Armentières : "Le pire ce serait un faux départ, un deuxième confinement" pour la directrice générale de Beck Industries

Karine Charbonnier est directrice générale de Beck Industries, leader mondial de la boulonnerie de sécurité. L'usine chinoise de l'entreprise d'Armentières a déjà repris le travail. Une manière pour la patronne, aussi vice-présidente (LR) à la région, d'envisager au mieux le déconfinement.
Karine Charbonnier est directrice générale de Beck-Industries et vice-présidente de la région Hauts-de-France (LR) en charge de la formation professionnelle.
Karine Charbonnier est directrice générale de Beck-Industries et vice-présidente de la région Hauts-de-France (LR) en charge de la formation professionnelle. © MAXPPP (2015)
L'après-confinement, Karine Charbonnier peut en parler ; elle l'a déjà vécu. Son entreprise, Beck Industries, dans le Nord, a une société sœur en Chine qui a repris le travail il y a un mois et demi. Et elle met en garde. "J'ai pu observer comment l'épidémie avance, comment elle passe et comment se gère le retour de l'activité, explique la directrice générale de Beck-Industries. Et je peux vous certifier qu'il ne faut pas sous-estimer la somme de travail que ça représente. C'est une grosse préparation. En France, on a maintenant une date : le 11 mai. Et c'est maintenant qu'il faut travailler sur le plan de continuité de l'activité. C'est du long terme."
 
Beck Industries - 250 salariés dans l'usine d'Armentières - est devenu l'an passé le leader mondial de la boulonnerie de sécurité après sa fusion avec l'anglais Cooper & Turner. La nouvelle entité a une quinzaine d'unités industrielles à travers le monde, dont celle justement qui est située près de Shanghai, spécialisée dans la visserie pour l'éolien. Le site nordiste, lui, est plus tourné vers le nucléaire. 
 

Beck Industries s'inspire de son usine chinoise pour envisager le déconfinement

 
"Sur notre usine en Chine, une très longue période de transition a été nécessaire, témoigne Karine Charbonnier. Notamment pour acheter les masques, les protections, les gels qui permettent aux salariés de retrouver des conditions de travail confortables et sécurisées. Car la Chine n'en a pas fini avec le Covid. Là bas, il y a encore des mesures d'hygiène strictes. Les contrôles routiers sont maintenus. L'activité n'a pas reprise à 100%. Il faudra du temps."

"Aucune entreprise en France ne sortira indemne de la crise. Mais le pire, ce serait un faux départ. Une mauvaise préparation. Ne pas prendre les bonnes mesures et affronter un deuxième confinement."

Karine Charbonnier, directrice générale de Beck Industries

 
Si l'usine d'Armentières continue de produire, la moitié de son personnel est en chômage partiel. "Aucune entreprise en france ne sortira indemne de la crise, assure Karine Charbonnier. Mais le pire, ce serait un faux départ. Une mauvaise préparation. Ne pas prendre les bonnes mesures et affronter un deuxième confinement."
 

5 000 dossiers d'aide aux entreprises en cours de traitement à la région


La patronne nordiste est investie dans la prise de mesures en tant que vice-présidente (LR) du Conseil régional des Hauts de France, en charge de la formation professionnelle. "Il y a forcément des 'trous dans la raquette', mais globalement, je suis épatée de voir comment les fonctionnaires et les acteurs du monde économique ont su mettre en place des mesures financières d'urgence. L'Etat, la Région, les chambres de commerce, les fédérations professionnelles ont réagi rapidement. Les services de la Région, par exemple, mettent en place un plan de soutien exceptionnel et un guichet unique pour permettre aux entrepreneurs de déposer des dossiers d'aide ; on vient d'en traiter 5000, alors qu'on en traite habituellement 1200 dans l'année."
 

"Dans mon entreprise, je sens bien que les gens qui n'ont pas travaillé depuis quatre semaines ont très envie de reprendre" 


Confiante, Karine Charbonnier, pour la sortie du confinement ? Un soupir et un blanc avant de répondre. "Le choc économique semble inévitable. Mais je suis convaincue qu'on s'en sortira si tout le monde se mobilise. Il faut se remettre au travail collectivement, sans s'enfermer dans des frayeurs collectives. Et moi je ne connais qu'un remède contre le stress... c'est l'action. Dans mon entreprise, je sens bien que les gens qui n'ont pas travaillé depuis quatre semaines ont très envie de reprendre. C'est bon signe."
 
La directrice générale de Beck Industries veut terminer l'entretien sur une note positive : "En Chine, Cooper & Turner, notre société-soeur, a réussi son redémarrage ; elle réalise en mars le meilleur mois de son histoire."


 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société