REPLAY. Tous prêts pour la dictée : revoir l'émission et la correction de la dictée

Regardez le 3e édition de la plus grande dictée de France, animée par Mélanie Taravant et Alex Goude et retrouvez la correction en ligne. 

"Tous prêts pour la dictée !" est présenté par Mélanie Taravant et Alex Goude
"Tous prêts pour la dictée !" est présenté par Mélanie Taravant et Alex Goude © France TV

#TousPrêtsPourLaDictée 2021 : retrouvez la dictée et sa correction sur la plateforme France.tv 

Besoin de revoir la correction de la plus grande dictée de France ?

Le corrigé de la dictée 2021 de Jules Verne : https://www.lumni.fr/video/le-corrige-de-la-dictee-2021-de-jules-verne

Retrouvez le dossier complet sur Lumni avec toutes les explications :  https://www.lumni.fr/dossier/tous-prets-pour-la-dictee

 

"Tous prêts pour la dictée !"
"Tous prêts pour la dictée !" © France TV

 

Les Français addicts à la dictée, mais depuis quand ?

Photo datée du 28 septembre 1957, en France, d'une classe primaire de petites filles faisant une dictée.
Photo datée du 28 septembre 1957, en France, d'une classe primaire de petites filles faisant une dictée. © INTERCONTINENTALE / AFP

La dictée est sans conteste un exercice d’apprentissage du Français incontournable à l’école. Tout le monde en a fait des dizaines au cours de sa scolarité ; certains en gardent un souvenir amer, d’autres y voient une pratique indispensable. Mais depuis quand la dictée est-elle pratiquée ?

L’orthographe est réellement née avec la création de l’Académie française en 1634, voulue par Louis XIII, pour homogénéiser l'écriture. Dès lors, la publication de dictionnaires s’est fortement développée, contribuant à ancrer l’orthographe dans tout le pays. La dictée, quant à elle, verra le jour 200 ans plus tard, sous Napoléon III. 

La faute d'orthographe, une "invention" du XIXe siècle 

En plus d’être un exercice purement scolaire, à l’époque, la dictée est aussi un jeu et l'un des passe-temps les plus prisés dans les hautes sphères de la société du Second Empire. En 1857, l'impératrice Eugénie demande à l’écrivain Prosper Mérimée d’imaginer une dictée d’une difficulté inédite, afin d’amuser sa cour. Selon la légende, l’empereur Napoléon III a fait 75 fautes et son épouse Eugénie 62, soit une faute un mot sur deux ! Alexandre Dumas fils, en aurait commis 24, et l’ambassadeur d'Autriche, le prince de Metternich, seulement 3.

L'histoire de la dictée de Mérimée

La dictée de Mérimée ©France3 Hauts-de-France


Une passion française depuis des générations

Dès le Second Empire, la dictée devient une épreuve éliminatoire (5 fautes et c’est un zéro pointé !) des concours d’entrée à l’école normale, au brevet simple et au brevet supérieur. A cette époque, l'exercice d'orthographe permet aux élèves de maîtriser les subtilités de la langue, mais aussi d'unir tout le pays. 

Sans surprise, les lois Jules Ferry, en 1882, renforcent la place de la dictée dans l’enseignement. Dès la première publication du Dictionnaire de pédagogie de Ferdinand Buisson (1882), la dictée est présentée comme l'exercice qui doit tenir "le premier rang dans nos écoles". Au rythme des colonisations, l’usage de la dictée se répand dans tous les pays francophones, alors qu’elle n’est pas du tout pratiquée dans les pays anglophones. 

Jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale, les dictées sont la plupart du temps des textes composés de phrases types, de proverbes, de listes de vocabulaires, etc. ou bien tout simplement des leçons de géographie, de sciences, d’instruction civique ou de morale.

Dans les années 1980, la dictée redevient un jeu à la mode, grâce au journaliste et écrivain Bernard Pivot qui organise les "Dicos d'or", entre 1985 et 2005, des championnats d'orthographe dans de nombreux  pays francophones. 

On passait le certificat d'études et si vous faisiez cinq fautes à la dictée, vous étiez éliminé, même si vous étiez très bon en mathématiques ou en histoire-géographie, donc c'était excessif, bien entendu. 

Bernard Pivot

 


Un passe-temps ludique pour les adultes, une expérience anxiogène pour les enfants

Laure de Chantal et Xavier Mauduit, dans leur ouvrage "La dictée, une histoire française" (2016, Stock), sont évocateurs : "Le coeur qui bat, la gorge qui se serre, dédain feint ou sincère, nous avons tous une histoire d’amour, parfois malheureuse, avec la dictée. La dictée c’est la femme fatale, avant l’heure, de la cour de récré : elle ne nous passe rien et nous lui permettons tout."

Toujours plébiscitée par les enseignants (et les parents), la dictée est souvent une épreuve douloureuse pour les écoliers Français. Qui ne se souvient pas de son appréhension au moment de relever les fautes d’orthographe après une dictée ? Et combien de zéros, voire de notes négatives, ont été attribués à des copies où le rouge de la correction envahissait la page calligraphiée d’une main crispée sur la plume ou le stylo bille ? 

Les compétences des élèves en orthographe ont-elles réellement baissé depuis trente ans ?

En 1989, une étude portant sur les mêmes textes de dictée démontre que le niveau des élèves en orthographe, grammaire et conjugaison a progressé tout au long du XXe siècle. Mais ce niveau commence à baisser en 2005, et cela est confirmé en 2015 par des études similaires. Entre 1987 et 2005 les résultats des études révèlent une chute importante du niveau en orthographe des élèves âgés de 10 à 16 ans, qui passent de 8 fautes à 15 en moyenne sur un même texte dicté. 

Depuis 2017, le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, préconise une dictée quotidienne d’une durée de 10 à 15 minutes en primaire, dès le CP, en plus des exercices d'écritures classiques et de l'étude de cinq à dix livres chaque année scolaire. Pour lui, la dictée est un outil incontournable pour redresser le niveau des élèves en orthographe. 

Pourtant, pour certains enseignants, la dictée est plus un exercice d’évaluation que d’acquisition. Ils considèrent que l’apprentissage de l’orthographe devrait se faire par la recherche, comme quand on résout des problèmes de mathématiques, et non pas via la dictée. 

Le Pédagogue Philippe Meirieu voit dans l’injonction à la dictée quotidienne une pratique nostalgique, qui en fait une "souffrance banale", qui va à l’encontre de "l’expérience fondatrice de l’écriture comme libération". 

Il y a mille et une manières de faire des dictées. En les préparant ou sans les préparer, en les corrigeant collectivement ou individuellement, sur des textes courts ou longs, techniques ou littéraires, empruntés au patrimoine ou écrits par les élèves eux-mêmes… 

Philippe Meirieu

Gageons que la dictée du 24 mai, organisée par France 3, réunira adultes, enfants et adolescents, pour une expérience totalement ludique, comme au XIXe siècle.

 

#TousPrêtsPourLaDictée

Regardez  « Tous prêts pour la dictée ! », présentée par Mélanie Taravant et Alex Goude

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