Grève contre la réforme des retraites : les gares de Dunkerque et Boulogne-sur-Mer fermées depuis le 5 décembre

Les deux gares sont à l'arrêt complet depuis le début du mouvement de grève, le 5 décembre. Une situation inédite selon les syndicats.
En cinq jours, pas un train n'a marqué l'arrêt en gare de Dunkerque ou de Boulogne-sur-Mer. De mémoire de cheminot, c'est du jamais-vu. "La gare de Dunkerque a peut-être été fermée un jour par-ci, par-là pendant la grève de 1995 ou la réforme des retraites de Sarkozy, mais jamais aussi longtemps", se rappelle Laurent, conducteur de trains membre de la CGT cheminots, syndicat majoritaire au sein de l'entreprise.

Le personnel de la SNCF, qui se mobilise contre la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron, tiennent un piquet de grève depuis le jeudi 5 décembre dans ces deux gares. "Et la mobilisation ne faiblit pas, je suis assez étonné d'ailleurs", ajoute Frédéric Perrot, membre de la CGT cheminots à Boulogne-sur-Mer.

 

Situation chaotique


Alors que le deuxième appel à la mobilisation interprofessionnelle est lancé ce mardi 10 décembre, le trafic ferroviaire reste fortement perturbé dans les Hauts-de-France avec 2 TER sur 10 en circulation. Certaines liaisons sont substituées par bus, un aller-retour par jour est assuré entre Calais et Dunkerque. Mais c'est toujours la pagaille à la SNCF.
 
"La mobilisation historique du 5 décembre a contraint le Premier ministre à s'exprimer et à annoncer que le calendrier serait bouleversé, mais en réalité rien ne change dans l'objectif du gouvernement", dénonce la CGT dans un communiqué, fustigeant la réforme des retraites par points voulue par l'exécutif.

A l'origine de ce bras de fer, la réforme censée se substituer aux 42 régimes existants (général, des fonctionnaires, privés, spéciaux, autonomes, complémentaires). Le gouvernement promet un système "plus lisible" et "plus juste" quand les opposants s'attendent à une "précarisation" des retraités. Mais le nouveau système des retraites n'est pas la seule mesure qui inquiète les cheminots.
 
 

"Mieux vaut être pénalisés maintenant que le restant de nos vies"


"On nous baisse nos salaires, on nous augmente nos horaires et on nous modifie nos conditions de travail", pointe Laurent, faisant référence à la réforme ferroviaire promulguée l'année passée, ayant conduit à une grève "perlée" de plusieurs mois à la SNCF. "Ca ne fait plaisir à personne de faire grève, de bloquer des gens (...) mais mieux vaut être pénalisés maintenant que le restant de nos vies", ajoute-t-il.

"C'est une régression qu'on ne peut pas accepter", estime Frédéric Perrot, informant qu'un préavis de grève a été déposé pendant la période des fêtes, du 15 au 31 décembre. A Boulogne-sur-Mer comme à Dunkerque, les syndicats votent la poursuite de la grève en assemblée générale depuis le premier jour.

Conducteurs, contrôleurs, agents... Les deux gares comptent une large majorité de grévistes, entraînant la fermeture depuis près d'une semaine et ce jusqu'à nouvel ordre. "On entre dans un conflit dur, suivi et qui a le soutien de la population", reprend Frédéric Perrot qui a encore espoir dans les annonces du gouvernement.
 
Les dispositions précises du projet de réforme doivent être présentées par le Premier ministre, Edouard Philippe, ce mercredi 11 décembre. Une prise de parole bien trop tardive, selon le syndicaliste dunkerquois : "C'est inadmissible de laisser des gens dans l'expectative. On n'attend plus rien de ces annonces, on veut une réforme des retraites, mais une bonne."

Le cortège s'élancera à 16 heures de Dunkerque tandis que la manifestation a pris fin autour de midi à Boulogne-sur-Mer. Une nouvelle mobilisation grâce à laquelle les syndicats espèrent faire plier l'exécutif.

 
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