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Drogue : Bernalicis propose une loi pour encadrer la vente du gaz hilarant, drogue à la mode chez les jeunes

Des capsules de protoxyde d'azote / © MAXPPP
Des capsules de protoxyde d'azote / © MAXPPP

Ugo Bernalicis, député du Nord (La France insoumise), va proposer une loi pour encadrer la consommation de protoxyde d'azote, une drogue devenue populaire chez les jeunes ces derniers mois.

Par @F3nord

Vous avez déjà vu traîner par terre sur les trottoirs des petits capsules grises et vous vous demandez ce que c'est. Le protoxyde d'azote (ou "proto") est un gaz hilarant, en vente libre et qui est de plus en plus consommé comme une drogue. Ce produit se trouve très facilement dans le commerce et n'est pas très cher : environ 20€ les 50 recharges. Ces petites capsules servent normalement pour les bonbonnes de chantilly. 
 

"Le vide législatif en la matière doit être comblé"


Ugo Bernalicis, député lillois (La France insoumise), a décidé de se saisir de ce phénomène de société. Dans un communiqué intitulé "Le proto, c’est marrant ? Surement pas pour vos enfants !", il indique vouloir "encadrer la vente de protoxyde d’azote aux mineurs".  Visant à "encadrer la vente de protoxyde d'azote" et à "renforcer les actions de prévention", cette proposition de loi, initiée par M. Bernalicis, pointe un "vide législatif" : "vendu librement, ce produit n'est pas classé comme stupéfiant et n'est pas non plus classé comme substance vénéneuse". 
 
ASKIP : Le "proto" bientôt interdit aux mineurs ?

Il "recommande l'apposition d'un pictogramme sur les cartouches le contenant afin de débanaliser le produit. Le vide législatif en la matière doit être comblé. Il souhaite aussi que les associations et organismes qui commencent déjà aujourd'hui à développer des actions de prévention et de suivi soient soutenues. "  "L'objectif n'est pas d'interdire le protoxyde d'azote", qui a une utilité domestique et médicale, mais "d'interdire la vente aux mineurs" et de "responsabiliser les vendeurs" en les obligeant à vérifier l'âge des acheteurs, a affirmé le député lundi à Hellemmes, une commune associée à Lille. 

Selon le rapport annuel de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publié ce jeudi 20 décembre, cette drogue bon marché est redevenue très prisée des jeunes. 
 


"Les consommations observées dans la région des Hauts-de-France depuis les années 2000 se cantonnaient jusqu’ici aux milieux festifs alternatifs (free parties, teknivals), expliquait l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Depuis 2017, des consommations sont devenues soudainement visibles dans la ville de Lille et dans de nombreuses villes en France.

Plusieurs types de consommateurs ont été identifiés clairement :
  • des habitués des free parties qui consomment le protoxyde d’azote en association avec d’autres produits
  • des collégiens et lycéens avides d’expérimentations dans un cadre collectif et « convivial »
  • des jeunes impliqués dans le trafic de drogue comme guetteur (« choufs »)
  • des prostituées qui utilisent le produit afin de mieux supporter leurs conditions de travail.

Le "proto", un produit dangereux

Détresse respiratoire, arrêt cardiaque pour des consommateurs qui auraient une pathologie du cœur, troubles de la marche, paralysie de certains membres...  Les risques graves du protoxyde d'azoteexistent même si les accidents restent très rares. Les risques sont démultipliés quand cette inhalation est combinée  à la consommation de produits tels que du Poppers, des boissons énergisantes ou pire, de la cocaïne. 

La consommation excessive de proto a déjà fait de nombreuses victimes : 17 personnes en seraient mortes en Angleterre entre 2006 et 2012, et deux cas de décès sont connus en France, dans l'Est, depuis 2016. Des décès ayant notamment pour origine une crise cardiaque, résultant d'une surconsommation.

Le portail Drogues-Info-Service met également en garde contre de nombreux effets indésirables du protoxyde d'azote, parmi lesquels des maux de tête, des vomissements ou encore une désorientation et des problèmes d'élocution, entre autres.

Au-delà des risques pour la santé, certains médecins s'inquiètent de la "banalisation" de cette consommation de proto, notamment par une population de plus en plus jeune. "Cela induit un comportement d’expérimentateur, avec la volonté de vouloir rechercher des sensations avec d’autres produits", explique le Docteur Sophie Gautier, responsable du centre de pharmacovigilance du Nord Pas-de-Calais (CRPV).

 

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Tribune Nord du 21 janvier 2019

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