La baisse des tarifs de rachat du biométhane rejetée par le Conseil supérieur de l'énergie

Dans un projet dévoilé il y a quelques semaines, le gouvernement proposait une réduction des tarifs de rachat du biométhane qui avait fait vivement réagir agriculteurs et acteurs politiques des Hauts-de-France. Le Conseil supérieur de l'énergie a rejeté cette proposition en fin de semaine.

Le méthaniseur de Neuville-Saint-Amand alimente la ville de Saint-Quentin en biogaz.
Le méthaniseur de Neuville-Saint-Amand alimente la ville de Saint-Quentin en biogaz. © Rémi Vivenot / FTV
C'est un projet qui avait fait bondir une partie du monde agricole, dont l'Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF), ainsi que certains politiques, au premier rang desquels Xavier Bertrand. Un projet qui prévoyait, entre autre, une baisse des tarifs de rachat du biométhane pouvant aller jusqu'à 15 %.
 

Projet rejeté à l'unanimité

Ce vendredi 18 septembre, le Conseil supérieur de l'énergie (CSE), organisme composé de parlementaires, de représentants des ministères et des entreprises du secteur de l'énergie, a retoqué le projet gouvernemental à l'unanimité, coupant court aux débats. La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a déclaré vouloir engager une concertation avec la filière du biogaz dans les semaines à venir.

Après avoir pris connaissance du projet, c'est le président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand qui avait dégainé le premier. Dans une lettre adressée à Barbara Pompili, il s'était fait écho du "sentiment d'abandon de la part de l'État" que ressentaient les agriculteurs. Et d'évoquer une hausse tarifaire qui pourrait "avoir des conséquences économiques dramatiques pour la filière de la biométhanisation".
 

Plus de 80 méthaniseurs dans les Hauts-de-France

Une filière importante dans la région, qui souhaiterait devenir l'une des plus grosses productrices de biométhane dans les années à venir. Selon la chambre d'agriculture des Hauts-de-France, on comptait en juin 2020 pas moins de 54 unités de méthanisation en fonctionnement sur le territoire, auxquelles il convient d'ajouter 27 autres, en cours de construction. En outre, près de 150 projets potentiels seraient en cours de développement. De quoi peser face au reste du territoire français qui recensait en 2018, selon le ministère de l'Agriculture, 380 méthaniseurs.

La méthanisation s'inscrit dans un modèle de développement vertueux. Issue de la valorisation de déchets agricoles et agroalimentaires, elle permet de produire du biogaz, source d'énergie pour la consommation domestique, ainsi qu'un résidu appelé digestat, qui peut être réinjecté dans la terre et servir d'engrais vert.
 
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