Arras : un médecin jugé pour agressions sexuelles

Actuellement incarcéré, le médecin sera jugé jeudi. Il aurait sexuellement agressé seize patientes "vulnérables".

 

Un médecin de 33 ans, actuellement incarcéré, sera jugé jeudi par le tribunal correctionnel
d'Arras pour des agressions sexuelles présumées commises contre 16 patientes, pour la plupart considérées comme "particulièrement vulnérables".

Dès 2007

Les faits auraient commencé dès novembre 2007, alors que le prévenu venait de s'installer comme médecin généraliste à Saint-Laurent-Blangy - commune du Pas-de-Calais située à quelques kilomètres au nord-est d'Arras -, "dans un quartier plutôt populaire où les gens sont encore très respectueux du médecin", a indiqué le parquet d'Arras à l'AFP.
Caresses sexuelles, auscultations intrusives, relations sexuelles par contrainte psychologique et photos sous les jupes se seraient poursuivies jusqu'en mai 2009 quand, à la suite de la dénonciation d'une patiente, le médecin a été mis en examen pour atteintes sexuelles avec abus de l'autorité conférée par ses fonctions.
Il avait alors été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer la médecine généraliste.

Médecin coordinateur


Devenu médecin coordinateur aux établissements pour personnes âgées dépendantes du Centre hospitalier de Boulogne-sur-Mer à l'automne 2009, théoriquement sans contact avec les patients, il aurait récidivé en janvier 2012 en agressant sexuellement une stagiaire aide-soignante.
La plainte de cette dernière a conduit la justice à révoquer son contrôle judiciaire et à l'écrouer.
La plupart des victimes, âgées de 14 à 48 ans au moment des faits, présentaient un caractère "particulièrement vulnérable en raison de leur pathologie ou de leur jeune âge", selon le parquet.
Elles souffraient d'un manque d'assurance, de dépression, de maltraitances ou de violences conjugales, et "plusieurs d'entre elles avaient déjà été victimes d'agressions sexuelles" dans le passé, a souligné le parquet.

Manipulation intellectuelle


Le médecin "reconnaît partiellement les faits. Il dit ne pas forcément s'être rendu compte de l'emprise qu'il pouvait exercer sur elles", a précisé le parquet.
Selon l'avocate d'une victime présumée, "il y a une manipulation intellectuelle dans ce dossier : il leur a fait croire qu'elles étaient consentantes, et elles le pensent quelque part. Elles ont toutes ce sentiment de s'être fait avoir". "Toutes les femmes ont le même discours : +j'étais un morceau de viande+", a-t-elle poursuivi. "Elles ont toutes la même explication, il établit un rapport de confiance, presque de copinage, et il passe la ligne".
"Il arrivait à détecter leur situation de faiblesse et à en profiter avec son aura de médecin", a renchéri Me Antoine Le Gentil, avocat d'une autre victime présumée.

Jusqu'à 10 ans de prison


Séparé de sa femme et père d'un enfant, le prévenu encourt jusqu'à 10 ans de prison. Son avocat n'a pas souhaité s'exprimer hors audience. Le frère jumeau du prévenu, médecin également, est pour sa part mis en examen pour des faits de nature sexuelle à Lille.

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