Auchan : le CCE lance un droit d'alerte économique

© Frédérik Giltay
© Frédérik Giltay

Le groupe est confronté à de grosses difficultés économiques.

Par Q.V avec AFP

Les élus du comité central d'entreprise (CCE) d'Auchan ont voté mercredi un droit d'alerte économique sur la situation du groupe et demandé une expertise, ont indiqué plusieurs sources syndicales.

 

21 sites mis en vente

Confronté de son propre aveu à une situation économique "très difficile", Auchan France avait annoncé le 30 avril la prochaine mise en vente de 21 sites jugés insuffisamment rentables, concernant potentiellement 700 à 800 salariés.
 

Réunis en réunion extraordinaire mercredi à Marcq-en-Baroeul, dans la métropole lilloise, "les membres du CCE Auchan ont décidé à l'unanimité" de mettre en oeuvre, en parallèle des négociations sur le possible futur plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), "la procédure du droit d'alerte économique", ont indiqué FO, la CFDT, la CGT et la CFTC.

Le code du travail stipule que "lorsque le comité d'entreprise a connaissance de faits de nature à affecter de manière préoccupante la situation économique de l'entreprise, il peut demander à l'employeur de lui fournir des explications" en déclenchant ce droit d'alerte.
 

"C'est inédit chez Auchan, ça veut vraiment dire que ça ne va pas bien... L'idée, c'est de réaliser une expertise au niveau du groupe, pour voir plus loin que ce que la direction peut nous montrer dans le cadre du PSE" et obtenir plus d'informations "sur les comptes, les grandes orientations stratégiques, la situation du groupe au niveau international", a expliqué Guy Laplatine, délégué syndical central CFDT.

 

Des reclassements dans d'autres enseignes des Mulliez ?

"Nous exigeons des réponses précises à toutes nos questions, et notamment celles restées en suspens concernant l'identification des différents foyers de perte", soit "une centaine de sites au total d'après les dires de la direction": "combien d'entre eux seront-ils en vente, en fermeture, en franchise ou location gérance ?", réclame aussi FO dans un communiqué.
 


Selon FO, "entre 2013 et 2018, le groupe Auchan a réalisé un cumul de 2.706 millions d'euros de bénéfice net" et "obtenu un cumul de 522 Millions d'euros au titre du CICE". Ainsi, "l'expertise économique prend tout son sens". 

Par ailleurs, "nous voulons que le PSE et les reclassements soient organisés à l'échelle du groupe Mulliez, qu'ils puissent se faire sur d'autres enseignes du groupe comme Jules, Kiabi, Kiloutou (...) et pas seulement sur le Auchan du coin ou celui situé à 200 km", a plaidé Guy Laplatine (CFDT).

"La galaxie Mulliez peut assurer des passerelles professionnelles pour reclasser le personnel! Il faut qu'on arrête de raisonner 'Auchan' et qu'on raisonne 'galaxie Mulliez'", a renchéri Gérald Villeroy (CGT).
 

Sur le même sujet

Les gens des Hauts : Tourcoing, la ville aux mille visages

Les + Lus