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Les migrants privés de piscine à Calais : les associations saisissent le défenseur des droits

L'intérieur de la piscine Iceo à Calais. / © Page Facebook Iceo
L'intérieur de la piscine Iceo à Calais. / © Page Facebook Iceo

Dix-neuf associations ont dénoncé une mesure "discriminatoire" de la communauté d'agglomération du Calaisis visant selon eux à restreindre l'accès des migrants à une piscine de Calais et saisi le Défenseur des droits.

Par AFP

Depuis le 23 novembre, les personnes souhaitant profiter de la piscine Icéo à Calais doivent présenter une carte délivrée sur présentation d'une pièce d'identité et d'un justificatif de domicile. La modification des conditions d'accès est une "infraction caractérisée de discrimination mettant à l'écart une population qui est déjà très stigmatisée", a affirmé à l'AFP Claire Rodier, directrice du Groupe de soutien aux immigrés (Gisti) à l'origine de cette initiative.

"Ces exigences nouvelles affecteront les sans-domicile fixe, mais (...) la discrimination sociale est une conséquence secondaire (...) de la discrimination +raciale+", écrivent ces associations, dont Amnesty international, Emmaüs France ou encore la Ligue des droits de l'Homme, dans une lettre adressée au procureur de Boulogne-sur-Mer et au Défenseur des droits, qui en a confirmé la réception mercredi. "Nous vous remercions d'apprécier la légalité d'une mesure manifestement discriminatoire, clairement contraire à la loi", ajoutent les signataires.


"Mesure de sécurité"

La présidente de la communauté d'agglomération du Calaisis et maire de Calais, Natacha Bouchart, a justifié auprès de l'AFP cette "mesure de sécurité dans le cadre de l'état d'urgence face à des personnes dont on ne connaît pas l'identité". Selon elle, la saisine du Défenseur des droits est "injuste": "ces organismes mélangent tout, ils feraient mieux de continuer à faire de l'humanitaire plutôt que de la politique", a-t-elle affirmé. Amnesty International, à l'appui de sa démonstration écrit sur son site internet : "Ces nouvelles restrictions d’accès s’appliquent d’ailleurs exclusivement à la piscine Icéo, où viennent se baigner quelques étrangers de la « jungle ». Elles ne concernent pas d’autres équipements similaires, comme la piscine Ranson, où ces étrangers ne se rendent pas."

Le 18 novembre dernier, Natacha Bouchart avait expliqué à La Voix du Nord : "Une dizaine" d’exilés par jour fréquentent l’établissement. La majorité d’entre eux utilisent la piscine pour se baigner normalement, mais certains viennent pour se doucher et se raser. Il y a des cas de comportements obscènes de la part d’hommes qui se retrouvent face à des jeunes filles en maillot de bain. Mais aucun geste inapproprié n’a été signalé autre que des regards appuyés ".

Baisse de la fréquentation

Cette présence de migrants aurait eu pour conséquence, toujours selon la maire une baisse de la fréquentation de -47% pour la première semaine des vacances de la Toussaint. "Soit 3 580 entrées de moins et une baisse des recettes de 40 %. Cela représente 8 259 €’’ Un syndicaliste Sud, Youri Marbaise, avait alors répondu que, "la baisse de la fréquentation ne pouvait pas être imputée aux migrants seuls. Elle s’explique aussi par l’application des nouveaux horaires et la hausse des tarifs depuis la rentrée. »

La piscine Icéo à Calais est située à une vingtaine de minutes à pied du camp de la "Jungle" à Calais où environ 4.500 migrants, venant principalement d'Afrique de l'Est, du Moyen-Orient et d'Afghanistan, vivent dans des conditions très précaires.

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