Conflit à Emmaüs : les forces de l'ordre interviennent à la halte Saint Jean de St André-lez-Lille

Ce jeudi 23 novembre au matin, la police s'est rendue à Saint-André-lez-Lille pour convoquer plusieurs grévistes sans-papiers au commissariat. Depuis 146 jours, ils dénoncent leur conditions de travail et réclament la régularisation de leurs titres de séjour.

Jeudi 23 novembre au matin, un convoi de CRS est intervenu à la Halte Saint Jean de Saint-André-lez-Lille, où les compagnons grévistes sans-papiers d'Emmaüs entamaient leur 146e jour de mobilisation. "Ils ont été sortis de leur lit, ils dormaient quand les forces de l’ordre sont arrivées, explique Ioannis Kappopoulos, avocat des grévistes. Ce matin les portes du refuge étaient grandes ouvertes, les CRS ont chargé les manifestants, c’est une intimidation policière." Le 8 novembre dernier, le tribunal de Lille a demandé, dans une ordonnance, la libération et l'arrêt du blocage de la Halte Saint Jean.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent des policiers tenant des boucliers face aux grévistes. Toujours selon l'avocat, certains ont été violentés et des compagnons ont été transférés aux urgences. Les forces de l'ordre ont fait usage de fumigènes et la caisse de grève des compagnons aurait disparu. "Les grévistes ne vont pas bouger d’un millimètre et ils ont raison", affirme Ioannis Kappopoulos. Plusieurs compagnons ont été convoqués au commissariat, lundi 27 novembre prochain.

En grève depuis le 3 juillet

Dans un communiqué, la CGT condamne "fermement ce déchaînement de violence, tout aussi gratuit que contre-productif", et exige "la restitution immédiate du matériel syndical et de la caisse de grève, la tenue urgente d'une table ronde, en présence du ministère de l'Intérieur, de la préfecture du Nord, de la direction d'Emmaüs France et des structures de la CGT concernées."

En juin 2023, la communauté Emmaüs de la Halte Saint Jean, a été perquisitionnée, suite à des accusations de traite humaine et de travail dissimulé. Depuis le 3 juillet 2023, une vingtaine de compagnons du refuge Emmaüs sont en grève. Ils dénoncent notamment leurs conditions de travail et la non-obtention de papiers, après plus de trois ans passés au sein de la structure en tant que bénévoles.