Retraites : Jean-Paul Delevoye démissionne du gouvernement

L'ancien maire de Bapaume (Pas-de-Calais) a admis "une légèreté coupable".

© DOMINIQUE FAGET / AFP
Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, a présenté sa démission lundi au président de la République, qui l'a acceptée "avec regret", après une semaine de révélations sur ses activités et mandats non déclarés, admettant "une légèreté coupable".
 
Nommé par Emmanuel Macron en septembre 2017 pour préparer la réforme des retraites, l'homme politique nordiste considère que la "confiance est fragilisée sous les coups d'attaques violentes et d'amalgames mensongers" et qu'à travers son "procès", on "veut porter atteinte au projet" qu'il juge "essentiel pour la France", explique-t-il. Il sera remplacé "dans les plus brefs délais", a précisé l'Elysée.
 
Pour l'Elysée, "le haut commissaire a jugé préférable de démissionner afin de pouvoir répondre aux critiques dont il fait l'objet. Nous saluons sa démarche de responsabilité à un moment important de la réforme".
 
"C'est de bonne foi que Jean-Paul Delevoye a commis ces omissions, il va pouvoir s'en expliquer. Il aura les moyens de se défendre en quittant ses fonctions", a souligné l'entourage d'Emmanuel Macron, qui a salué son "travail très substantiel au service d'une réforme historique".

Le "Monsieur retraites" du gouvernement a reconnu avoir omis de déclarer sa fonction d'administrateur bénévole dans un institut de formation de l'assurance, l'Ifpass, et a rectifié ce week-end sa déclaration d'intérêts en déclarant 13 mandats, dont 11 bénévoles, soit dix de plus que dans la version initiale.

M. Delevoye a aussi cumulé sa fonction gouvernementale avec celle, rémunérée, de président de Parallaxe, un institut de réflexion sur l'éducation, cumul déclaré mais pas autorisé, ce qu'il dit avoir appris ensuite.
 

Un 14e mandat ? 


Un article de Marianne paru ce lundi 16 décembre pointe l'omission par Jean-Paul Delevoye d'un 14e mandat : celui de président du Conseil économique, social et environnemental (Cese). Une fonction qu'il aurait exercé du 16 octobre 2010 au 1er décembre 2015. Un mandat qui lui permettait de toucher 6.330,32 euros net par mois.

La HATVP souhaite que soient déclarées "les participations aux organes dirigeants d'un organisme public ou privé ou d'une société à la date de l'élection ou de la nomination et au cours des cinq dernières années précédant la date de la déclaration". Ainsi, le "Monsieur retraites" du gouvernement aurait dû déclarer ses revenus liés au Cese pour la fin de l'année 2014 et l'année 2015. 
 
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