La maire d'Amsterdam réfléchit sérieusement à interdire les coffee shop aux touristes

Une rue d'Amsterdam. / © NATHALIE MAGNIEZ / AFP
Une rue d'Amsterdam. / © NATHALIE MAGNIEZ / AFP

La capitale néerlandaise compte près de 160 de ces établissements où la vente et la consommation de cannabis est permise.

Par Quentin Vasseur

Et si Amsterdam fermait ses coffee shops aux touristes étrangers ? Sa maire écologiste Femke Halcena réfléchit sérieusement à se couper de cette manne financière (la capitale en comptait 168 en 2018), au point d'avoir commandé une enquête sur l'impact qu'aurait cette décision.

Ses résultats sont édifiants : 34% des touristes interrogés assurent qu'ils se rendraient moins souvent dans la capitale néerlandaise et 11% qu'ils n'y viendraient plus du tout.

De quoi dissuader l'édile amstellodamoise ? Bien au contraire, car cette interdiction a justement pour but de réduire le tourisme de masse.

 

Pourquoi faire fuir les touristes Amsterdam ?


Amsterdam voit chaque année défiler 17 millions de touristes (dont 5% de Français), c'est beaucoup pour une ville qui compte un million d'habitants. D'autant plus que les consommateurs de passage ne s'intéressent pas toujours au patrimoine local et ne contribuent pas forcément au reste de l'économie locale.
 

La mairie a déjà commencé à agir : à partir du 1er avril, les visites groupées seront d'ailleurs interdites dans le quartier rouge d'Amsterdam, "De Wallen", où la prostitution est légale et les coffee shops nombreux.

Car l'afflux de touristes a aussi un impact néfaste : "En plus des émissions de CO2, le nombre croissant de touristes mène à plus de consommation, de déchets de nourritures et de pollution", indique un document officiel de l'Office de tourisme, cité par le Guardian (article en anglais).

 

Des précédents ailleurs aux Pays-Bas


En 2011, le gouvernement néerlandais avait déjà envisagé d'interdire l'accès aux étrangers dans les coffee shops, pour "s'attaquer aux nuisances et à la criminalité associés à ces établissements" et limiter le "tourisme cannabique". Le projet de loi avait finalement été abandonné, mais une autre a permis en 2012 à chaque ville de légiférer à sa guise. Amsterdam ne s'y était pas intéressé à l'époque, mais ça pourrait désormais changer.

Les villes du sud particulièrement touchées par le "tourisme de la drogue" ont déjà sauté le pas dès l'arrivée de cette loi : toute la Zélande mais aussi des villes comme Maastricht ou Breda réservent leurs coffee shops aux seuls résidents munis d'une carte spéciale (la wietpass).

L'autre exemple parlant est celui de La Haye, 3e ville du pays avec 521 000 habitants (et 36 coffee shops), qui est devenue en avril 2018 la première ville à bannir le cannabis dans son centre-ville, de sa gare centrale et de son quartier commerçant.

Le porte-parole de la maire (centre droit), Pauline Krikke, évoque de "nombreuses plaintes" des habitants à propos du bruit et de l'odeur de la consommation de cannabis dans certains secteurs. Selon lui, il a également été prouvé que "l'usage de drogues douces a un impact négatif sur l'entourage des habitants et des touristes

À Amsterdam, l'usage de cannabis est déjà interdit à proximité des écoles et des jardins d'enfants.
 

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