Covid-19 : rappel vaccinal, 5ème vague, retour du masque en intérieur… des médecins nordistes commentent les annonces d’Olivier Véran

Face à la recrudescence de l’épidémie de Covid-19 en France, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures. Les professeurs Philippe Amouyel et Philippe Froguel décryptent ces nouvelles mesures.

Le rappel vaccinal étendu à tous les adultes

Confronté au retour de l'épidémie de Covid-19 en France, le gouvernement a décidé d'accélérer sur le rappel vaccinal et de raccourir le délai pour cette injection, alors que 32 591 cas ont été recensés le 24 novembre sur le territoire. "Le rappel vaccinal sera ouvert à tous les adultes âgés de 18 ans et plus dès cinq mois après leur dernière injection", a annoncé jeudi 25 novembre Olivier Véran, ministre de la Santé, qui a précisé que des centres de vaccination allaient rouvrir "dès ce week-end". Le pass sanitaire sera par ailleurs désactivé à partir du 15 janvier – 15 décembre pour les plus de 65 ans – en cas d'absence de rappel vaccinal dans les "sept mois après la dernière injection".

Des mesure attendues, et bien accueillies par les médecins Philippe Amouyel et Philippe Froguel. "C'est une bonne chose", explique le premier, professeur de santé publique au CHU de Lille, convaincu qu'il faut "vacciner tout le monde [pour le rappel]". "On voit que l'efficacité du vaccin commence à baisser à partir de quatre mois, donc c'est important d'avancer le rappel", analyse-t-il.

"On a assez de doses, mais il va falloir réactiver des centres, mobiliser des médecins et des infirmiers", alerte Philippe Amouyel. "Il va y avoir des embouteillages, craint de son côté le professeur Philippe Froguel, spécialiste en diabétologie. Il faut en priorité s'occuper des personnes de plus de 50 ans et ceux avec des comorbidités."

Le retour du masque

"À compter de demain [vendredi], un décret rendra à nouveau obligatoire le port du masque partout en intérieur" dans les lieux recevant du public, y compris les lieux où le pass sanitaire est réclamé, a annoncé Olivier Véran. Une mesure logique selon le professeur Philippe Froguel. "On l'a enlevé trop tôt en intérieur, c'était un échec."

Le masque pourrait également faire son retour en extérieur. "Les préfets seront aussi habilités, département par département, à rendre obligatoire le port du masque dans des événements en extérieur", comme "des marchés de Noël", a précisé le ministre de la Santé.

La cinquième vague

La recrudescence de l'épidémie de Covid-19 augure-t-elle de prochaines semaines difficiles à l'hôpital ? C'est l'enjeu de la cinquième vague, alors qu'Olivier Véran a annoncé qu'il n'y aurait "ni confinement, ni couvre-feu, ni fermeture anticipée des commerces, ni limitation de déplacement".

"Avec le retour du port du masque, le pass sanitaire et le renforcement de la vaccination, on peut rester à ce niveau d'ici au 15 décembre. Avec un grand coup de collier au niveau du rappel vaccinal, on peut passer à côté d'une saturation hospitalière", assure le professeur de santé publique au CHU de Lille, Philippe Amouyel. "La seule chose qui nous obligerait à tout fermer, c'est l'hôpital qui explose, et tout l'enjeu est là."

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"La cinquième vague est ennuyeuse, il y aura des réouvertures d'unité Covid, des pertes de chance et des morts, mais tant qu'il n'y a pas de variant pire que le Delta, il n'y aura pas de catastrophe."

Le délai de validité des tests intégrés au pass sanitaire réduit à 24 heures 

Le gouvernement a décidé de renforcer le dispositif autour de tests. Et pour les personnes non-vaccinées, la durée de validité des tests PCR va passer de 72 heures à 24 heures dès lundi 29 novembre. "Par rapport à la transmission, c'est une bonne chose", pense le professeur Philippe Amouyel. Et d'ajouter : "avec la validité des tests pendant 72 heures, les non-vaccinés pouvaient contaminer les autres dès 24 heures, il y avait des fuites."

L'évolution des règles à l’école et la vaccination des 5-11 ans

Alors que les classes en primaire étaient systématiquement fermées dès le premier cas, la politique face au Covid-19 évolue à l'école. "Un dépistage systématique de toute la classe aura lieu" désormais à chaque cas positif a annoncé Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education. Et "seuls les élèves présentant un test négatif pourront revenir en classe".

La mesure doit permettre d'enrayer la fermeture de classes – 8 500 contre 4 100 le 19 novembre – et satisfait le professeur Philippe Amouyel. "Tester plutôt que de fermer, c'est positif."

Alors que la vaccination des 5-11 ans a été approuvée par l'Agence européenne des médicaments (EMA) avec le vaccin de Pfizer-BioNTech (le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) et la HAS vont être saisis), le ministre de la Santé a expliqué que son ouverture n'aurait pas lieu avant "début 2022".

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