Cette semaine, la Belgique fêtera son 14e mois sans gouvernement. Hier, les socialistes et nationalistes ont une nouvelle fois échoué à trouver un accord, poussant le ministre de la justice à renoncer à son poste, après 14 jours d'exercice seulement.
La crise politique en Belgique s'enlise et la perspective d'un retour aux urnes se rapproche, estime la presse au lendemain de l'échec d'une nouvelle tentative de rapprochement des socialistes et des nationalistes flamands pour former l'ossature d'une coalition.
[Edito] Il nous faudra un jour repenser fondamentalement notre système électoral pour empêcher qu’une poignée de politiciens puissent ainsi bloquer le pays. | Par @SergeQuoidbach | #begov https://t.co/38eq1P4zOR
— L'Echo (@lecho) February 15, 2020
"Les élections se rapprochent", affirmait en Une le journal flamand Het Laatste Nieuws. Elles sont "de plus en plus inévitables", titrait le quotidien francophone La Libre Belgique. Ou "inéluctables", selon l'Echo.
Cette semaine, la Belgique sera pour le 14e mois consécutif sans gouvernement
La Belgique est sans gouvernement de plein exercice depuis le 18 décembre 2018, quand le Premier ministre d'alors, le libéral Charles Michel, a présenté sa démission au roi Philippe à la suite du départ du gouvernement des nationalistes flamands de la N-VA, sur fond de désaccord sur la question migratoire.
Et depuis les élections du 26 mai 2019, cinq "missions" se sont succédé pour tenter de rapprocher le PS francophone et la N-VA, que ce scrutin a consacré premières forces politiques respectivement au sud et au nord du pays. Aucune de ces missions n'est parvenue à l'étape d'envisager la formation d'une future coalition.
Le ministre de la justice démissionne deux semaines après sa désignation
Ce vendredi 14 février au soir, c'est le ministre de la Justice, le chrétien-démocrate flamand Koen Geens, désigné le 31 janvier, qui a jeté l'éponge. Une décision précipitée par des déclarations du chef du PS Paul Magnette comparant à "un vrai supplice" les négociations avec la N-VA, parti séparatiste souhaitant la poursuite du transfert de compétences de l'Etat fédéral vers les régions. "Conseil d'ami : n'essayez plus N-VA et PS", écrivait samedi le quotidien Le Soir, jugeant qu'"il fallait être Hibernatus ou moine ces derniers mois pour ne pas avoir compris que le PS ne monterait pas dans un gouvernement avec la N-VA".
#LeSoirDuJour "Koen Geens claque la porte et charge le PS"
— Le Soir (@lesoir) February 15, 2020
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La Belgique est coutumière de l'instabilité politique. En 2010-2011, ce royaume de 11 millions d'habitants avait vécu sans gouvernement pendant 541 jours, un record. Une autre option que l'ossature PS/N-VA serait de faire s'entendre les familles socialiste, libérale et écologiste, avec le renfort de députés chrétiens-démocrates, pour s'appuyer sur une majorité des 150 élus de la Chambre. Mais le parti chrétien-démocrate flamand, le CD&V, campe depuis des semaines sur sa position de ne pas lâcher la N-VA, son partenaire de coalition à la région flamande.
Une situation qui inquiète l'Union Européenne
Cette absence de gouvernement fédéral de plein exercice préoccupe la Commission européenne et la Banque nationale de Belgique (BNB), sur fond de dérapage des finances publiques et de la dette. "Il faut absolument remettre les choses en ordre. Si on ne fait rien, la Belgique va se retrouver avec le déficit public le plus élevé des pays européens, mis à part l'Italie", a mis en garde vendredi le gouverneur de la BNB Pierre Wunsch.