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Belgique : quand les réfugiés entrent en concurrence avec les plus précaires pour l'hébergement d'urgence

Ce centre d'hébergement d'urgence de la Croix Rouge flamande à Sijsele accueillera 400 réfugiés. / © KURT DESPLENTER / BELGA / AFP
Ce centre d'hébergement d'urgence de la Croix Rouge flamande à Sijsele accueillera 400 réfugiés. / © KURT DESPLENTER / BELGA / AFP

L'accueil des réfugiés en Belgique pose quelques soucis aux communes et les services sociaux chargés de leur trouver un hébergement. Ce qui n'est pas sans créer quelques tensions avec certaines personnes, très précaires, qui ont le sentiment désormais de passer au second rang des priorités.

Par @f3nord

"Avec tout mon respect pour ces personnes en détresse, c'est le monde à l'envers", se plaint An Neve, 32 ans, une habitante d'Oostmalle, près d'Anvers, dans un article de la Gazet van Antwerpen, relayé par le site 7sur7. Avec sa fille de 3 ans, elle était logée dans une "maison d'urgence". Mais il y a deux semaines, le Centre Public d'Action Sociale (CPAS) lui a demandé de quitter les lieux pour laisser la place à trois réfugiés syriens. Bien entendu, la jeune femme et son enfant ont été relogés, mais dans un studio beaucoup plus petit. Ce qui a conduit An Neve à pousser un "coup de gueule" sur Facebook.

Zoveel mogelijk delen a.u.b.!!!AN V.S. ASIELZOEKERS ....Ik heb door omstandigheden een noodwoning nodig via OCMW. Er...

Posted by An Neve on mardi 25 août 2015


"Logiquement, vous pouvez occuper un tel logement pendant trois mois", raconte-t-elle. "Et puis, je reçois un appel cinq semaines plus tard : "Vous devez laisser votre logement pour lundi après-midi car trois demandeurs d'asile arrivent. Bruxelles a pris cette décision". La morale de l'histoire? Moi en tant que Belge et mon enfant, nous pouvons être logées dans les pires conditions possibles. Il a fallu déménager toutes mes affaires. Mais dans cet immeuble, aucun demandeur d'asile n'a fait ses affaires pour m'offrir un studio décent. Ce ne sont pourtant que des hommes célibataires. Sur tous les plans, je suis la plus désavantagée et j'ai dû m'adapter à cette situation inconfortable".

Selon Wouter Patho, le responsable du CPAS, ce relogement n'est que provisoire. "Quand Fedasil (l'agence fédérale belge pour l'accueil des demandeurs d'asile NDR) a demandé de nous activer pour les demandeurs d'asile, il a fallu réagir immédiatement", explique-t-il. "A partir du mois d'octobre, on pourra offrir un meilleur logement pour une longue durée à cette maman et son enfant."

A Tournai, l'accueil des SDF doit déménager

Selon nos confrères de No Télé, la ville de Tournai a dû également trouver un nouvel accueil pour les SDF. La caserne Saint-Jean, qui leur servait d'hébergement l'hiver, va accueillir en effet 530 demandeurs d'asile d'ici la fin du mois de septembre. 

"Quand nous avons appris la nouvelle de l'arrivée des migrants, nous avons directement interpellé le directeur de la Croix-Rouge pour voir si la cohabitation était possible", explique Marie-Line Colin, présidente de l'association Relais Social Urbain de Tournai. "Pour des raisons d'agrément, il n'était pas possible de faire cohabiter le public SDF avec le public migrant. Nous avons donc interpellé directement la commune et le CPAS pour trouver une alternative à notre accueil d'hébergement d'urgence." L'accueil se fera donc l'hiver prochain dans des nouveaux locaux situé dans un autre quartier. "Nous devons quand même travailler avec le quartier", ajoute Mme Colin. "Parce qu'il faut savoir qu'il y a une crèche, une maison de retraite, des appartements pour personnes à mobilité réduite. C'est important de les rencontrer pour pouvoir les rassurer

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