Covid-19 : ce qui change pour les Hauts-de-France après le discours d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a annoncé, ce 31 mars 2021, la fermeture des crèches et établissements scolaires sur tout le territoire métropolitain français. Un confinement, le même dont les Hauts-de-France font l'objet depuis le 18 mars, a été décrété jusqu'au 3 mai afin d'endiguer l'épidémie de Covid-19.

Image d'illustration d'un transfert de patient depuis l'hôpital de Valenciennes vers l'Allemagne, en novembre 2020.
Image d'illustration d'un transfert de patient depuis l'hôpital de Valenciennes vers l'Allemagne, en novembre 2020. © Centre Hospitalier de Valenciennes / ARS Hauts-de-France

Tout le territoire de France métropolitaine se retrouve dans la même situation que les Hauts-de-France, confiné depuis le jeudi 18 mars. Ce troisième confinement sera effectif au moins "quatre semaines" et donc jusqu'au lundi 3 mai, a annoncé le président de la République lors d'une allocution depuis le palais de l'Élysée ce 31 mars.

Qu'est-ce que cela change pour les Hauts-de-France ? "Nous allons fermer pendant trois semaines les crèches, les écoles, collèges et lycées. Le calendrier scolaire sera adapté," a lancé Emmanuel Macron, avant de détailler un calendrier établi pour les quatre prochaines semaines :

Les étudiants pourront quant à eux "continuer à se rendre en présentiel pour une journée par semaine", indique le locataire de l'Élysée.

Pour rappel, le confinement annoncé le 18 mars repose sur les restrictions sanitaires suivantes :

Cinq chiffres dans les Hauts-de-France

Dans les Hauts-de-France, la situation sanitaire est extrêmement tendue : les hôpitaux sont totalement saturés et la circulation du virus ne cesse d’augmenter. 

Alors qu’Emmanuel Macron prend la parole ce mercredi 31 mars à 20 heures pour annoncer de nouvelles mesures de restrictions, voici cinq chiffres qui montrent à quel point notre région subit la troisième vague de l’épidémie.

Un taux d’incidence de 515 cas pour 100 000 habitants

Pour calculer la circulation du virus, il faut se pencher sur l’évolution du taux d’incidence correspondant au nombre de cas positifs pour 100 000 habitants. Pour rappel, le gouvernement avait fixé le seuil d'alerte à 50 et le seuil d'alerte maximale à 250.

À l’échelle des Hauts-de-France, il s’élève à 515 sur la semaine du 21 au 27 mars. À titre de comparaison, la moyenne nationale est de 377 cas pour 100 000 habitants. Notre région n’occupe cependant pas la première place puisqu’elle se situe juste derrière l’Île-de-France avec 644 cas pour 100 000 habitants.

Lorsqu’on bascule d’échelle, on s’aperçoit que les taux d’incidence, bien que très élevés partout dans notre région, diffèrent d’un département à l’autre. Il s’élève à 447 cas pour 100 000 habitants dans l’Aisne (en bleu clair sur le graphique), contre 559 dans l’Oise (en violet) et 557 dans le Pas-de-Calais (en jaune). Cependant, on note une augmentation globale partout sur le territoire depuis le début du mois de mars. 

3 486 patients hospitalisés pour Covid-19

Qui dit circulation active du virus dit augmentation des hospitalisations. Ce que confirment les données éditées par Santé Publique France. Dans les hôpitaux des Hauts-de-France, le nombre de patients hospitalisés pour Covid-19 a largement dépassé les pics enregistrés lors des premières et deuxièmes vagues.

Au 30 mars 2021, on dénombrait 3 486 hospitalisations pour Covid-19 dans les hôpitaux de notre région, en tension permanente depuis l’automne dernier comme le montre ce graphique. Depuis la mise en place du deuxième confinement, les hospitalisations ont toujours été très élevées, sans jamais passer sous la barre des 2 000. Conséquence directe : les déprogrammations d’opérations non-urgentes se sont intensifiées. 

Dans les Hauts-de-France, l’ARS indique qu’une opération sur deux est désormais déprogrammée. Seules les opérations urgentes et celles concernant la cancérologie ne sont pas concernées.

654 patients en réanimation pour Covid-19

Lorsque l’état des patients se dégrade, leur transfert en service de réanimation est inéluctable. Avant la pandémie, la région comptait environ 440 lits dans les différents services. Grâce aux déprogrammations d’opération permettant de libérer du personnel et des lits, les Hauts-de-France comptent désormais 950 lits de réanimation.

Sur ces 950 lits, 654 sont à ce jour occupés par des patients Covid-19, le reste par des patients présentant d’autres pathologies.

Alors, les transferts de patients en dehors de la région se multiplient pour permettre de garder quelques lits pour les urgences.

Marie-Dolores Clery, cadre de santé à l’hôpital de Valenciennes, est témoin de la situation. Elle raconte. "À chaque fois qu’on a une sortie de patient, on a une entrée qui suit dans les deux heures. Ça nous laisse juste le temps de pouvoir réaliser le bionettoyage de la chambre pour pouvoir accueillir un patient nécessitant une place de réanimation"

36 morts du Covid chaque jour en moyenne dans les hôpitaux de la région au mois de mars

Depuis le début de l’épidémie en mars 2020, on a dénombré 7 189 décès dans les hôpitaux de la région. 40% d’entre eux ont eu lieu depuis le 1er janvier 2021.

Depuis le début du mois de mars 2021, 1 077 personnes sont décédées du Covid dans les hôpitaux des Hauts-de-France. Soit 36 morts en moyenne, chaque jour.

1 million de doses de vaccin injectées depuis le débute la campagne

Face à la situation, les autorités rappellent que l’espoir réside dans le vaccin. Longtemps à la traîne, les Hauts-de-France ont rattrapé leur retard concernant la vaccination en multipliant les opérations "coup de poing" chaque week-end depuis le début du mois de mars, notamment grâce à l’attribution de doses supplémentaires. Le nombre d’injections s’apprête à dépasser la barre symbolique du million.

Une accélération rendue possible par la diminution du stock « tampon », passé de quatre jours à un peu moins de deux.

Ce stock permet de "pallier les éventuels retards ou problèmes logistiques pour ne pas avoir à annuler de créneaux", indique l’ARS. 

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