Face à l'augmentation du nombre de bénéficiaires, les associations d'aide alimentaire des Hauts-de-France s'adaptent

En plein confinement et face à la crise économique, les associations d'aide alimentaire enregistrent une hausse de plus de 20% de bénéficiaires dans les Hauts-de France, comme dans les Restos du coeur de la Somme qui ont démarré les inscriptions pour leur campagne hivernale.

Aux Restos du coeur, les inscriptions pour la campagne hivernale ont commencé
Aux Restos du coeur, les inscriptions pour la campagne hivernale ont commencé © FTV
Plus que jamais les associations d'aide alimentaire jouent un rôle essentiel pour épauler de nombreuses familles. Aux Restos du coeur, la campagne hivernale débute le 23 novembre. L'heure est aux inscriptions. 

Dans l'Oise, comme partout en France, l'association s'attend à une saison intense, avec une hausse de 15% à 20% de bénéficiaires.  "On retrouve à peu près 1200 familles, note Christian Laloup, responsable du centre de distribution de Beauvais. On a des personnes qui étaient intérimaires et qui ont perdu leur travail, qui viennent s'inscrire. On a des familles qui arrivent sur Beauvais, des gens qui avaient des petits boulots, qui ont perdu leur emploi et qui viennent aux Restos du coeur".

Le nombre de bénéficiaires a explosé

"On a des gens qu'on n'avait pas vus depuis plusieurs années et dont la situation s'est dégradée, ajoute Marie Nouali, administrateur déléguée aux Restos du coeur de la Somme. Seul le secteur rural s'en sort pas trop mal. Il y a plus de solidarité en campagne. Il y a des potagers. Par contre, dans les grandes villes comme Amiens, Abbeville, Doullens ou Péronne, ça a explosé. Au niveau national, on a une vision de 30% à 40% d'augmentation. Dans la Somme, elle est à 20% mais c'est déjà trop. On n'est qu'au début".

Le deuxième confinement est venu perturber les inscriptions. Si la situation se prolonge, les bénévoles s'adapteront. "On reviendra aux colis à la porte des Restos mais on n'a pas les moyens de faire des livraisons à domicile".

Un moindre mal pour Marie Nouali qui regrette surtout le lien privilégié entretenu par les Restos du coeur. "Il y a une frustration des deux côtés. Il y a un système de distribution mais il y a surtout un dialogue entre le bénévole et la personne accueillie. Là il faut faire vite parce qu'il y a la queue, donc on n'a plus le temps de discuter et plus le temps d'accompagner. Les personnes sont déjà dans une situation financière difficile, là, elles ne peuvent même plus boire un café. Il n'y a plus non plus d'ateliers de cuisine, de coiffure, plus de vestiaires. Tout ça contribue à une ambiance de morosité des deux côtés".

La collecte annuelle aura bien lieu

Comme aux Restos du coeur, depuis le 16 mars 2020, la Banque alimentaire doit, elle aussi, s'adapter à la crise sanitaire, notamment parce que de nombreux bénévoles, classés comme des "personnes vulnérables", avaient dû cesser leur mission.

Ainsi, après plusieurs interrogations, la Banque alimentaire des Hauts-de France annonce qu'elle va pouvoir maintenir la grande collecte annuelle qui aura lieu dans les cinq départements, les 27, 28 et 29 novembre prochains. "Nous avons eu des craintes à l'égard du Covid mais la collecte aura bien lieu, confirme Christian Becuwe, président de la Banque alimentaire des Hauts-de-France, Paris et Île-de-France, avec le risque qu'on ait moins de denrées reçues par les magasins puisqu'il y a moins de clients, malgré tout, on reste confiants. Dans le département de la Somme, on a 68 partenaires qui seront à la porte des magasins pour pouvoir accueillir les clients. La seule différence, c'est qu'au lieu de distribuer des flyers qui reprennent la liste des produits dont on a besoin, nous aurons des affiches. On évitera la distribution".

S'il n'y a plus d'inquiétude du côté des bénévoles, la question se pose du côté des associations. "Il s'avère que pendant que nous perdions les bénévoles, nous avons eu des demandes supplémentaires d'associations inconnues qui sont venues frapper à nos portes, pour signer une convention soit temporaire, soit définitive" constate Christian Becuwe. "Le total des partenaires est passé de 429 à 472. Ce qui veut dire que nous avons 43 nouvelles structures supplémentaires pour les 5 départements des Hauts-de-France. Là pour la Somme, il y en a 5 nouvelles. Elles se sont manifestées pour répondre à une demande croissante de bénéficiaires qui sont souvent des étudiants et a fortiori des étudiants étrangers qui n'avaient pas la possiblité de retour au pays compte tenu des problèmes de confinement et d'autre part, qui n'ont pas non plus les moyens financiers pour s'acheter des denrées alimentaires".

La Banque alimentaire a dû puiser dans ses stocks

En 2019, la Banque alimentaire de la Région Hauts-de-France enregistrait 180 679 bénéficiaires. Selon les estimations, elle s'attend à un accroisssement de 20% pour l'année 2020, ce qui porte à 216 815 bénéficiaires en fin d'année. 

Pour faire face à la situation, l'association a dû puiser dans ses stocks, en attendant une aide des pouvoirs publics et des collectivités territoriales. "On devrait toucher une subvention qui émane de la Région Hauts-de-France à répartir entre les 5 banques. Et la bonne nouvelle, c'est que sous la pression des différents états membres de l'Union européenne, il y a eu une position favorable prise par l'UE pour la période 2021 à 2027 qui va permettre d'accroître de manière conséquente les montants versés à chacun des pays membres, au titre de ce qu'on appelle le 'fonds européen d'aide aux plus démunis' (FEAD)".
 
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