Les Jeux Olympiques de Tokyo reportés en 2021 : la réaction des sportifs nordistes

Les sportifs nordistes qui se préparaient au JO de Tokyo 2020 réagissent à leur report.
Le président du CIO Thomas Bach
Le président du CIO Thomas Bach © Fabrice COFFRINI / AFP
La nouvelle que l’on voyait venir est tombée en tout début d’après-midi : les Jeux Olympiques qui devaient avoir lieu à Tokyo du 24 juillet au 9 août sont repoussés à l’année prochaine.

Le Comité International Olympique (CIO) a officiellement confirmé s'être mis d'accord avec les organisateurs japonais lors d'une réunion téléphonique entre son président, Thomas Bach, et le Premier ministre nippon, Shinzo Abe. Plusieurs sportifs de la région espéraient y participer. Nous avons recueillis quelques réactions…

En canoë-kayak, sport qui a besoin de l’exposition médiatique des JO, deux athlètes avaient décroché le quota nécessaire pour la sélection tricolore.
Le Boulonnais Maxime Beaumont, vice-champion olympique 2016 en K1 200m, avait toutes les chances de terminer sa carrière cet été au Japon. Il se disait donc « partagé » par cette décision du CIO. « J’ai encore du mal à réaliser. A chaud, je suis d’un côté content par rapport à la lutte engagée contre l’épidémie. C’était une mesure nécessaire. Sur le plan sportif aussi, je suis plus serein car tous les concurrents n’auraient pas eu une égalité de préparation cet été ».

"Frustrant"


"Mais il y a aussi un côté frustrant. Je suis un rameur vieillissant. (NDLR : 39 ans l’an prochain) Et Tokyo devait être ma dernière compétition internationale. Conserver mon niveau un an de plus ne sera pas évident. Cela me fait bizarre car en 29 années de carrière, c’est la première fois que je connais une saison blanche. Mais je reste très motivé et je n’ai pas envie d’arrêter sur une telle situation. J’ai maintenant 16 mois pour préparer au mieux cette dernière échéance olympique."
 


Actuellement confiné à Toulouse où il s’entraînait cet hiver, Maxime Beaumont compte maintenant rentrer à Boulogne-sur-Mer, vue l’absence d’ojectifs pour cette année. L’autre sélectionné probable, Adrien Bart, a accueilli la nouvelle avec soulagement. Le vice-champion du monde 2019, qui avait décroché le quota olympique en C1 1000m, affirme que "c’est ce qu’il y a de mieux à faire. Faire des efforts malgré le confinement, ce n’est rien par rapport au combat mené actuellement par les soignants. Le sport passe vraiment au second plan et pour moi, cela fait déjà plusieurs jours que c’était déjà passé au second plan."

"Même repousser les Jeux à l’automne n’aurait pas été une sage décision. Il n’y aurait pas eu de spectateurs. Tous les concurrents n’auraient pas connu les mêmes conditions de préparation. Personnellement, depuis l’instauration du confinement, j’ai vu ma forme chuter de façon spectaculaire."
Le céiste de Saint-Laurent-Blangy, actuellement confiné à Auxerre, accueille donc ce report avec philosophie. "Cela m’apaise beaucoup de savoir que je vais désormais me préparer pour 2021. Reste à savoir si les quotas acquis cette année resteront valables. Mais cela aujourd’hui, c’est secondaire."


"Soulagement"


Pour le nageur Marc-Antoine Olivier, actuellement confiné chez ses parents à Maresches (Nord), "c'est un soulagement". "Il faut qu'il y ait l'équité entre toutes les nations donc c'était la meilleure décision à prendre." Il annonce qu'il va relâcher un petit peu pour reprendre à fond après le confinement : « Je pense qu’on va prendre nos grandes vacances maintenant il va y avoir une sorte de relâchement, d’habitude on les prend fin aout après les grands rendez-vous, et on reprendra des que le confinement sera terminé  pour une saison pleine pour viser les JO de 2021 »

 
Les Jeux Olympiques de Tokyo reportés en 2021 : la réaction de Marc-Antoine Olivier

Chez les athlètes, plusieurs Nordistes pouvaient participer dans la principale discipline olympique. Le coureur de l’ASPTT Lille Pierre-Ambroise Bosse et l’espoir boulonnais Jimmy Gressier se préparaient justement à l’étranger pour décrocher leur sélection. En Afrique du Sud pour Bosse ; en Arizona pour Gressier. Tous deux envisagent maintenant de rentrer en France vues les menaces de confinement. Et comme il n’y a plus d’échéance…

Les autres espoirs de sélection reposaient sur les spécialistes des épreuves combinées, loin d’être qualifiés : l’Arrageoise Esther Turpin et les Lillois Basile Rolnin, Gaël Quérin et Romain Martin, qui espéraient accompagner Kevin Mayer à Tokyo.

Romain Martin, actuellement confiné en métropole lilloise, est affirmatif. "Ce report est une bonne chose. La santé prime sur le sport. C’est mieux que les Jeux soient décalés d’un an. Notre entraînement passe au second plan."


"Je suis très motivé pour repartir une saison"
 

Les décathloniens de l’ASPTT Lille se préparaient au CREPS de Wattignies en vue de se qualifier selon un processus compliqué. «  Il nous fallait bien se placer au ranking mondial en disputant deux décathlons. Avec le confinement, pas en cours dans tous les pays, nous étions désavantagés au niveau de l’entraînement. Et puis, les compétitions sont annulées. Même en repoussant les Jeux à l’automne, la qualification aurait été compliquée. De plus, quelle sera la situation sanitaire dans six mois ? »

Si ce report à un an satisfait Romain Martin, le Manceau de souche se pose quand même une question pour 2021. Agé de 31 ans, il sera encore compétitif l’an prochain. Mais à quelles conditions ? "Je parle là de l’aspect financier. Le décathlon et ses dix disciplines, c’est un entraînement à plein temps. J’ai plusieurs partenaires locaux qui me soutiennent. Mais après une saison blanche comme celle qui se profile, me suivront-ils encore une année ? Je l’espère car après ce report, je suis très motivé pour repartir une saison."

La même question risque de se poser pour les nageurs : le Denaisien Marc-Antoine Olivier, déjà qualifié. Mais aussi la jeune Béthunoise Cyrielle Duhamel, la Roubaisienne Fantine Lesaffre, la Lilloise Marie Watel et l’Andrésienne Pauline Mahieu, qui attendaient les championnats de France, reportés en juin, pour réussir les minima.

Les autres sélectionnés potentiels figurent surtout dans les sports collectifs déjà qualifiés pour Tokyo : le basketteur arrageois Nando De Colo,  le volleyeur dunkerquois Barthélémy Chinenyeze, voire le footballeur lillois Jonathan Ikoné.

Sans oublier le cavalier douaisien Nicolas Delmotte ; et les tennismen Kristina Mladenovic, Pauline Parmentier et Lucas Pouille, qui se vont se voir dès cette année confrontés à un calendrier bouleversé avec le report des Internationaux de France à Roland-Garros.

 

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