", affirme-t-il.

248 morts à l'échelle nationale en novembre

Le dernier bilan officiel de l'accidentologie concerne le mois de novembre, il n'inclut donc pas les derniers événements. Selon les chiffres de la délégation interministérielle à la sécurité routière : à l'échelle nationale, avec 248 tués et 5 340 blessés en novembre, la mortalité routière est en hausse "de +8% par rapport à novembre 2021 et en baisse de -4% par rapport à novembre 2019, année de référence". Au final, la mortalité routière en 2022 est à fin novembre d’ores déjà supérieure à l’ensemble de la mortalité routière en 2021.

Alors les fêtes seront une nouvelle fois sous la surveillance des forces de l'ordre. Dans l'Aisne, "nous sommes plus présents. On renforce les patrouilles aux heures pendulaires", indique le capitaine Bruno Farges. "Traditionnellement, Noël est calme, mais pour le premier de l'an, toutes les unités seront dehors".

Pour le réveillon, il y aura donc des points de contrôle pour l'alcool et les stupéfiants et s'il semble difficile de peser rapidement sur la tendance, les automobilistes sont prévenus.