Dans les Hauts-de-France, Covid-19 et précarité croissante mettent les associations d'aide alimentaire en difficulté

Les associations comme le Secours populaire peinent à rassembler des fonds par elles-mêmes, faute de soirées de financement, et font face à une explosion du nombre de bénéficiaires.

© PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP
"Cette crise sanitaire est également une crise économique et sociale sans précédent." Ce constat de Martin Domise, conseiller régional LR délégué à la vie associative, est le même que font de nombreuses associations face à une explosion du nombre de bénéficiaires.

Hausse des prix et baisse des collectes

"Plusieurs catégories de Français vivent en-dessous du seuil de pauvreté et la région Hauts-de-France est particulièrement exposée", note celui qui est également conseiller municipal à Amiens. Entre cette explosion de la précarité, la hausse des prix et la baisse des collectes, les associations font face à un véritable défi, alors que l'hiver approche.

On a atteint au mois d'octobre le chiffre de bénéficiaires de l'année dernière, et l'année n'est pas finie

Jean-Louis Callens, secrétaire de la Fédération Nord du Secours populaire

Le Nordiste Jean-Louis Callens, secrétaire de la Fédération du Nord du Secours Populaire, évoque "de grandes difficultés". "Il y a plus de bénéficiaires, plus de gens qui frappent à la porte du Secours populaire pour venir chercher de l'aide alimentaire". Déjà, pendant les deux mois de confinement, 1,27 million de Français avaient eu recours à l'association, contre 3,3 millions sur la seule année 2019. Dans les Hauts-de-France, "on a atteint au mois d'octobre le chiffre de bénéficiaires de l'année dernière, soit 296 000 personnes, et l'année n'est pas finie..."

S'il n'y a pas de baisse notable de la générosité des Français, impossible en revanche pour ces associations d'organiser des événements pour se financer. "On ne peut plus faire de rassemblements, donc pas de fêtes ou de soirées pour faire rentrer de l'argent. Il manque déjà 350 000 euros par rapport à l'année dernière", déplore Jean-Louis Callens.

Une aide aux associations agréées par l'État

Dans ces conditions, les pouvoirs publics sont contraints de se mettre au chevet des associations. L'État a accordé une aide de 3 millions d'euros au Secours populaire, dont 350 000 euros, justement, sont destinés à la fédération du Nord.

De son côté, la région Hauts-de-France a voté mardi 13 novembre, "à l'unanimité", une aide de 300 000 euros à quatre associations agréées par l'État pour l'aide alimentaire : le Secours populaire, les Restos du Cœur, la Banque alimentaire et la Croix rouge. "Il s'agit d'une enveloppe fixe de 40 000 euros, plus une part au pro-rata du nombre de bénéficiaires", explique Martin Domise. En l'occurrence, le Secours populaire devrait recevoir "dans les semaines qui viennent" la somme de 93 000 euros.

À l'échelon inférieur, les départements s'engagent également. Dans le Nord, une réunion doit se tenir, cette semaine, entre la préfecture et le conseil départemental, en vue d'une aide qui reste à définir. Et les municipalités ne sont pas en reste : la ville de Lille, par exemple, alloue 59 000 euros de subventions aux associations d'aide alimentaire, auxquels s'ajoutent 43 000 euros pour les associations d'accueil de jour, 15 000 euros pour les associations d'hébergement d'urgence et 23 000 euros pour celles qui effectuent des maraudes.

En 2019 – les chiffres de 2020 n'étant pas encore connus – on comptait dans les Hauts-de-France 213 000 bénéficiaires de l'aide alimentaire aux Restos du Cœur, 164 000 à la Banque alimentaire et 16 000 à la Croix rouge.
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