"Avec du travail, on pourrait sortir un nouvel album" : 30 cassettes inédites de Marvin Gaye découvertes en Belgique

Des démos enregistrées par le soulman Marvin Gaye en 1981, lors de son court séjour à Ostende en Belgique, ont été retrouvées par les propriétaires de la maison dans laquelle il résidait. Une soixantaine d'enregistrements inédits, dont l'avenir n'est pas encore tout tracé.

40 ans après sa mort, Marvin Gaye continue d'hypnotiser les amateurs de soul. Tué d'une balle de revolver tirée par son père la veille de son 45e anniversaire, le 1er avril 1984, Marvin Gaye a laissé derrière lui une œuvre soul considérée par beaucoup comme l'une des plus mythiques de sa catégorie. Avec 25 albums laissés à ses fans, dont le fameux What’s Going On, que par le magazine Rolling Stone a sacré meilleur album de tous les temps en 2015, Marvin Gaye a laissé un patrimoine dense, dont on pensait déjà tout connaître.

Mais bien des décennies après sa disparition, Marvin Gaye a encore surpris. Ce 1er avril, la BBC a révélé que plusieurs enregistrements du prince de la soul ont été découverts à Ostende, en Belgique. Non ce n'est pas un poisson d'avril, 30 cassettes disparues depuis 43 ans ont été retrouvées en parfait état dans la maison où a résidé le chanteur entre 1981 et 1982.

Un "laboratoire musical "

Pendant cette mise au vert en Belgique, Marvin Gaye a écrit son célèbre titre Sexual Healing, considéré comme l'un des plus grands tubes de tous les temps. C'est au cours de cette parenthèse belge, que l'auteur-compositeur aurait donc écrit et enregistré ces 13 heures d'audio qui sont "au même niveau que Sexual Healing", selon Alex Trappeniers, avocat de la famille Dumolin, qui avait accueilli la star pendant son séjour.

En quittant Ostende, Marvin Gaye avait fait don de toutes ses affaires aux propriétaires des lieux, la famille Dumolin, à qui il avait initialement promis d'acheter la maison, avant de se rétracter 18 mois plus tard pour retourner aux États-Unis. Il y a six ans, Mme Dumolin a finalement décidé de faire voir le jour à "son trésor", en contactant Me Trappeniers qui l'a expertisé.

Après des mois de documentation et d'écoute, l'avocat a finalement décidé de dévoiler l'histoire de ces 66 démos... "C'est un véritable laboratoire, on l'entend créer ses paroles, ses accords, ses harmonies. On peut l'entendre rire, crier, commenter. Certaines chansons sont même complètes." Une capsule temporelle, qui a permis à cette icône du R’n’B de ressusciter à travers ces essais musicaux, jusqu'ici oubliés.

C'est un véritable laboratoire, on l'entend créer ses paroles, ses accords, ses harmonies. On peut l'entendre rire, crier, commenter. Certaines chansons sont même complètes.

Alex Trappeniers, avocat

La question de la propriété intellectuelle

Le seul problème de cette belle histoire concerne les droits d'exploitation de ces morceaux. Selon le droit belge, après trente ans, tout bien revient officiellement à la personne qui le possède, excepté sa propriété intellectuelle. Ici ces cassettes reviennent donc à Mme Dumolin, mais celle-ci n'aura pas le droit de les publier sans l'accord des héritiers de Marvin Gaye.

"Je suis en contact avec ses héritiers qui sont plutôt d'accord avec nous sur l'avenir de ces chansons. Mais on ne sait pas encore ce qu'on va en faire", explique l'avocat. "Moi je crois qu'avec un peu de montage et de nettoyage des morceaux actuels, on pourrait sortir un nouvel album." Une 26e œuvre sur laquelle MeTrappeniers rêve de voir collaborer des artistes comme Mark Ronson, Dr Dre ou Jay-Z.

Moi je crois qu'avec un peu de montage et de nettoyage des morceaux actuels, on pourrait sortir un nouvel album.

Alex Trappeniers

Pour l'instant, les trois enfants de Marvin Gaye misent sur la discrétion, mais ces mystérieuses cassettes n'ont pas fini de faire parler d'elles.