Lauwin-Planque : plongée au sein du site d'Amazon avant les fêtes

Les petites mains du Père Noël s'affairent au sein du géant de la distribution. Les préparateurs traitent deux fois plus de commandes que d'habitude en cette période. Reportage au cœur du site de Lauwin-Planque.

Les milliers de véhicules garés à l’entrée du site donnent le ton. Le site d’Amazon de Lauwin-Planque près de Douai est une véritable plaque tournante en cette période de fêtes.

En plus des 2600 personnes qui travaillent en CDI sur la plateforme, 1700 ont été recrutés pour cette période spéciale.

Une fois passé l’accueil, quatre ballons gonflés en forme de lettre donnent le ton à tout le personnel : « PEAK » ce qui signifie pic en anglais.

En effet, ce sont près de 400 000 articles qui sont expédiés de Lauwin-Planque chaque jour. La visite commence par l’espace où sont stockés les produits. La vue est indescriptible. Un mélange entre une caverne d’Ali Baba et une bibliothèque, le tout sur plusieurs étages. Des armoires de rangement à perte de vue, un décor digne du film Matrix.

Une boîte de protéines côtoie une poupée dans un box

Chaque espace est doté d’un chiffre et d’un QR code permettant de stocker soigneusement les objets. Les chiffres donnent le vertige, près de vingt millions d’articles sont stockés ici. Les objets sont mis en vente par des particuliers, des entreprises locales out tout simplement par Amazon.

Image saisissante : une boîte de protéine pour sportifs côtoie une poupée et un casque audio. Tout, absolument tout peut être commandé sur Amazon, y compris de la nourriture, mais pas de produits frais. En cette période, les jouets sont plus commandés que d’habitude. Pour éviter tout engorgement dans les allées, ils ne sont donc pas rangés au même endroit mais répartis aléatoirement grâce à un algorithme.

Le site dessert la France, la Belgique et l'Allemagne

Ces produits sont récupérés par des préparateurs de commande avant de rejoindre les expéditions. L’un d’entre eux est ému en manipulant ces objets « qui finiront sans doute sous un sapin ! Cela peut être à l’autre bout de l’Europe ou chez mon voisin ! » Dans les faits, « les produits entreposés ici desservent des clients sur toute la France, en Belgique et aussi en Allemagne » déclare Jean Porcher, le directeur du site.

"une activité jusqu'à deux fois plus importante qu'en plein été"

Jean Porcher, directeur du site

« En ce mois de décembre, l’activité est jusqu’à deux fois plus importante qu’en plein été par exemple, même en juillet-août ce sont d’autres produits qui sont commandés. Pour faire face à ce pic, nous commençons à recruter dès le mois de septembre. Pour anticiper au mieux nos besoins, nous nous basons sur des volumes prévisionnels, des tendances évaluées sur toute l’Europe grâce, notamment, à de l’intelligence artificielle.»

la chorégraphie des salariés empaqueteurs 

Dans une autre partie du bâtiment, les objets récupérés par les préparateurs de commande sont triés puis empaquetés dans une chorégraphie d’une précision folle. Pour chaque article, un algorithme définit le type et la forme d’emballage à utiliser. La personne s’en saisit et empaquette l’article en pliant son enveloppe cartonnée avec une facilité incroyable.

"une fois qu'on connaît le travail, ça se fait tout seul"

une salariée d'Amazon

Se pose automatiquement la question des cadences, de la pénibilité de ce genre de travail. Une salariée répond : « Il y a un suivi, nous savons ce que nous avons à faire, nous sommes préparés et une fois qu’on connait le travail ça se fait tout seul. » Reste désormais la dernière étape, l’article emballé et étiqueté d’un code barre rejoint la salle d’expédition, un système de tapis roulant « intelligent » déverse les colis et enveloppe dans des bacs différents. Chacun correspond à une zone d’expédition. C’est ainsi que fonctionne l’entrepôt de Lauwin-Planque pratiquement vingt-quatre heure sur vingt-quatre et sept jours sur sept.

Il fait partie des sept sites du géant Amazon en France. Pour les salariés, le pic d’activité ne s’arrêtera pas à Noël mais début janvier, date à laquelle le nombre de commandes diminue.