Coronavirus : l'adoption d'animaux sera "déconfinée" dès jeudi... sous conditions

Le gouvernement est sensible à la "cause animale". A partir de ce jeudi, la SPA et d'autres refuges animaliers pourront accueillir des personnes souhaitant adopter, contre l'adoption de "règles strictes". Une mesure qui fait débat.
 

"Sur proposition de la cellule interministérielle de crise, il a été décidé qu'une tolérance sera accordée concernant les déplacements pour l'adoption d'animaux en refuge", a annoncé samedi le ministère de l'Intérieur.

Une ouverture saluée par les défenseurs des animaux redoutant un risque de saturation dans certains refuges, faute de pouvoir accueillir les nouveaux maîtres.
 
"L'ensemble des refuges qui se conformeront aux critères du dispositif mis en place par le gouvernement pourront bénéficier de la dérogation", a précisé dans un tweet Christophe Castaner.
 
Des "règles strictes" devront être en effet respectées, selon Beauvau :

- l'animal devra être choisi en amont sur le site Internet de la SPA

- un rendez-vous précis sera fixé et le refuge concerné émettra une attestation dématérialisée avec l'horaire du rendez-vous

- le candidat à l'adoption devra se déplacer seul et être également muni d'une attestation de déplacement dérogatoire pour "motif familial impérieux"
 

5000 animaux dans les refuges de la SPA


Le président de la SPA, Jacques-Charles Fombonne, s'est dit "très contentLa cause animale fait bien partie des préoccupations essentielles".
 
Après bientôt quatre semaines de confinement, "on compte 5.000 animaux dans nos refuges pour une capacité de 6.800. Il nous reste 1.800 places ce qui correspond à 15 jours d'activité", avait-il alerté lundi.

Egalement "ravi", Stéphane Lamart, président de l'association éponyme, ouvrira les portes de ses refuges en Ardèche, en Bretagne et en Normandie. "Nos animaux sont tous postés sur notre site, on va pouvoir accueillir des candidats à l'adoption. L'autre bonne nouvelle, c'est que l'on va remettre au travail les salariés en charge des adoptions", se félicite-t-il.
 
L'association Agir pour la vie animale qui héberge plus de 500 animaux en Seine-Maritime va aussi relancer les adoptions mais de "façon progressive". Les annonces pour ses chiens, chats mais aussi chevaux ou cochons sont en ligne. "Depuis plusieurs semaines, on reçoit énormément de demandes d'adoptions", souligne Elisa Gorins, porte-parole de l'association.

"Mais c'est la porte ouverte aux dérives car avec le confinement, les gens ont besoin d'une présence animale et le risque c'est que lors du déconfinement, les animaux ne se retrouvent de nouveau abandonnés", s'inquiète-t-elle.

"On va être très rigoureux et sélectif dans le choix des maîtres, affirme-t-elle. Il faut que leur mode de vie soit compatible avec les besoins de l'animal."
 


Adoption en avril, abandon en juillet ?


Face à cette mesure, les avis sont donc très partagés. Exemple au refuge de Saint-Aubin – SPA Canche-Authie, membre de la "Confédération nationale des refuges de France", réseau revendiquant 270 refuges indépendants. Sa présidente, Colette Verstraete, dit être "un peu choquée de pouvoir commander un chien sur Internet. Ce n'est pas comme acheter une paire de chaussettes, ou une robe !"

Colette Verstraete a conscience de pouvoir se permettre cette réaction parce que son refuge est "à l'équilibre". "Le dilemme est plus important pour ceux qui sont surchargés", comprend-elle. Le refuge de Saint-Aubin, près du Touquet, ne rouvrira donc pas au public ce jeudi 16 avril.
 
Même décision au refuge de la "SPA de Bordeaux et du Sud-Ouest", basé à Mérignac, membre du même réseau. Là-bas, on craint des adoptions à la va-vite. Face aux nombreuses demandes reçues en cette période, ils entendent éviter "une adoption en avril comme source d'occupation, avant un abandon en juillet lorsque la vie reprendra son cours".
 
"Ceux qui sont vraiment motivés pour adopter en avril le seront encore en juillet", observe Gaëlle Deffez-Rault, porte-parole du refuge de Mérignac, près de Bordeaux.

Si ces refuges ne sont pas sujets à une surpopulation, leurs dirigeants osent espérer qu'il n'y a pas eu plus d'abandons à cause du coronavirus et/ou du confinement.


 
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