Guerre en Ukraine : face à l'afflux de dons dans les Hauts-de-France, "le souci, c'est d'être vraiment efficace"

Depuis le début de l'exode des populations ukrainiennes de leur pays, les dons de toutes natures affluent partout en France. Dans les Hauts-de-France, de nombreux maires sont dépassés par la générosité de leurs administrés et ne savent pas toujours comment faire pour que ces dons parviennent Ukrainiens.

Ils se multiplient, de quoi "redonner foi en l’humanité", confie une voix que l’on devine accompagnée d’un sourire compatissant à l’autre bout du fil. Depuis plusieurs jours, le maire de Fort-Mahon-Plage, Alain Baillet, s’active pour accueillir les dons spontanés de bon nombre d’habitants de la commune de la Somme.

Pour le moment, on a ouvert un local où on va organiser des jours d’accueil pour encadrer les dons. Je me suis rapproché de l’association des maires de France pour voir comment on peut coordonner les actions.

Alain Baillet, maire de Fort-Mahon-Plage dans la Somme

à France 3 Hauts-de-France

"Il y a rapidement eu une grande solidarité suite à la médiatisation de la situation dans les différents médias. Les Fort-Mahonnais sont très sensibles à ce qu’il se passe en Ukraine et se sont tournés vers la mairie pour faire des dons", poursuit-il.

L'association des maires de France sollicitée

Qu’elle passe comme à Amiens par une collecte de vêtements, denrées alimentaires et autres produits d’hygiène aux lycées Delambre et Montalgne (les 4 et 5 mars), les initiatives de la Croix Rouge, ou la création d’un groupe Facebook estampillé "Saint-Quentin aide l’Ukraine",  la solidarité envers le peuple ukrainien, dont l'état est bombardé depuis plusieurs jours par les forces armées russes, s’organise à travers les Hauts-de-France.

Pour éviter que leurs efforts ne soient vains et rendre les initiatives citoyennes les plus efficaces possibles, les différents représentants des communes et des préfectures travaillent de concert. Devant l’ampleur de la tâche, Alain Baillet s’est notamment tourné vers l’association des maires de France, qui pourrait jouer un rôle prépondérant dans la centralisation et l’acheminement de certains dons.

 "Je me suis approché d’eux pour définir quels étaient les dons prioritaires, là on est plus sur des dons matériels et de première nécessité comme les couches pour bébé ou le lait. On a également reçu un mail de la préfecture qu’il faut que j’étudie. Je ne peux pas assurer que la ville pourra envoyer un véhicule en Pologne, mais tout est possible, il faut en discuter. Déjà la première chose, si des collectes sont faites un peu partout, il faut déterminer où centraliser les dons pour pouvoir ensuite les distribuer", précise l’édile.

Être efficace

Centraliser les dons, c'est le travail de la Protection civile. "On va s'occuper de l'aspect logistique de la collecte des dons : on va récupérer et centraliser les dons dans un seul lieu dans le département, détaille Philippe Coquel, président de la Protection civile de la Somme. Après, on va s'occuper de l'acheminement, une  fois que les besoins sont centralisés et que les dons sont triés pour les envoyer de façon régulière ensuite en Pologne. Un premier envoi est prévu samedi 5 mars. Au sein de chaque département, on a recensé les conducteurs poids lourds qui sont disponibles pour partir. Aucune crainte à avoir : tout va bien être donner à la population ukrainienne sur place."

C'est ce qu'a indiqué Philippe Coquel mercredi 2 mars lors d'une réunion organisée entre la mairie d'Amiens et les différentes associations d'aide humanitaire. Pour mettre en place une coordination efficace. "L'intérêt de cette réunion, c'était de coordonner les actions : il y a plein de bonnes volontés qui existent dans la métropole amiénoise mais j'avais peur que des actions se mettent en place tous azimuts et qu'elles ne correspondent pas aux besoins des familles ukrainiennes, explique  Brigitte Fouré, maire d'Amiens. Donc il fallait que l'on rencontre les associations qui sont habituées à réagir dans l'urgence pour voir comment être efficace et répondre réellement aux besoins de la population ukrainienne".

L'accueil des familles

À l'issue de cette réunion, il a été convenu que les dons financiers aux associations devaient être privilégiés : "ils seront envoyés en Pologne pour que soit acheté sur place ce dont les familles ont vraiment besoin. Le souci, c'est d'être vraiment efficace", conclut Brigitte Fouré.

L'autre grosse question qui a émergé de cette réunion, c'est celle de l'accueil des réfugiés. Si Amiens s'est dite prête à accueillir des familles ukrainiennes, les propositions de particuliers affluent également. "Je sais qu'il y a des familles amiénoises qui sont prêtes à accueillir temporairement des Ukrainiens chez eux. Donc c'était important qu'on puisse collecter les informations, savoir exactement qui et dans quelles conditions pour que, quand des familles ukrainiennes arriveront, on sache où les orienter", précise Brigitte Fouré. Les bailleurs sociaux de la ville ont par ailleurs indiqué être en capacité de loger des Ukrainiens dans des logements de la métropole.

Concertation avec l'État

Des initiatives prises en, concertation avec les représentants de l'État et des collectivités territoriales. Alors que le conseil départemental de la Somme a annoncé le 28 février que le département prendrait "sa part à l’effort national et européen afin de permettre un accueil dignes des familles qui fuient la guerre" et que la préfecture a pris contact avec les édiles par mail, la préfecture du Nord a exprimé sur ses réseaux sociaux la nécessaire coordination dans cette tâche :

"En première réponse, le préfet du Nord a d’ores et déjà pré-mobilisé, sur les moyens de l’État, une capacité d’accueil et d’hébergement conséquente, ainsi que des dispositions pour assurer la bonne orientation et la prise en charge appropriée de tout ressortissant ukrainien arrivant en France. Ces dispositions sont effectives", a appuyé le Préfet dans un mail qui nous a adressé.

"Comme ce territoire en a déjà démontré la capacité, une organisation étroite, opérationnelle, chacun dans son domaine de compétences, est mise en place en réactivité aux instructions du Gouvernement (…) Des réunions pourront être programmées autant que nécessaire" a conclu Simon Fetet, sous-préfet de l'arrondissement de Lille, secrétaire général de la préfecture du Nord.

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