Gay Games 2018 : tou(te)s égaux à Paris

Du 4 au 12 août, Paris accueille pour la 1ère fois la 10e édition des Gay Games, une manifestation sportive sans aucun critère de sélection. La ville de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité sera l'hôte de ces JO de la différence, la capitale mondiale de la lutte contre les discriminations. 

Par Jennifer Alberts

Imaginez une compétition sportive où la victoire n'est pas l'objectif... Imaginez une compétition sportive dont le but est que chaque athlète affirme sa différence : handicap, sexe, âge, niveau de performance, orientation sexuelle... Imaginez enfin une compétition sportive qui soit à la fois un événement culturel et sociétal, détaché de toute contingente commerciale... Cette compétition existe. Elle s'appelle les Gay Games.
 

Le sport, un milieu de normes 


Depuis plus de 30 ans, les Gay Games, organisés tous les 4 ans, utilisent le sport pour changer les mentalités sur la différence. Sur les différences.

À leur création en 1982, la philosophie qui sous-tendait cette initiative américaine était clairement de lutter contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle des athlètes : dans un environnement aussi sexiste et machiste que le sport, être homosexuel et le revendiquer n'entrait, et n'entre toujours pas, dans le cadre de l'athlète performant, parfait et conforme à des valeurs sociétales archaïques.

Le pari était donc de bannir la discrimination de la compétition sportive qui est par essence discrimante : les participants sont classés par catégorie d'âge, de sexe, de niveau, de nationalité...
 

Promouvoir la diversité


30 ans plus tard, les Gay Games sont devenus le symbole de la lutte contre toutes les discriminations. Le sport comme vecteur d'inclusion : pas de sélection, pas de minima de temps, pas de qualification préalable. Les participants ne représentent aucun pays, aucune fédération. Vient qui veut. Chacun paye son inscription et son séjour. Et si promouvoir la diversité vous tente, vous pouvez vous inscrire jusqu'au 30 juin.

Pour la 10e édition de ces JO de la différence, plus de 36 sports seront présents. Si certains sont quand même abordés en fonction de l'âge ou du niveau des participants, d'autres, notamment les disciplines collectives, sont mixtes ou mêlent valides et invalides. Les compétitions de danse et patinage artistique sont ouvertes aux couples de même sexe.
 

Des débats et des conférences


Mais les Gay Games, ce n'est pas que le sport. C'est aussi des rencontres culturelles, festives. Des conférences et des débats. Avec à chaque fois en point de mire, changer l'esprit de notre société sur la différence. 

À l'heure où des hooligans russes promettent de dénoncer aux autorités les supporters homosexuels présents pour la coupe de monde de foot... À l'heure où, quand on passe sa vie dans un vestiaire, sortir du placard n'est pas évident, ouvrir l'horizon du monde à d'autres façons d'être relèvera certainement du parcours d'obstacle. Mais déclarer forfait n'est pas une option.

Parce que la différence n'a rien de honteux. Qu'elle est une force. Et que l'uniformité n'a jamais été synonyme d'universalisme.
 

 

Les Gay Games 2018 à Paris en chiffres

10è édition;
Du 4 au 12 août;
Tous les 4 ans;
10.000 participants;
80 pays;
36 disciplines;
150 compétitions dans 55 lieux; 
40.000 visiteurs-euses;
3.000 bénévoles;
14 événements culturels;
3 jours de conférences;

 

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