Festival de Cannes 2024 : les Hauts-de-France mis en valeur par cinq films

Musiciens de Lallaing, réalisateur de Roubaix, actrice de Valenciennes et tournages dans toute la région : les Hauts-de-France sont bien représentés au festival de Cannes 2024. Cinq films soutenus par l'agence de production régionale Pictanovo.

Du 14 au 25 mai 2024, les Hauts-de-France sont au rendez-vous du festival de Cannes. Sur la croisette, cinq films portent les couleurs de la région. De leur lieu de tournage à leurs équipes de production, en passant par la réalisation, les acteurs et le financement : chacun a sa touche nordiste.

Une présence de la région pour laquelle œuvre Pictanovo, “l’agence de production et promotion de la culture audiovisuelle des Hauts-de-France” que préside Grégory Tempremant depuis novembre 2021. Parmi les 225 œuvres accompagnées chaque année, “dans l’écriture, le développement ou la production”, cinq sont présentées au festival de Cannes 2024.

Amour ouf en tête d’affiche

Majoritairement des longs-métrages. À commencer par Amour ouf, un film de Gilles Lellouche qui concourt en compétition officielle pour la Palme d’Or. Tourné pendant 84 jours entre Dunkerque, Lille et Tourcoing, “il a demandé beaucoup de travail”, note Grégory Tempremant, comme trouver les 2 000 figurants nécessaires, les décors et les techniciens.

Un tournage rendu possible grâce à de larges bases de données répertoriant 1 200 décors dans la région, de la façade maritime au théâtre de Compiègne, et des acteurs, techniciens et entreprises par centaines. Une mise en valeur du savoir-faire local qui alimente la renommée des Hauts-de-France.

Comme avec l’adaptation du roman Amour ouf de Neville Thompson. Le président, aussi conseiller régional Hauts-de-France, se félicite des “retombées économiques assez énormes sur la région : près de 5 millions d’euros, soit un rapport de 1 à 20 par rapport à l'investissement initial !” Une réussite pour la mise en scène, dans les années 1980, d’un couple d'adolescents que tout oppose, incarné par François Civil et Adèle Exarchopoulos. 

Miser sur un tournage avec des nordistes

On investit autant pour le projet artistique que pour le développement économique”, reconnaît Grégory Tempremant. Derrière la mise en valeur de la région, l’ambition est de faire prospérer. “Être vus à Cannes permet de montrer ce que peuvent accueillir les Hauts-de-France pour un futur tournage, c’est un peu une vitrine”, qui donne, qui plus est, sur l’international.

L’occasion aussi de mettre en avant des personnalités locales. Comme Mallory Wanecque, actrice valenciennoise de 17 ans. Révélée par Les Pires, récompensé par le prix Un certain regard en 2022, elle aura “l’occasion de confirmer les compétences qu’on lui connaît”, vante Grégory Tempremant, “ravie de la revoir monter les marches.”

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Une actrice et des décors Made in Hauts-de-France “qui permettent aux gens de s’identifier et d’avoir envie de voir leur région sur grand écran”. Une pierre de coup pour “inciter à aller au cinéma” qui s’applique aussi au film En fanfare.

La fanfare de Lallaing monte les marches de Cannes

Présenté au festival en avant-première mondiale, le long-métrage de fiction d'Emmanuel Courcol a demandé un mois de tournage dans la métropole lilloise et au Touquet. Dont quinze jours dans la salle de l’harmonie musicale des mineurs de Lallaing, dans le Nord. Au-delà des locaux, la production a emprunté les musiciens : dix-sept d’entre eux ont incarné l’harmonie de Walincourt. Conviée au festival de Cannes, la troupe a même l’occasion d’interpréter trois titres : “Emmenez-moi, d’Aznavour, sur scène, puis Bella Ciao et Oh when the saints en soirée”, détaille Karine, saxophoniste, à nos confrères de La Voix du Nord.

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Les musiciens de la fanfare de Lallaing arrivent à Cannes ©France Télévisions

Comme pour les autres films, Grégory Tempremant accompagne les acteurs lors de la présentation au festival. “On vit la pression comme eux”, confie-t-il, aussi impatient de découvrir le film où Benjamin Lavernhe incarne Thibaut, un chef d'orchestre atteint de leucémie qui retrouve, dans sa quête d’un donneur, un frère aîné dans le Nord.

Les villes s'investissent de plus en plus

Arnaud Desplechin fait partie des gens qu’on suit avec attention, on regarde toujours de près quand il nous propose un projet”, reconnaît le président de Pictanovo. L’enfant du pays, roubaisien d’origine, propose un long métrage qui flirte avec l’autobiographie. Pas étonnant donc qu’il ait majoritairement tourné à Lille, Avion et Roubaix. La ville aux mille cheminées qui est d’ailleurs “très investie”, explique Grégory Tempremant, comme quinze autres villes de la région qui bénéficient d’un référent chargé de faciliter les tournages sur place.

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Une mise en relation de tout un écosystème qui espère continuer de prospérer et de s’étendre. D’abord en représentant tous les Hauts-de-France. Comme avec la sélection à Cannes du film Eat the night tourné dans le sud de la région, à Compiègne et Amiens. Puis en diversifiant les œuvres récompensées, comme avec la présentation d’Angelo dans la forêt mystérieuse, un long-métrage d’animation cofinancé par Pictanovo.

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