Le LOSC, précurseur de l'arrivée de joueurs turcs en Ligue 1

Zeki Celik est un des deux joueurs turcs qui a intégré l'équipe lilloise ces deux dernières années. / © FREDERIK GILTAY - FRANCE 3 NORD PAS-DE-CALAIS
Zeki Celik est un des deux joueurs turcs qui a intégré l'équipe lilloise ces deux dernières années. / © FREDERIK GILTAY - FRANCE 3 NORD PAS-DE-CALAIS

Avec le recrutement du milieu offensif turc Yusuf Yazici cet été, le LOSC peut se targuer de compter deux joueurs turcs dans son effectif. Une première dans un championnat qui a longtemps fait l'impasse sur les joueurs de cette nationalité. 

Par NJ avec AFP

Yusuf Yazici cet été et Zeki Celik l'année dernière, le LOSC se met aux couleurs de la Turquie avec ses deux récentes recrues.

Pourtant, pendant longtemps il n'y eut parmi les représentants des joueurs turcs que Mevlüt Erding, l'attaquant aux parents installés en France, auteur de 92 buts en Ligue 1. Après avoir commencé sa carrière au FC Sochaux-Montbéliard, il a été présent sur plus d'une décennie dans le paysage footballistique français. 

Aujourd'hui, ils sont quatre internationaux installés dans l'Hexagone et aucun d'entre eux n'a de racines françaises. Car c'est bien dans la "Süper Lig" turque que plusieurs clubs dont le LOSC sont allés prospecter. 

Lille, vice-champion de France, a lancé la mode avec l'arrière droit Zeki Celik, devenu depuis indiscutable en sélection turque. 

L'ancien joueur d'Istanbulspor, 22 ans, a donné une telle satisfaction à son entraîneur Christophe Galtier que le LOSC a fait tapis cet été pour attirer un autre international, le milieu offensif Yusuf Yazici, 22 ans. 

Avec 16,5 millions d'euros payés à Trabzonsport, il est l'une des recrues les plus chères du club nordiste, derrière le milieu portugais Renato Sanches, recruté pour 20 millions d'euros.

"Plus armés que nos jeunes"

 

Christophe Galtier se dit séduit par leur capacité à gérer "les matches à haute tension" malgré leur jeunesse. 

"Ils ont l'habitude de jouer dans des atmosphères chaudes voire hostiles, des derbies avec beaucoup de pression. Ils peuvent être plus armés que nos jeunes joueurs sur cet aspect-là, c'est précieux", analyse-t-il. "De plus, les jeunes sont exposés très rapidement médiatiquement car le football est très suivi en Turquie".

Au Havre, club de Ligue 2 qui tend aussi les bras aux recrues turques avec l'arrivée de Umut Meras et Ertugrul Ersoy, Pierre Wantiez s'accorde sur leur sang froid : "Ils sont habitués à disputer des matches dans des contextes très tendus [...] Puisqu'en Ligue 2, il faut aller au combat, on a estimé qu'ils seraient un réel renfort". 
 

La France, eldorado rêvé pour les joueurs turcs ? Pas si simple...


"Ils doivent prendre la mesure de notre championnat qui est beaucoup plus dur athlétiquement et plus homogène. On a l'image des derbies turcs où il y a beaucoup plus d'intensité, mais il y a un écart conséquent entre le haut, le milieu et le bas de tableau, ce qui n'est pas le cas en France", averti Christophe Galtier. 

En Turquie, on assure en tout cas que l'envol vers la France n'est pas un saut dans l'inconnu. "Même si le championnat français reste moins connu que les championnats allemand ou anglais, il est de plus en plus qualitatif et suivi en Turquie" souligne un responsable de la Fédération turque.

Et les paillettes du PSG du Paris Saint-Germain "made in Qatar" ne laissent pas insensibles de part et d'autre du Bosphore. "Nous avons de très bons jeunes et, pour les clubs européens, la Turquie est devenue un vivier où ils peuvent faire de bonnes affaires", poursuit-il sous couvert d'anonymat. 
 

L'effondrement de la livre turque oblige les clubs à laisser partir leurs talents


D'autant plus que les clubs locaux, fragilisés par l'effondrement de la livre turque depuis trois ans et qui ont dépensé sans compter ces dernières années pour attirer des stars européennes sur le déclin, doivent souvent se séparer de leurs prodiges pour échapper aux sanctions liées au fair-play financier. 
 


Le dirigeant préfère se satisfaire de cette fuite des talents : "Pour nous, ces joueurs sont des ambassadeurs qui permettent à tout le monde de voir la qualité de notre football". 

Des ambassadeurs de "caractère, qui travaillent beaucoup et sont dans le respect des règles" abonde l'entraîneur du LOSC. "Ils veulent réussir à l'extérieur de chez eux car ils sont fiers. Et ils s'en donnent les moyens".

 

Une polémique autour de la célébration turque du but contre l'Albanie

Un responsable de l'UEFA a fait savoir que la confédération européenne de football
allait "examiner" la célébration des joueurs de l'équipe de Turquie le 11 octobre dernier, qui ont fêté avec un salut militaire leur but contre l'Albanie.

Une célébration qui pourrait être interprétée comme politique étant donnée que l'armée turque a lancé une offensive contre des positions kurdes dans le nord de la Syrie deux jours auparavant. 

Philip Townsend, chef de presse de l'UEFA dit ne pas avoir vu ce geste mais estime qu'il " pourrait être assimilé à une provocation". "Est-ce que le règlement interdit les références à la politique et à la religion ? Oui, et je peux vous garantir que nous allons examiner cette situation".

Ce salut a été effectué après le but victorieux de Cenk Tosun vendredi contre l'Albanie en éliminatoires pour l'Euro-2020 (1-0).

Après le match, une photo a également été postée sur le compte Twitter officiel de l'équipe nationale. Les joueurs y font un salut militaire et le tweet indique que les joueurs "ont dédié leur victoire à nos valeureux soldats ainsi qu'à nos militaires et concitoyens tombés en martyrs".

Yusuf Azici a lui aussi partagé plusieurs photos sur son compte Twitter dont une photo où on le voit faire le salut militaire. 
    
En Turquie, il est courant que les célébrités, footballeurs compris, affichent leur soutien envers les forces de sécurité après des attentats ou pendant des opérations militaires.

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