Coronavirus : les employés de FedEx débrayent pour contester leurs conditions de travail et le “mépris” de la direction

Les employés de FedEx débrayent tous les jours depuis ce mercredi 6 mai pour protester contre les conditions d'exercice de leur métier durant l'épidémie du coronavirus. / © PHOTOSHOT/MAXPPP
Les employés de FedEx débrayent tous les jours depuis ce mercredi 6 mai pour protester contre les conditions d'exercice de leur métier durant l'épidémie du coronavirus. / © PHOTOSHOT/MAXPPP

Sur le site de Lesquin, les employés de FedEx ont décidé de débrayer depuis ce mercredi 6 mai et de rejoindre le mouvement national. Ils protestent contre le manque de protection dans l'exercice de leur travail durant l'épidémie de coronavirus et le manque de reconnaissance. 

Par Noémie Javey avec AFP

"On est désabusé et très en colère vis à vis de la direction qui ne nous récompense pas. Il y a quand même des vies en jeu pour notre société", dénonce Arezki Khiter, délégué Force ouvrière pour le site FedEx de Lesquin. Sur de nombreux sites FedEx en France, des débrayages ont eu lieu. Le site de Lesquin, près de Lille, a aussi été concerné. Les employés dénoncent le "mépris" de la direction malgré leur mobilisation pendant l'épidémie de Covid-19. 

"On a fait beaucoup de demandes à la direction pour recevoir la fameuse 'prime de Macron' [prime qui soutient les salariés qui continuent de travailler pendant la crise sanitaire, ndlr] de 1 000 euros défiscalisée, mais son refus a été total alors qu'on n'a pas arrêté de travailler durant la crise", regrette le délégué FO. "Nous, les transporteurs, on est la deuxième ligne !"
 

Un décès lié au coronavirus


Dans un communiqué, la CFDT FedEx affirme que l'ensemble du "secteur du transport et de la logistique a déjà essuyé un lourd tribut avec pas moins de 5 500 cas de Covid-19 déclarés dont 35 décès." Le groupe FedEx en déplore un parmi ses troupes : le 24 mars, un intérimaire de 60 ans de la plateforme logistique de Roissy est décédé du coronavirus. 
 

Une mort qui inquiète les employés du transporteur. "On a quand même eu un décès", tient à noter le délégué FO. La faute, selon lui, au manque de protections : "Sur le terrain, on n'avait pas de gants, de masques ou de gel hydroalcoolique jusqu'à fin avril. On était face aux clients et on devait encore faire signer les bons. Les conditions ont fini par évoluer mais très tardivement !". 
 

Le syndicaliste déplore ausis la difficulté de faire respecter les gestes barrières : "Dans tous les niveaux de poste, que ce soit au bureau, sur les quais, c'est un peu moins vrai pour les chauffeurs, mais la distance de sécurité, on ne l'a pas. Tous nos sites ne sont pas de la même taille et en province, il y a beaucoup de petits sites, ce qui pose un gros soucis de distance."
 

"Pour tous les salariés, c'est une injustice"


Interrogée, la direction de FedEx a confirmé que "des groupes d'employés ont mené des actions de débrayage sur les différents sites" du groupe "pendant un temps limité au cours de la journée". 

Elle est revenue sur la prime : "Nous ne sommes pas en mesure d'offrir une prime à nos employés car FedEx continue d'opérer dans un environnement très incertain avec des coûts de service accrus et des volumes qui ont fortement baissé" au cours des "dernières semaines, en particuliers, sur les marchés qui ont été fortement touchés par le Covid-19, comme la France", a expliqué la direction "très reconnaissante des efforts et engagements considérables fournis par ses équipes". 
 

De la poudre aux yeux pour le délégué Force ouvrière du site de Lesquin : "FedEx n'est pas une entreprise qui vient de naître. C'est une entreprise mondiale, elle a pu placer ses bénéfices depuis de longues années. Quand on fait les calculs, l'excuse qu'ils perdent de l'argent à cause du Covid-19 ne tient pas. Pour tous les salariés, aujourd'hui, c'est une injustice."

Face à cette situation, à Lesquin comme dans d'autres sites français, l'heure est au débrayage, "en espérant ouvrir le dialogue avec la direction. On est prêt à travailler avec eux. Nous, notre porte n'est pas fermée", soutient le délégué lesquinois. 

 

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