Belgique : une enquête pour assassinat après un décès dans une “secte” identitaire

Joël LaBruyère, 71 ans, est "bien connu pour l'emprise mentale qu'il peut développer sur des groupes" selon l'organisme
gouvernemental français de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). / © FRANCE 3
Joël LaBruyère, 71 ans, est "bien connu pour l'emprise mentale qu'il peut développer sur des groupes" selon l'organisme gouvernemental français de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). / © FRANCE 3

La justice belge a ouvert une enquête pour assassinat après le décès en 2011 à Hastière d'une femme qui était sous l'emprise d'un gourou connu des autorités françaises comme le responsable du groupe identitaire Les Brigandes.
 

Par AFP

"Une instruction est effectivement en cours à charge de X pour assassinat d'une dame faisant partie de la secte", a indiqué une porte-parole du parquet de Namur, confirmant une information de l'hebdomadaire français L'Obs. "Il n'y a pas d'inculpation à ce stade. Nous ne communiquons pas davantage actuellement sur le dossier", a ajouté dans un courriel cette porte-parole, Charlotte Fosseur.

L'Obs affirme qu'en octobre 2011, une membre de "la secte de Joël LaBruyère" souffrant d'un cancer incurable est morte dans un cabanon isolé surnommé "la planque", à Hastière dans les Ardennes belges, non loin de la frontière française. Cette femme, identifiée avec une initiale ("S"), refusant apparemment de soigner son cancer, "a été étouffée par deux de ses veilleuses" afin d'abréger ses souffrances, poursuit l'hebdomadaire, citant le témoignage d'une ancienne membre de la secte.

Les faits se seraient produits quelques jours après son mariage avec un membre de la secte de M. LaBruyère nommé Alexis. Joël LaBruyère, un Français de 71 ans, est "un personnage bien connu pour l'emprise mentale qu'il peut développer sur des groupes", soulignait en 2018 l'organisme gouvernemental français de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), à l'occasion d'une enquête sur son mouvement.
 

Groupe xénophobe


L'homme s'est notamment fait connaître comme l'auteur de chansons xénophobes pour "Les Brigandes", un "girls band" qui s'est déjà affiché au côté du cofondateur du Front national français (FN, devenu Rassemblement national), Jean-Marie Le Pen.
 
Qui sont les Brigandes, groupe musical identitaire ?
Reportage de France 3 Provence-Alpes-Côte-d'Azur - mars 2018

Selon le site des Brigandes, où M. LaBruyère est présenté comme "le directeur", ce dernier a fondé en 1996 l'association L'Omnium des libertés avec comme objectif de "s'opposer à la chasse aux sorcières qui sévit en France contre tout ce qui n'est pas conventionnel aux plans politique, religieux et thérapeutique".
 

Ce que M. LaBruyère décrit comme sa "communauté" de fidèles s'appelle aujourd'hui "La Rose et l'Epée", dont un des fiefs est le petit village de La Salvetat-sur-Agout, dans le sud de la France. En Belgique, la justice a été saisie d'une plainte déposée par une des soeurs de "S", estimant que la famille n'a jamais eu la vérité sur sa fin de vie, indique encore L'Obs. C'est en septembre 2019 qu'un juge d'instruction a été chargé de l'enquête. 
 

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