Coronavirus : originaires de l'Oise, un homme est mort à Paris, un autre hospitalisé à Amiens dans un "état grave"

Un professeur de 60 ans d'un collège à Crépy-en-Valois est mort d'une infection au coronavirus à l'hôpital parisien de La Pitié-Salpêtrière, a annoncé le directeur général de la Santé ce 26 février. Un militaire de 55 ans de la base de Creil est hospitalisé dans "un état grave" au CHU d'Amiens.

L'Isarien décédé à Paris, un professeur d'un collège de Crépy-en-Valois, a été soigné une semaine à Creil (photo) avant d'être transféré en urgence le 25 février à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière à Paris.
L'Isarien décédé à Paris, un professeur d'un collège de Crépy-en-Valois, a été soigné une semaine à Creil (photo) avant d'être transféré en urgence le 25 février à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière à Paris. © CHRISTOPHE PETIT TESSON/EPA/Newscom/MaxPPP
Un habitant de la commune de Vaumoise (Oise) qui avait contracté le coronavirus a trouvé la mort à l'hôpital parisien de La Pitié-Salpêtrière dans la nuit du 25 au 26 février. Cet homme de 60 ans, professeur au collège Jean-de-La-Fontaine de Crépy-en-Valois, avait été admis y a six jours au sein du centre hospitalier de Creil.

"Au vu de la dégradation de son état de santé," souligne le préfet de l'Oise, il a ensuite été transféré vers l'établissement parisien le 25 février où il est décédé. Une enquête a été ouverte, a expliqué le directeur de la Santé lors d'une conférence de presse ce mercredi 26 février. L'homme n'avait pas séjourné dans les pays ayant déjà enregistré des cas d'infection, la Chine notamment.
 

La prévention des "cas contact"

Par mesure de prévention, l'ARS des Hauts-de-France a commencé à contacter toutes les personnes ayant pu être en contact avec la victime, à savoir ses proches, le personnel soignant de l'hôpital de Creil, des patients, ses collègues et les élèves et parents des quatre classes dans lesquelles il enseignait la technologie. À Vaumoise, le maire a réuni le conseil municipal, dont la victime était membre, et ne souhaite pour le moment pas communiquer.

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"Les « cas contacts » qui présenteraient éventuellement des symptômes seront immédiatement pris en charge par les hôpitaux des Hauts-de-France afin d'être hospitalisés à l'isolement en l'attente d'un diagnostic​​​​​​," signale Étienne Champion, directeur de l'ARS des Hauts-de-France, lors d'un point presse organisé à Beauvais ce 26 février. Un enseignement à distance va être mis en place pour pénaliser le moins possible les élèves qui feront l'objet d'une mesure d'auto-isolation, assure Stéphanie Dameron, la rectrice de l'académie d'Amiens.

Le professeur était en arrêt maladie depuis le 12 février inclus et il n'a pas fréquenté le collège Jean-de-La-Fontaine depuis cette date. "Sachant que le délai d'incubation et d'apparition de la maladie est de 14 jours au maximum, seuls les enfants et adultes (parents et collègues) ayant été en contast et dont les symptômes (toux, fièvre, difficultés respiratoires) entre le 14 et le 25 février inclus - sont invités à se manifester auprès du 15, rappelle Étienne Champion. Nous avons dépassé cette période d'incubation. Donc une personne qui n'est pas malade aujourd'hui n'est plus concernée par la contagion."


  
Coronavirus : à Vaumoise, la stupeur après le décès d'un enseignant et conseiller municipal ©France 3 Hauts-de-France


Un militaire de 55 ans dans un état grave à Amiens

Un autre cas français d'infection a été confirmé en Picardie : il s'agirait d'un homme né en 1965, admis "dans une situation clinique grave" au CHU d'Amiens dans la nuit du mardi 25 février au mercredi 26. Il est actuellement en réanimation et l'enquête est en cours. Lui non plus n'aurait pas fait de séjour récent en Chine ou en Italie.

Selon la préfecture de l'Oise, le quinquagénaire gravement infecté est un militaire travaillant sur la base aérienne de Creil et domicilié à La Croix-Saint-Ouen (Oise). Son infection a été révélée ce 26 février aux chefs de service du centre hospitalier de Compiègne-Noyon lors d'une réunion de crise. Le militaire, soigné au sein de l'établissement depuis une semaine, s'est révélé être porteur du virus après des analyses réalisées à Lille (Nord) et dont les résultats sont tombés la veille au soir.

 

À Creil, l'organisation de l'hôpital face au coronavirus ©France 3 Hauts-de-France



Pendant son séjour, le patient a été en contact avec le personnel des urgences et du service de réanimation du CH de Compiègne. "Son infection a été découverte à la fin de son séjour," regrette un membre du personnel. "À Compiègne, il n'a pas fréquenté un autre service que celui de la réanimation, a assuré Danielle Portal, la directrice général du CHU d'Amiens. Son diagnostic est très récent, éffectué seulement le 25 février au soir à l'arrivée au CHU d'Amiens."

 


Équipé pour faire face à ce type de virus, le CHU d'Amiens se veut rassurant. L'épidémie impose au personnel soignant "le port du masque, le port de blouses. Ce sont des mesures très standard que l'on pratique à l'hôpital," garantit le Pr. Maxime Gignon, chef du pôle prévention, risques, informations médicales et épidémiologie au CHU d'Amiens.


Un autre cas à Strasbourg

Dans sa conférence de presse du matin du 26 février, le directeur de la Santé a aussi fait part de l'existence d'un 16e cas d'infection du virus en France. Il s'agit d'un autre Français actuellement hospitalisé à Strasbourg et qui revient d'un voyage en Lombardie (Italie), région touchée par l'épidémie du Covid-19. Actuellement, il ne présente pas de "signes graves" du virus. Toutefois, par principe de précaution, l'ARS avertie l'ensemble de son entourage.

Un autre point presse du ministre de la Santé Olivier Véran aura lieu ce soir. Le ministre annoncera tous les détails des investigations se rapportant à ces cas de contamination.  

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