Migrants : Xavier Bertrand pour la tenue d'un "conseil interministériel" à Calais

Le président Les Républicains de la région Nord Pas-de-Calais-Picardie, Xavier Bertrand, a demandé lundi au gouvernement d'organiser prochainement un "conseil interministériel" à Calais pour se rendre compte "de la souffrance" endurée par la population face à la pression migratoire.

Xavier Bertrand, accompagné de Natacha Bouchart, est allé à la rencontre des salariés du port de Calais.
Xavier Bertrand, accompagné de Natacha Bouchart, est allé à la rencontre des salariés du port de Calais. © DENIS CHARLET / AFP
"Il faut la tenue d'un conseil ministériel ou interministériel pour se rendre compte de la souffrance et de tout ce qui se passe à Calais", a déclaré M. Bertrand, lors d'une conférence de presse devant le terminal voyageurs du port aux côtés de la maire de la ville Natacha Bouchart (LR) et du président du port Jean-Marc Puissesseau.

Il a également invité le président de la République à "venir sur place, pas pour qu'on aille lui expliquer, pour qu'il se rende compte, qu'il entende les responsables économiques, qu'il entende la population de Calais", qui vit un "drame terrible sur tous les plans : humanitaire, économique et social".
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Migrants : Xavier Bertrand pour la tenue d'un "conseil interministériel" à Calais

Toutefois, il s'est dit conscient que le problème trouverait une résolution "au niveau européen" et a également souhaité la tenue d'un conseil européen à Calais, estimant que "les problèmes de l'Europe ne se règlent pas à 100 kilomètres". Selon lui, une solution ne pourra être trouvée aussi que "si les Anglais prennent leur part de responsabilité", jugeant que les accords de 2003 du Touquet (instituant la frontière avec la Grande-Bretagne à Calais, ndlr) étaient "obsolètes et dépassés".

Réponse judiciaire plus forte

M. Bertrand s'est également déclaré partisan d'une réponse judiciaire plus forte à l'égard des incidents récurrents que connaît cette ville de 72.000 habitants, aux abords de laquelle se situe un bidonville où quelque 4.000 migrants survivent dans des conditions très précaires.

"Tant qu'il n'y aura pas de peines beaucoup plus lourdes, il n'y aura pas d'aspect dissuasif", a-t-il expliqué, réitérant sa volonté de voir l'armée effectuer "de la dissuasion et de la prévention" autour du camp de la "Jungle".

Samedi, après un défilé pro-migrants de 2.000 manifestants, 350 personnes, selon un communiqué du ministère de l'Intérieur, s'étaient introduites dans l'enceinte du port. Après avoir forcé un barrage, une cinquantaine avait pu s'infiltrer pour monter à bord d'un ferry avant d'être délogé par les forces de l'ordre quelques heures plus tard.

M. Cazeneuve a dit dimanche la "détermination totale du gouvernement à assurer l'ordre public à Calais", après cet événement exceptionnel qui a débouché sur quinze gardes à vue. Huit de ces manifestants, six migrants et deux militants altermondialistes de l'association No Borders, sont jugés lundi
en comparution immédiate à Boulogne-sur-Mer.
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