Déconfinement – Dans la Somme, une imprudence a failli tourner à la noyade

Ce mardi 26 mai, une adolescente de 14 ans a échappé de peu à la noyade à Pont-Rémy dans la Somme. Avec le déconfinement et l’arrivée des beaux jours, nombreux sont ceux qui se rendent dans des zones où la baignade est souvent interdite.
 

Ce mardi 26 mai, une adolescente de 14 ans a échappé de peu à la noyade au barrage de Pont-Rémy
Ce mardi 26 mai, une adolescente de 14 ans a échappé de peu à la noyade au barrage de Pont-Rémy © Mairie de Pont-Rémy
C’est un accident qui aurait pu virer au drame. Ce mardi 26 mai à Pont-Rémy dans la Somme, une adolescente de 14 ans a été sauvée de la noyade alors qu’elle se baignait aux abords d’un barrage avec des amis. "Jamais je n’avais vu des jeunes venir se baigner et essayer de nager par ici", témoigne Annie Roucoux, maire de la commune.

Selon elle, il y a un "effet déconfinement. Ces jeunes ne sont pas scolarisés en ce moment et ils ont le droit de sortir. Forcément, on se retrouve et on a envie de se libérer parce qu’on a été confiné." Depuis le 11 mai et avec la météo particulièrement clémente, les baignades se sont multipliées dans la région. "Je le vois, affirme l’édile. Il y a un monde sur la Somme, les gens se baignent n’importe où."
 
D'apparence paisible, certains points d'eau n'en demeurent pas moins dangereux. Au barrage de Pont-Rémy, une jeune fille a échappé de peu à la noyade.
D'apparence paisible, certains points d'eau n'en demeurent pas moins dangereux. Au barrage de Pont-Rémy, une jeune fille a échappé de peu à la noyade. © Mairie de Pont-Rémy
 

Des risques nombreux

Si la tentation et l’envie de se rafraîchir sont compréhensibles, les risques n’en demeurent pas moins nombreux. Selon le capitaine Lilian Delmer, pompier dans la Somme, le risque majeur est la présence "de courants importants. Il y a un risque de noyade pour les personnes qui ne savent pas très bien nager."

Outre les courants parfois puissants, il y a également des problèmes de visibilité. "On connaît mal la profondeur des eaux ni ce qui s’y trouve. Il peut y avoir des carcasses et des risques de blessures si l’on saute par exemple", souligne le pompier de la Somme.
Dans l’Oise, le capitaine Franck Cousin précise que "même si on ne s’engage que jusqu’à la taille, il faut garder à l’esprit qu’un courant ou qu’un trou peut faire perdre pied."

 

Dans l'Oise, à terme, 90 plongeurs sapeurs-pompiers seront mobilisés afin de pouvoir être déployés dans tout le département en cas de noyade.
Dans l'Oise, à terme, 90 plongeurs sapeurs-pompiers seront mobilisés afin de pouvoir être déployés dans tout le département en cas de noyade. © SDIS 60


"Il faut proscrire la baignade sauvage"

Bien qu’il soit difficile de savoir où les baignades sont autorisées, le capitaine Franck Cousin recommande "de fréquenter exclusivement les lieux autorisés à la baignade." Un point sur lequel son confrère de la Somme s’accorde : "Le mieux est de rester en zones surveillées."

De fait, "il faut impérativement proscrire toute baignade sauvage, quel que soit le plan d’eau, même le plus inoffensif en apparence", selon le pompier de l’Oise. "La Picardie regorge de points d’eau où certains ont malheureusement pris l’habitude de se rendre, pensant qu’ils ont trouvé là un havre de paix." Pourtant, c’est précisément là que le risque de noyade est le plus élevé. "L’isolement de ces endroits souvent très inaccessibles est une entrave de plus lorsque nous devons porter secours à des noyés."

Depuis trois ans dans l’Oise, les effectifs de sauveteurs et plongeurs sapeurs-pompiers se multiplient afin de mailler au maximum le territoire. A terme, l’objectif sera de pouvoir mobiliser 90 spécialistes opérationnels dans tout le département.

 
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