Coronavirus : pour fabriquer des surblouses pour le personnel des EHPAD, une Nordiste lance un appel aux dons de draps

© MaxPPP
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"Un drap donné = une vie protégée", c'est le nom de l'opération lancée sur les réseaux sociaux par Nathalie Yves, issue du monde des entreprises textiles. Après avoir aidé les EHPAD à trouver des masques, elle en appelle à la générosité pour pouvoir coudre des surblouses pour le personnel.

Par Virginie Demange

Nathalie Yves connaît bien le monde des EHPAD. Cette Nordiste, qui a travaillé pendant 25 ans comme directrice marketing dans des entreprises textiles de la région, a tout plaqué à l'aube de ses 50 ans pour se "recentrer sur l'essentiel".

Il y a un an, elle a lancé "Le comptoir de l'hirondelle", "un concept de boutique pop-up qui se déplace dans les EHPAD, à la rencontre de nos très grands aînés qui, eux, ne peuvent plus se déplacer. Avec ma malle à roulette, je leur concocte une après-midi shopping à domicile, et puis j'organise des défilés avec les résidents et le personnel, pour créer du lien social."

Du jour au lendemain, avec la crise du Covid-19, son activité a été stoppée net. "Et plus moyen de garder le lien avec les personnes âgées."

400 résidents aux "Orchidées", dont deux testés positifs


En revanche, Nathalie a gardé de très bons liens avec le groupe "Les Orchidées" qui possède cinq résidences dans la métropole lilloise, à Croix, Roubaix, Lannoy, Villeneuve d'Ascq et Tourcoing, équipées de tablettes pour maintenir le lien avec la famille. En tout, 400 résidents "dont deux ont été testés positifs au coronavirus", raconte Arnaud Rousseaux, le directeur général du groupe.

"On a pris ce qu'on appelle des précautions standard, précise-t-il. Quand du personnel rentre dans les chambres des personnes contaminées, il doit porter un équipement adapté. Masque FFP2, lunettes, charlotte, surblouse, surchaussures..."

Pour l'heure, les EHPAD des "Orchidées" ne manquent de rien. "J'avais passé dès le début une commande de masques en Chine et heureusement, on les a reçus." Mais Arnaud est prévoyant. "Je ne veux pas arriver en pénurie et que ce soit la panique." Alors il a fait appel à Nathalie Yves pour activer son réseau.

"J'ai fait marcher mon réseau de fournisseurs, raconte Nathalie, mais tout était réquisitionné à la douane. Du coup, j'ai travaillé avec "ResponsaC" qui a mis à disposition des couturières bénévoles pour fabriquer des masques en tissu."

Des draps pour coudre des surblouses

 

Aujourd'hui, il est question de produire des surblouses. Arnaud Rousseaux en a 3.000 en stocks. "Ça paraît beaucoup, mais c'est peu, tempère-t-il. À chaque fois qu'on en met une pour rentrer dans une chambre, en ressortant il faut l'enlever et la jeter. Je veux absolument anticiper la pénurie. Et puis quelque part, des surblouses en tissu, c'est plus écologique !"

Le problème, c'est le manque de tissu. "On n'en trouve pas qui nous serait livré avant un mois et demi, s'inquiète Nathalie. Et encore, à des prix exorbitants. L'idée m'est venue une nuit. Je me suis réveillée en me disant qu'on avait tous des draps chez nous."

C'est comme ça que Nathalie a lancé l'opération "Un drap donné = une vie protégée". "Il nous faudrait des draps clairs, blancs, bleus, roses... Parce qu'il faut qu'ils puissent passer en machine à 60ºC. On cherche des élastiques, aussi, pour pouvoir resserrer les manches des surblouses au niveau des poignets."

"C'est incroyable, ce qui se passe. Incroyable. Mais une fois qu'on a fait ce constat, il faut agir." C'est que fait Nathalie. Elle s'engage à aller elle-même collecter les dons de draps autour de son domicile, à Roubaix, Wasquehal, Mouvaux, pour pouvoir ensuite livrer le siège des "Orchidées" à Roubaix.


 

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