Le ton monte entre Mélenchon et le PS

Dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais, les attaques se multiplient au sein de la gauche.

© F3 NPDC

Il n'y a pas que la guerre des deux Fronts Front de Gauche/Front National. Depuis l'arrivée de Jean-Luc Mélenchon dans la 11ème criconscription du Pas-de-Calais, d'Hénin-Carvin, la tension entre le Parti Socialiste et le Front de Gauche est là, latente, parfois camouflée, d'autres fois exposée au grand jour.

Ce lundi, le comité de soutien au candidat socialiste de la 11e circonscription du Pas-de-Calais Philippe Kemel s'en est pris sévèrement lundi à son adversaire du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon, lui reprochant de s'en prendre davantage au PS qu'au Front National. "Toi qui déclares lutter contre l'extrême-droite, tu ne dis pas un mot des idées de Marine Le Pen (...) Toutes tes critiques acerbes se portent sur tes camarades du Parti socialiste, ce grand parti que tu as animé jusqu'en 2008", tancent les militants socialistes dans une lettre ouverte.

Jean-Luc Mélenchon a critiqué à plusieurs reprises l'attitude du Parti socialiste dans la circonscription. Il avait notamment accusé son rival PS d'avoir "triché" aux élections internes de son parti. Il avait également dénoncé "la mesquinerie et l'ingratitude" des socialistes à l'égard du Front de gauche pour avoir critiqué son affrontement avec Marine Le Pen.

Dans leur lettre ouverte, les militants socialistes estiment que M. Mélenchon "oublie" et "méprise" les électeurs du territoire. "Hénin-Beaumont n'est pas une cour de récréation pour candidats en mal de sensations fortes et de combats d'égos", dénoncent-ils.

Samedi, lors du débat organisé par France 3 Nord Pas-de-Calais, le candidat PS, s'était dit déçu de ne pas "discuter sur les sujets de fond" et avait mis en avant son ancrage local. Il avait accusé Mme Le Pen et M. Mélenchon de "vouloir rejouer l'énième tour" de la présidentielle et de "voler" l'élection législative aux habitants de la circonscription.

Dans un entretien à Nord Eclair paru le 26 mai, Jean-Luc Mélenchon avait affirmé que Martine Aubry, la première secrétaire du PS, "avait nui à l'unité de la gauche" lors des négociations sur les législatives qui n'ont pas abouti.

 
Interrogé sur son propre parachutage à Hénin-Beaumont, il avait répondu : "J'ai dérangé la fourmilière, donc, ils s'énervent car leur bel arrangement peut s'effondrer. Mme Le Pen me traite de parachuté, trop drôle ! Elle-même habitant près de Neuilly et étant le général en chef du plus grand commando de parachutés de France. Mme Aubry fait pareil, dit que l'on n'a pas besoin d'une « bataille médiatique ». Mais les médias ne sont pas l'ennemi de la démocratie. Au contraire, c'est quand on arrange ses petites affaires dans l'ombre qu'il y a un problème. Elle dit qu'il faut des élus connaissant les dossiers locaux. Pour Samsonite, quelle est la solution locale ? Aucune. La réponse est nationale : une loi contre les licenciements boursiers. Les socialistes l'ont acceptée au Sénat. Ils devraient donc la voter à l'Assemblée si les députés du Front de gauche y sont nombreux."

Dès l'annonce de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, Martine Aubry avait estimé que la circonscription d'Hénin-Beaumont "n'a pas besoin d'un match médiatique", entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, mais d'un "élu de terrain", vantant les mérites du candidat PS, Philippe Kemel, maire de Carvin, "qui habite là, qui connaît les problèmes et qui défend les habitants".

La rivalité entre les deux candidats de gauche semble s'envenimer au fil des jours dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais. Il reste 5 jours de campagne avant le 1er tour ce dimanche.

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