CINEMA : Entretien avec Lise Akoka, réalisatrice du film "Les Pires", tourné à Boulogne-sur-Mer en salles ce 7 décembre

Publié le Mis à jour le
Écrit par Christelle Massin

Avec « Saint Omer » de Alice Diop c’est le film à voir en cette fin d’année, «  Les Pires » de Lise Akoka et Romane Gueret, lui aussi tourné dans la région Hauts-de-France. Il sort en salles ce mercredi 7 décembre.

Récompensé par Un Certain Regard au dernier Festival de Cannes, ce long-métrage est aussi en lice pour le Prix Louis Delluc, dans la catégorie Premier film, qui sera décerné le 30 novembre. Il raconte un tournage avec des jeunes en souffrance dans un quartier de Boulogne sur Mer. Sortie prévue ce 7 décembre. Rencontre à Namur,  avec une des réalisatrices.

Lise Akoka arrive au FIFF, le Festival International du Film Francophone.

Un grand sourire, une profonde respiration, à peine installée et déjà en partance. Pour elle et sa coréalisatrice Romane Gueret, la fin de l’année 2022 ressemble à un marathon.

Trains, avions, de festival en avant-première, en France et à l’étranger « les Pires » voyage avant de trouver son public dès le 7 décembre.

Entretien avec Christelle Massin.

Nous nous étions quittées en mai dernier, votre film vit sa vie avant même sa sortie en salles. Dans combien de festivals a-t-il déjà été présenté ? 

Lise Akoka : "Il y a eu Angoulême, La Rochelle, Hambourg, Los Angeles, Toronto, Rome, Israël et encore beaucoup de festivals en France  à venir (ndlr : le 11 novembre  à Berck-sur-Mer, et le 21 novembre à Lille).

C’est inespéré, que de bonnes surprises. La sélection à Cannes était euphorisante, tout comme le prix et ensuite  le nombre d’invitations reçues.

Ce qui bouleverse le spectateur d’un pays à l’autre , c’est l’énergie de ces enfants, leur voix, leur fragilité, leur vérité, ce qu’ils ont en eux,  en plus fort encore."

Tous les comédiens dont la jeune valenciennoise Mallory Wanecque avaient fait le déplacement à Cannes, quel souvenir gardez-vous de cette première projection ?

Lise Akoka : " Quand la lumière est revenue, j’ai été engloutie par cette émotion qui m’a, c’est vrai , surprise. La salle était chargée d’une tension palpable. Rassurée par cette écoute, l’émotion de toute l’équipe m’a alors attrapée à la gorge. Moment rare, unique, je me souviens bien de l’atmosphère, des sensations qui m’ont traversée à ce moment vécu pleinement. Cela reste gravé. Toute la passion , l’énergie, le temps consacrés au film se justifiaient d’un coup."

« Les Pires » raconte l’histoire d’un casting sauvage dans le quartier du Chemin Vert, une bande d’adolescents sont repérés pour jouer dans un film. Vous êtes retournée à Boulogne-sur-Mer ?

Lise Akoka : "Oui ! Pour une avant-première, c’était génial, tout le quartier était là, tous les enfants. Un moment très fort. Nous étions très angoissées de la réaction des gens, leur réaction à l’image renvoyée d’eux par le film. Ce fut émouvant là aussi, et une ambiance de folie dans la salle, un vrai public, mais un public inhabituel, des enfants et même des bébés ! C’était folklorique. Le débat, le jeu de questions réponses qui suivit fut joyeux et émouvant , comme de retrouver cette ville et ses souvenirs. Et à Valenciennes pour Mallory, quatre-vingt personnes de son entourage étaient là ! Elle rayonnait."

Vous êtes avec Romane Guéret attentives à vos jeunes comédiens, à les protéger dans leur retour au réel. Quels conseils leur prodiguez-vous ?

Lise Akoka : "Oui, ,nous les protégeons, cela veut dire être présentes pour la suite après cette expérience. Mallory a déjà d’autres rendez-vous avec le cinéma. Il nous faut leur présenter les bonnes personnes, rester dans la boucle. Nous travaillons avec des agents, on les aide pour les castings et les accueille chez nous à Paris ! Il y a un attachement réciproque."

"Les Pires" raconte un casting sauvage dans une cité de Boulogne-sur-Mer, il sera en salles ce mercredi 7 décembre.

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité