Pendant le confinement, la communauté d’agglomération de Douai prend en charge les loyers des commerçants

Alors que la majorité des commerces doivent fermer pendant le confinement, la communauté d'agglomération de Douai a décidé de payer leurs loyers. Qu'ils soient fleuristes, coiffeurs ou encore restautateurs, cette mesure est un soulagement pour les commerçants concernés.

Depuis l’entrée en vigueur du second confinement, tous les regards sont portés vers les commerçants. Certains déploient le système D pour faire face à la crise en mettant en place du click and collect, d’autres se lancent dans des livraisons et des démonstrations de produits en visio sur les réseaux sociaux, une petite poignée d’entre eux font de la résistance… mais tous ont en commun de subir la crise de plein fouet. 

Pour les soulager, le gouvernement met en place des aides financières, prend en charge le chômage partiel et incite les français à acheter dans les commerces de proximité. La communauté d’agglomération du Douaisis (CAD) a décidé d’aller encore plus loin en prenant en charge les loyers des commerçants et des artisans pendant toute cette période de confinement. 

Agir avant qu’il ne soit trop tard

La CAD compte 35 communes, 150 000 habitants, un des quatre centres nationaux du géant Amazon… et près de 600 commerçants indépendants. Du fleuriste au libraire en passant par le coiffeur, le restaurateur ou le toiletteur pour chiens, tous les commerçants sont concernés par cette mesure. Quelques critères sont à respecter : 
  • être locataire de son local commercial depuis deux mois minimum
  • avoir entre 1 et 10 salariés maximum
Et c’est à peu près tout. "Tous les loyers seront pris en charge : tous ceux qui doivent être en fermeture administrative mais aussi tous ceux qui peuvent quand même maintenir une activité comme le click and collect, affirme Christian Poiret, président de la CAD. Il prend l’exemple d’un bar-tabac. Le bar est fermé, le bureau de tabac lui fonctionne, on prend en charge le loyer."

"L’état a fait une partie du chemin mais aujourd'hui, on veut que nos commerces survivent de la crise. Le 1er du mois, quand ils ne savent pas comment ils vont payer leurs loyers, c’est un problème."

Christian Poiret, président de la CAD

Coût estimé de la mesure : environ 500 000 euros pour le seul mois de novembre. "On vient les aider en prenant en charge la totalité du loyer pendant le temps du confinement. Si ça dure un mois, deux mois malheureusement… on sera là à leurs côtés."

Un coût conséquent pour l’agglomération, qui estime que c’est maintenant qu’il faut agir, sinon il sera trop tard. "C’est une enveloppe pour faire rayonner le territoire demain, pour garder nos commerçants. Ce n’est pas lorsque le territoire n’aura plus ses commerçants et qu’il n’y aura plus moyen de vivre qu’il faudra s’inquiéter et qu’il faudra pleurer. Je veux sauver le commerce de l’agglomération."

Des loyers de 400 à 8000 euros

Depuis le début de la semaine, 160 dossiers ont déjà été envoyés à la CAD, "soit un coût global de 200 000 euros environ" indique son président. Pour l’heure, les loyers concernés vont de 400 à 8000 euros. 
Caroline Mackowiak n’a pas attendue très longtemps. "J’ai envoyé mon dossier dès l’annonce", explique la gérante du salon de toilettage le Dalmatien, situé en plein centre de Douai, et contraint à la fermeture depuis le 30 octobre. "Je loue mon local 400 euros à un bailleur privé. Lors du premier confinement, j’ai directement négocié avec lui et il a eu un geste de solidarité en effaçant un mois de loyer", raconte-t-elle. Mais impossible de reproduire le même schéma cette fois-ci.

"Cette aide va me permettre de mettre la tête hors de l’eau. Vous savez, les charges sont fixes et payer un loyer alors qu’on n’a pas le droit de travailler ni de se rendre dans les locaux, c’est difficile."

Caroline Mackowiak, gérante du salon de toilettage le Dalmatien

"C’est un soucis de moins et c’est un super geste pour les commerçants", se réjouit  Sabine Degraci, fleuriste à Douai. Son loyer de 2050 euros va être pris en charge par l’agglomération à 100% et lui permettra de renflouer sa trésorerie qui fond jour après jour, alors que le click and collect ne lui rapporte que 10% de son chiffre d’affaires habituel.

Soulagement pour les commerçants, incompréhension pour les associations

Un soulagement que partagent tous les commerçants que nous avons contacté, à l’image de Mathilde Baldoni, co-gérante du Noobi’s, un restaurant de burgers à Douai. Le loyer représente 800 euros. "J’allais justement essayer de m’arranger avec le propriétaire, alors qu’on doit encore régler certains loyers du dernier confinement qu’on a échelonné. C’est une véritable bouffée d’air frais."
Seule ombre au tableau, la colère de certaines associations qui jugent discriminatoires le fait de ne pas pouvoir bénéficier de cette aide précieuse. Depuis trois ans, Philippe Theret préside la baraque aux arts, une association qui a pignon sur rue en plein coeur de Douai. Il loue un local de 120 mètres carrés où des livres d’occasion côtoient des oeuvres d’art. "Notre loyer s’élève à 1048 euros. On a pu payer le loyer du mois de novembre mais on a pas les moyens de payer le loyer du mois de décembre parce que l’association fonctionne grâce à la vente de livres, explique le président de l’association. On a fait un dossier qu’on a déposé en mairie mais on a aucune nouvelle… on ne comprend pas."L’agglomération explique qu’il était nécessaire de fixer un cadre pour verser ces loyers. "Si on inclue les associations, on n’a plus de limites, rapporte Christian Poiret, président de l’agglomération du Douaisis. Pour exemple, j’ai eu une demande de prise en charge du loyer d’un club de foot parce que la buvette ne fonctionnait plus. L’état ne fait pas de chômage partiel dans le monde associatif. Il fallait qu’on fixe des règles."
 
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