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COP21 : et si on covoiturait ?

Deuxième acteur du réchauffement climatique après l'industrie, les transports génèrent le cinquième des émissions de GES du Nord Pas-de-Calais. Parmi les solutions envisagées pour réduire cette part, développer le covoiturage, et faire de chacun de nous des acteurs de la lutte pour le climat.

Par Myriam Schelcher

80 kilomètres de bouchons en moyenne, chaque matin rien que sur la métropole lilloise.
Des dizaines de milliers de véhicules pare choc contre pare choc, avec une seule personne à bord en général.
En plus de la galère occasionnée pour des milliers d’entre nous, notre sacro sainte auto, symbole de notre liberté individuelle est aussi un acteur majeur du réchauffement climatique. Car 66% des déplacements régionaux sont effectués en voiture.  

17 aires de covoiturage dans le Nord Pas-de-Calais

Pour atténuer ce poids, les deux départements du Nord et du Pas-de-Calais ont placé le covoiturage au cœur du schéma de mobilité dans lequel ils se sont engagés.
Actuellement 17 aires de covoiturage  sont proposées sur les deux départements, situés pour la plupart à l’entrée d’une autoroute.
Lillers est l’une d’entre elles. Entre 6h30 et 7h30, le ballet des voitures y est soutenu.
Depuis un an et demie, Catherine et Stephane ont pris l'habitude de se donner rendez-vous pour partager 40 km : « On va travailler sur Lens. Une fois on prend ma voiture, une fois la sienne”, explique Catherine. “On a aussi arrangé nos horaires pour pouvoir partir ensemble et revenir en même temps”, complète Stéphane, qui vante les économies réalisées, tout comme Guillaume, qui a choisi de partager la route jusqu’à Arras avec David, pendant les 9 mois de la formation qu’ils suivent tous deux. “Une semaine sur deux, ça fait pas mal d'économies au niveau gasoil et péage. Moi ça fait à peu près 100 € lieu de 200”.

Covoiturer, une solution économique, écologique et conviviale

Si l’argument financier est toujours avancé en premier, ils font aussi part de l’aspect convivial du covoiturage, en plus de son côté sympa pour l’environnement. “Ça diminue aussi les bouchons je pense, ça fait moins de véhicules sur la route”, s’enthousiasme Justine, qui covoiture avec Myrtille.

Le Nord et le Pas-de-Calais ont prévu d’aménager 162 aires de covoiturage d’ici 2025, pour 6000 places de parking en tout.
L’idée est de passer d'un taux d'occupation moyen par véhicule particulier de 1,07 à 1,17 en 2025.
Ça ne paraît pas très ambitieux dit comme ça, mais cela correspond quand même à plus de 40 000 voitures de moins sur les routes. Soit 10 % d'usagers en plus qui pourrait covoiturer”, justifie Pierre Nicolle, chef du service mobilité au Conseil départemental du Pas-de-Calais.
En terme d’impact sur le budget des ménages, les acteurs départementaux ont calculé que le covoiturage permet de réaliser une économie de 1800€/an. Pas mal.

Devenir des parents covoitureurs

Encourager le covoiturage,  c'est aussi l'idée développée chez Flexineo, une start up installée à Villeneuve d’Ascq. Elle a mis en place un service en ligne : cmabulle.
Pour amener les parents à partager les trajets scolaires et extrascolaires de leurs enfants, elles leur propose de s’organiser en réseaux via son site.
On peut vouloir partager les conduites mais on ne sait pas forcément qui va au même club au même moment et aux mêmes activités”, explique Fanny Oliveira, créatrice de Cmabulle. “Notre projet s’inscrit à la fois dans une démarche environnementale et sociale. Elle est aussi pragmatique : on montre par la pratique et par l'exemple  qu’on peut apporter sa petite pierre à la protection de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique”.

Un service qui repère les parents les plus proches géographiquement

Pendant un an, le service a été testé avec trois groupes scolaires et une école de musique de la métropole lilloise. 270 parents ont joué le jeu.
Anne, mère de famille installée à Croix utilise le service depuis la rentrée.
Sur le site, elle peut voir la liste des parents dont les enfants fréquentent la même école que son fils Jean, et à quelle distance de son domicile ils habitent.
Elle s’est donc mise en relation avec Steeve, le père de Lili. Un jour, c’est lui qui conduit et ramène les enfants, le lendemain c’est elle.
Ça me permet deux jours dans la semaine d'être un peu moins pressée sur les conduites. Ça compte dans la vie d'une mère de famille, chaque minute est importante”, se rejouit Anne, qui vante aussi les vertus écologiques du sytème, même s’ils n’ont pas été à l’origine de sa démarche.

Bientôt une application pour smartphone

Le service proposé par Cmabulle, soutenu par l’Ademe, est aujourd’hui pleinement opérationnel. Il va être complété dans les semaines à venir par une application pour smartphone. Aux écoles et aux clubs de s'y inscrire pour créer des réseaux de parents covoitureurs.
Une petite pierre pour désengorger nos routes, et préserver un peu notre atmosphère.

 / © Cerdd
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Les transports deuxième émetteur de GES du Nord Pas-de-Calais

Les transports représentent 18% des émissions de GES (Gaz à effet de serre) du Nord Pas-de-Calais. C’est le deuxième secteur le plus émissif après l’industrie, c’est aussi celui qui a connu la plus forte augmentation : + 23% depuis 1990.
3 millions de véhicules se déplacent chaque jour dans la région. Cela représente 1,8 tonnes d’équivalent CO2 /habitant / an. C’est beaucoup.

Plus globalement, dans le Nord Pas-de-Calais, les émissions de GES (Gaz à effet de serre) sont supérieures de 30% à la moyenne nationale. L’ambition de la région est de réduire de 20% ces émissions de GES à l'horizon 2020 (par rapport à 2005), de les diviser par 4 à l'horizon 2050.

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