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COP21 : avec Métisse, le Relais récupère nos vieux jeans pour isoler nos maisons

Numéro un français de la récupération de vêtements usagés, Le Relais a développé un isolant avec les textiles invendables dans son réseau de friperies. Il s’appelle Métisse, et se classe parmi les plus performants sur le marché. Un modèle de ce qu’on appelle "l'économie circulaire".

Par Myriam Schelcher

D’un déchet faire un nouveau produit, c’est l’un des principes de l’économie circulaire, et Métisse en est un parfait exemple. Cet isolant thermique et acoustique a été développé il y a dix ans par Le Relais, champion français de la récupération textile.
Face à la qualité de moins en moins bonne des vêtements récupérés, l’association membre d’Emmaüs a dû trouver de nouveaux débouchés au fruit de ses collectes. Métisse en fait partie.

La moitié des dons impossible à revendre comme vêtement

L’aventure démarre dans le centre de tri du Relais à Bruay-la-Buissière, le plus grand de France. Une centaine de personnes, en réinsertion professionnelle, s’active pour trier chaque jour quelques 50 tonnes de fripes.

Seule la moitié pourra être revendue comme vêtement dans le réseau de friperies du Relais (les magasins Ding fring), ou dans son réseau à l’étranger (en Afrique principalement).
Le reste va être transformé en chiffons pour l’industrie, ou en matière première pour fabriquer de nouveaux produits. Comme par exemple l’isolant Métisse.

Une matière première pour de nouveaux produits

C’est à Billy-Berclau, dans l’usine Minot que va s’opérer la première transformation. L’industriel, membre du Relais, va se charger de l’effilochage. Tout ici ne deviendra pas de l'isolant, mais par exemple aussi des tapis pour l'automobile, des couvertures pour l'ameublement, ou des plaques qui serviront au drainage des terres agricoles.

Un isolant 100% coton

Pour Métisse, seul le 100% coton est utilisé, soit des jeans et du velours. Une poignée de polyester (15%) est ajoutée pour lier les fibres.
Elles sont ensuite gonflées d'air pour améliorer leurs qualités isolantes. Le tout est cuit à basse température, pour donner un matériau presque 100% écolo.
«La matière première utilisée est une matière recyclée, donc on n’utilise pas d’énergie fossile et on n’épuise aucune ressource planétaire pour la fabriquer, et en plus on empêche la mise à la déchetterie de vêtements”, explique Alexandre Obert, directeur des ventes Métisse. Il poursuit : “Son mode de fabrication est tout aussi écologique de par l’approvisionnement extrèmement local, mais aussi de par le process très peu énergivore avec une température pour le four de chauffe dix fois moins élevée que pour un matériau traditionnel”.

L'un des meilleurs isolants du marché

A l'arrivée, Métisse se classe parmi les meilleurs isolants du marché, selon  Isabelle Cari, consultante en éco-matériaux au CD2e, acteur régional de la transition écologique basé à Loos-en-Gohelle . “Si on parle de performances, il est bien comme les autres mais celui-ci va nous rendre plusieurs services à la fois. Il va gérer l'humidité, il est absolument perspirant donc la vapeur d'eau peut circuler sans problème au sein de cet isolant. Il a aussi une performance acoustique très importante ce qui va donner du confort en plus. Et enfin, c’est un matériau régional, donc il a moins d'impact sur l'environnement qu’un isolant qui a parcouru des milliers de kilomètres pour parvenir jusqu’à nous”.

Plus performant, et aussi plus cher

Métisse se fait doucement sa place dans les rayons des matériaux isolants. 800 tonnes vont être vendues en 2015, et le Relais table sur 1200 tonnes en 2016. Il est aujourd’hui distribué dans certaines enseignes grand public de bricolage.
Seul frein à son développement, il est deux à trois plus cher que ses homologues bas de gamme, même si son prix a baissé de 20% cette année. Cela lui permet au moins de s’aligner sur les autres éco-matériaux à dispostion, comme la laine de bois ou le chanvre.
Le prix à payer pour donner une seconde vie à nos vieux jeans.

 / © cerdd
/ © cerdd


 

L’économie circulaire quésako ?

Face à un système dominant mais à bout de souffle  - « Extraire-Fabriquer-Consommer- Jeter » -, un nouveau modèle économique voit le jour : l’économie circulaire.
L’idée est toujours de produire des biens et des services mais de manière plus écologique, plus locale, plus vertueuse.
Comment :
– en limitant la consommation et le gaspillage des matières premières et des ressources d’énergie non renouvelables,
– en transformant les déchets en matières premières secondaires,
– en réfléchissant à l’éco-conception des produits et en prévoyant leur réutilisation possible.
Bref, avec l’économie circulaire, la maxime inventée en 1785 par Antoine-Laurent de Lavoisier s’ancre plus que jamais dans l’avenir de l’humanité : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

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