Coronavirus - "On ne laisse personne à la rue": durant l'épidémie, le droit à l’IVG est garanti dans les Hauts-de-France

En période de confinement et avec l’épidémie de coronavirus qui sévit dans le pays, l’accès à l’IVG et à la contraception d’urgence peut sembler fragilisé. Pourtant, les structures restent disponibles et s’adaptent au mieux pour répondre à la demande de chacun.e.

Pendant l'épidémie de Covid-19, les différentes structures du Planning familial s'adaptent pour assurer le droit à l'IVG et à la contraception d'urgence.
Pendant l'épidémie de Covid-19, les différentes structures du Planning familial s'adaptent pour assurer le droit à l'IVG et à la contraception d'urgence. © France Télévisions
« Le jour de l’annonce du confinement, mon téléphone n’a pas arrêté de sonner. » Aurélie Dianoux est écoutante pour le numéro vert (0800 08 11 11) du Planning familial dans les Hauts-de-France. Elle répond notamment aux questions liées à la contraception d’urgence ou à l’IVG (interruption volontaire de grossesse). Le 16 mars, elle reçoit 213 appels contre 120 habituellement. Tous ou presque proviennent de femmes inquiètes, à seulement quelques heures des annonces de confinement exceptionnelles décrétées par l’exécutif. « Il y a eu un grand mouvement de panique. Beaucoup de femmes se sont retrouvées devant des centres de planification familiale fermés. »
 

Se réorganiser pour ne laisser personne de côté

Dans les Hauts-de-France, malgré l'épidémie de Covid-19, l’accès aux services du Planning familial est maintenu, même si la plupart des centres fonctionnent aujourd’hui via une permanence téléphonique. Dans la Somme, sur les 16 centres d’accueil, seul celui d’Amiens reste ouvert pendant la crise sanitaire. « Les autres le sont aussi, mais par téléphone et en fonction des demandes de chacun.e. », assure Dr Catherine Huette, médecin départemental responsable de la protection maternelle et infantile. « On ne laisse personne à la rue, on a même la possibilité de se déplacer en respectant tous les gestes barrières si nécessaire. »

De son côté, Aurélie Dianoux, comme les autres écoutant.e.s, s’arrange pour orienter chaque personne qui appelle le numéro vert du Planning familial vers la structure ouverte la plus proche. Pour ce faire, elle dispose d’un fichier en ligne mis à jour régulièrement par les professionnels de santé. Cette sorte d’annuaire réalisé en collaboration avec l’ARS (Agence régionale de santé) permet de pallier l’absence de certaines plateformes. Selon Manuella Delignières, directrice du CIDFF (Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles) de la Somme, « Toutes les femmes qui ont appelé ce numéro ont eu des solutions. Il y a eu un gros travail fait pour qu'elles puissent toutes avoir des réponses par rapport à leurs doutes et à leurs inquiétudes liées au confinement. »

Enfin, il arrive que certains médecins (au CHU d’Amiens notamment) prolongent le délai pour pratiquer une IVG médicamenteuse (habituellement entre 7 et 9 semaines d’aménorrhée), cette dernière étant plus facilement réalisable (la prise de médicament se fait chez soi et pas nécessairement à l’hôpital).
 
Certains médecin, après étude de chaque cas, prescrivent une IVG médicamenteuse au-delà du délai habituel de 7 à 9 semaines d'aménorrhée.
Certains médecin, après étude de chaque cas, prescrivent une IVG médicamenteuse au-delà du délai habituel de 7 à 9 semaines d'aménorrhée. © France Télévisions
 

Des difficultés liées au confinement

Si les structures font de leur mieux pour assurer le droit à l’IVG et à la contraception d’urgence, les difficultés sont parfois liées au confinement, comme l’explique Aurélie Dianoux : « Le souci que l’on peut rencontrer, c’est d’être face à une jeune femme confinée, qui n’a pas la possibilité de sortir de chez elle. » Là encore, l’écoutant.e fait au mieux pour s’adapter et trouver des solutions. « Parfois, ce sont les ami.e.s qui prennent le relais et qui peuvent se déplacer. »

Il y a aussi la peur de contracter le Covid-19 en se rendant à l’hôpital pour pratiquer une IVG, ou simplement pour consulter. « C’est normal d’avoir peur. Dans ce cas on oriente la personne vers une autre structure. », explique l'écoutante. « Le but d’une IVG, c’est d’écouter ce que la personne souhaite avant tout. »

Au cours des deux premières semaines de confinement, personne dans les Hauts-de-France n’a encore eu besoin de rappeler le numéro vert. Pour Aurélie Dianoux, qui répond chaque jour aux appels dans la région, c’est signe que les solutions ont fonctionné. « Je leur dis de me recontacter s’il y a un souci. J’imagine que leur prise en charge doit être rapide. »
Plateforme téléphonique Hauts-de-France « Sexualité, IVG, contraception »
0800 08 11 11

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