Coronavirus : des cas suspectés à Amazon Lauwin-Planque et Boves, des salariés arrêtent le travail

© DENIS CHARLET / AFP
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Amazon continue son activité dans les Hauts-de-France et partout dans le monde. Mais certains salariés commencent à se révolter et jugent la situation sanitaire de l'entreprise incompatible avec le travail. 

Par EM avec AFP

Ils posent des jours de congés ou exercent leur droit de retrait: des salariés de plusieurs sites d'Amazon en France font valoir le "danger grave et imminent" auquel ils sont exposés, faute, disent-ils, de pouvoir respecter les règles de sécurité sanitaire.

Alors que l'activité du groupe américain de commerce électronique est soutenue par le confinement de la population française, au moins 200 salariés du site de Lauwin-Planque (Nord) ont fait valoir mardi leur droit de retrait. Des salariés affirment que des cas de coronavirus ont été détectés dans l'entreprise.

"Les 4 000 salariés de la plateforme Amazon de Douai ne bénéficient d'aucune mesure de protection contre le Covid-19. Pas de masque, pas de gel, de la promiscuité, le personnel craint pour sa santé car les mesures d'hygiène les plus élémentaires ne sont pas respectées. La direction ne veut rien entendre, prétendant qu'elle a pris toutes les mesures nécessaires. La plateforme est jugée activité indispensable par le gouvernement alors que le personnel passe son temps à emballer des DVD et autres godemichets.", écrit l'Union Syndicale Solidaires Nord. 

"Est-ce qu'un DVD ou une clé, c'est un bien de première nécessité ?" s'interroge un élu CFDT voulant garder l'anonymat, affirmant que la part de la vente alimentaire représente "très peu" du chiffre d'affaires.

Entre 80 et 100 salariés du site débrayaient mercredi après-midi, selon plusieurs sources syndicales. "Ceux qui travaillent, dont bon nombre d'intérimaires, y vont la peur au ventre. Ils ont aussi peur de perdre de l'argent alors pas question de risquer la grève", explique un salarié.
 
 

"Personne ne se sent en sécurité chez Amazon aujourd'hui en France"


"Personne ne se sent en sécurité chez Amazon aujourd'hui en France", explique Jérôme Guilain, délégué Sud-Solidaires à Douai, qui a alerté sur un "danger grave et imminent" lundi. Selon les syndicats, la distance physique d'au moins un mètre n'est pas applicable partout dans l'usine : croisement des équipes dans les allées, proximité sur les lignes d'emballage... "A certains endroits, impossible de garder les distances de sécurité, notamment dans les vestiaires. Ils ont rajouté une pause en plus pour qu'on ne soit pas trop nombreux en salle de pause mais les trois pauses s'enchaînent sans nettoyage des locaux", renchérit Guillaume Reynaud, secrétaire CGT d'Amazon Montélimar.

Une vidéo filmée à Amazon Lauwin-Planque mais non datée circule sur les réseaux sociaux. Elle semble indiquer que la distance d'un mètre entre les salariés n'est pas respectée.
 

A Boves, près d'Amiens (Somme), il y a cinq suspicions de cas de Covid-19, affirment les syndicats. "Tout le monde a peur; ça tourne à la panique", affirme Sandra Holota, déléguée syndicale CGT. Mais seuls une "dizaine de salariés" ont fait valoir leur droit de retrait ces derniers jours. "Beaucoup ne le font pas parce qu'ils ne seront pas payés". "La direction a fait savoir que leur absence serait considérée comme une absence autorisée non payée. On ne sera pas sanctionné, pas licencié, mais pas payé".

"La santé et la sécurité de nos employés, partenaires et clients (...) restent nos priorités absolues. Nous suivons strictement les recommandations et directives du gouvernement" et travaillons pour "continuer à livrer les clients les plus touchés, dont beaucoup n'ont aucun autre moyen d'obtenir des produits essentiels", a réagi la direction d'Amazon dans un communiqué.

La direction assure notamment "renforcer le nettoyage de toutes les installations", "annuler les réunions non indispensables", "modifier l'aménagement des lieux de travail (...) pour que les salariés puissent maintenir la distance nécessaire" ou encore organiser des "pauses échelonnées".

Par ailleurs, le Syndicat national de la librairie française (SLF) a dénoncé mercredi dans un communiqué la "concurrence déloyale" que constitue selon eux la poursuite des commandes et des retraits de livres via la grande distribution et Amazon. 
 
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