En visite dans un Dunkerque barricadé, Emmanuel Macron annonce la création de 20.000 emplois industriels d'ici 2030

Dans une cité corsaire aux allures de bunker, le chef de l'Etat a confirmé, ce vendredi 12 mai, l'implantation des usines du Taïwanais ProLogium et du Chinois XTC, spécialisées dans les batteries pour voitures électriques, avec 4.700 emplois directs à la clé. Les manifestants, plus de 200 dans l'après-midi, ont été fermement tenus à l'écart.

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En visite à Dunkerque, ce vendredi 12 mai, le chef de l'Etat s'est rendu à Aluminium Dunkerque, plus grande fonderie d'aluminium en Europe, pour annoncer la venue prochaine du fabricant de batteries au lithium ProLogium et du producteur de composants de batterie XTC. A la clé, 4.700 emplois et 20.000 emplois au total dans le territoire d'ici 2030, grâce aux projets industriels déjà signés.

Revivez ci-dessous la visite officielle, minute par minute, d'Emmanuel Macron

Le résumé de la visite dans notre reportage

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Deux nouvelles implantations d'usine soit 20 000 emplois dans le Dunkerquois d'ici 2030. ©France Télévisions. Alexandre Portes

Le maire de Gravelines "heureux" d'accueillir l'usine d'XTC

“Très heureux de cette installation ! On avait Verkor, désormais nous avons une deuxième entité. Dunkerque a le foncier de disponible, on le grand port en développement (...) toutes les conditions sont réunies pour accueillir cette nouvelle industrie”, a exprimé Bertrand Ringot, maire de Gravelines.

La première pierre de l'usine chinoise devrait être posée en 2024, pour in fine, créer 1.700 emplois.

18h50 : Xavier Bertrand veut développer la vallée de la batterie vers Amiens et Valenciennes

Le président des Hauts-de-France a pris la parole à la CUD pour vanter les mérites et l'avenir de la vallée de la batterie électrique, en gestation dans la région. "Aujourd'hui, c'est la quatrième gigafactory, mais nous ne nous arrêterons pas là, a-t-il déclaré. Nous voyons l'avenir de la région en 3D : Dunkerque, Douai, Douvrin. Et cette vallée de la batterie, nous avons aussi pour ambition de la faire descendre pourquoi pas sur Amiens et le Valenciennois."

18h30 : Emmanuel Macron accueilli à la communauté urbaine de Dunkerque (CUD)

"Merci pour votre présence, merci pour votre engagement." Après sa visite d'Aluminium Dunkerque, le président est arrivé au siège de la CUD, où il est accueilli chaleureusement par le maire de Dunkerque, Patrice Vergriete. 

Sur l'estrade, également, le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand. Et le directeur de Prologium.

Un défilé déguisé à Paris

Cet après-midi, dans les rues de Paris, des protestaires à la politique d'Emmanuel Macron ont défilé avec des déguisements, comme un clin d'oeil aux Dunkerquois et leur célèbre carnaval. Dans une vidéo publiée sur Twitter par un journaliste de Loopsider, on voit de nombreux jeunes costumés, scander des "on est là, on est là"...

Damien Carême dénonce un centre-ville "barricadé"

"Forces de l'ordre partout, centre-ville barricadé, ponts relevés, rues désertes..." Le député européen écologiste et ancien maire de Grande Synthe, Damien Carême, s'est etonné sur Twitter du niveau de protection mis en place dans le cadre de ce déplacement officiel.

"Quand on a peur des citioyen.ne.s comme ça, on ne peut plus gouverner. Il faut partir", écrit l'opposant politique.

Les policiers bloquent l'accès à la CUD pour les manifestants

Une vidéo publiée par nos confrères de France Bleu Nord, à 17h18, montre une confrontation entre une poignée de manifestants, certains munis de casseroles, et des forces de l'ordre. Ces derniers empêchent les contestataires d'accéder au siège de la communauté urbaine de Dunkerque, où se rend Emmanuel Macron.

17h30 : Emmanuel Macron quitte l'usine et se rend à la CUD

Le président sera resté environ 2 heures au sein d'Aluminium Dunkerque, dans une ambiance cordiale, loin des manifestants situés 20 km plus loin, place Jean-Bart.

Il prend la route de la communauté urbaine de Dunkerque, pour un entretien confidentiel, accompagné du ministre de l'Intérieur nordiste Gérald Darmanin et de l'Economie Bruno Le Maire.

17h : le président interpellé sur la concurrence de l'aluminium indien

Interrogé par le représentant d’Aluminium Dunkerque, qui l’a conduit pour la visite de l’entreprise, Emmanuel Macron a estimé qu’il fallait : “défendre notre modèle, imposer les mêmes règles et aider à la transition” à une question sur la compétitivité de l’aluminium décarboné par rapport à l’aluminium indien par exemple. La séquence en vidéo ci-dessous.

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Emmanuel Macron répond à une question sur la compétitivité de l'aluminium propre dunkerquois par rapport à celui indien ©France Télévisions

17 h : l'usine de composants de batteries XTC s'installera à Gravelines

Le groupe chinois XTC associé à Orano a choisi la commune de Gravelines, près de Dunkerque, pour mettre sur pied sa production de composants amonts de batteries au lithium.

16h45 : Quelques lacrymogènes place Jean-Bart

La tension grimpe un peu sur la place Jean-Bart, où, sous la pluie, plus d'une centaine de manifestants occupe les lieux. Certains ont tenté de forcer doucement un barrage policier. Des jets de lacrymogène ont repoussé les protestaires, constate notre journaliste sur place.

16h35 : "20.000 emplois industriels" d'ici 2030

Après le déroulé de ces annonces, le chef de l'Etat a fait la somme des ces investissements en termes d'emplois. "Cela ajoute aux 16.000 emplois qu'on avait déjà, presque 5.000 de plus, explique t-il. Avant la fin de la décennie, on aura 20.000 emplois industriels nouveaux." Des chiffres qui restent des estimations pour l'heure.

Parmi les 16.000 emplois déjà prévus avant cette visite, le chef de l'Etat prend notamment en compte les projets d'installation d'entreprises comme Verkor, une des gigafactory de batteries, qui promet 1.200 emplois.

16h30 : Macron confirme l'implantation du Chinois XTC avec 1.700 emplois à la clé

"On a de très grandes annonces à faire aujourd’hui", a lancé le président dans les locaux de l'entreprise Aluminium Dunkerque.

La première était connue : l'entreprise taïwanaise ProLogium s'installera bel et bien à Dunkerque, avec 3.000 emplois à la clé pour 5,2 milliards d'euros d'investissement d'ici 2030.

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Emmanuel Macron confirme l'implantation à Dunkerque de ProLogium et du Chinois XTC. ©France Télévisions

La deuxième était une information qui n'attendait que la confirmation du président, puisque c'était un dossier qu'il gérait en personne. C'est fait, l'investisseur chinois XTC associé à Orano va prendre ses quartiers dans la cité corsaire également, pour y fabriquer des composants de batteries de lithium. Cette fois-ci Emmanuel Macron prévoit la création de 1.700 emplois pour 1,5 milliard d'euros d'investissement.

“Tout cela est source d’espoir", conclut le chef de l'Etat après ces annonces.

16h10 : "Votre site est emblématique", déclare Macron devant les salariés

"Les mois passés ont été difficiles et le choc qu'on a subi en particulier à cause du prix de l'énergie a mis en péril à un moment la production, a déclaré Emmanuel Macron, entouré d'un aéropage de salariés de l'usine, parfois smartphone en main. Mais vous avez tenu."

A propos de la "réindustrialisation verte", pronée par le chef de l'Etat : "On est sur un site emblématique de notre stratégie." Avant de poursuivre : "votre site s'est engagé dans une décarbonation et je vous en remercie car on peut réindustrialiser de manière propre."

Le courant de certains commerces coupé temporairement

Notre journaliste Maxime Lictevout a constaté qu'une poignée de commerces au niveau de la place Jean-Bart, avait subit des coupures d'électricité de 13h à 14h30. C'est notamment le cas de 3 banques et 4-5 cafés-restaurants, dont l'un d'eux a du fermé ses portes sur le temps du midi. Pour le moment, aucun lien n'est attesté avec la venue d'Emmanuel Macron.

15h45 : Emmanuel Macron démarre sa visite à Aluminium Dunkerque

Le chef de l'Etat est entrée dans la fonderie, accompagné notamment du ministre de l'Industrie Roland Lescure.

15 h 30 : des grévistes de Valdunes à Dunkerque

L'actualité sociale de Valdunes s'invite dans cette journée. Une poignée d'ouvriers CGT en grève depuis le 5 mai s'est invitée place Jean-Bart, brandissant une banderole : "Non à la fermeture de Valdunes !". Il y a une semaine, les salariés du dernier fabricant de roues de train en France ont été laché par leur actionnaire chinois.

Pour l'heure, malgré le soutien du ministre de l'Industrie Roland Lescure et de l'ensemble des acteurs politiques de la région, les 330 emplois, réparties sur les deux sites, près de Valenciennes et de Dunkerque, sont en sursis.

Hier, le délégué syndicale CGT, Maxime Savaux, nous confiait sa volonté de voir le président de la République faire un crochet sur le site de Leffrinckoucke.

Le député du Nord, Fabien Roussel (PCF), a d'ailleurs publié un tweet en ce sens ce matin.

15 h : 200 manifestants place Jean-Bart

Des protestataires, environ 200, dont certains munis de casseroles, sont réunis place Jean Bart. S'ils ont accès à la place très surveillée par les CRS, ils ne peuvent repartir que par des accès les éloignant du siège de la Communauté urbaine de Dunkerque (CUD) que visitera dans la foulée Emmanuel Macron.

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Manifestation place Jean-Bart pour la venue d'Emmanuel Macron, vendredi 12 mai. ©Maxime Lictevout/France TV

Une visite sous haute-sécurité

La cité corsaire est placée sous haute surveillance pour l'arrivée d'Emmanuel Macron, comme peuvent le constater nos reporters sur place. La place Jean-Bart - où sont rassemblés près de 200 manifestants - est ceinturée par des barrières de police et un grand nombre de CRS.

"Je n'ai jamais vu autant de flics", s'étonne un passant. "Meme au carnaval il n'y a pas autant de policiers", remarque un autre.

D'autres annonces dans la région ? Pour Denain ou Béthune ?

Le chef de l'Etat se rendra t-il à Dunkerque avec des annonces surprises ? Si les bonnes nouvelles sur le volet emploi sont pour le moment réservées à la cité corsaire, d'autres villes pourraient en bénéficier. Comme l'a sous-entendu Emmanuel Macron en personne, hier, dans son discours sur la réindustrialistion.

"Dans la même région on a des territoires très en déprise, comme Béthune ou Denain." Une petite phrase pour de grandes nouvelles pour ces deux communes ?

Dans cette même prise de parole, le président de la République a promis de mettre les “bouchées doubles” pour réindustrialiser le pays.

Emmanuel Macron à propos de la réindustrialisation de la France hier jeudi 11 mai. Des annonces pour Béthune et Denain aujourd'hui ? ©France Télévisions

Des emplois pour Dunkerque

Le groupe taïwanais ProLogium a confirmé ce vendredi matin l'implantation de son usine de batteries pour voiture électrique à Dunkerque. Emmanuel Macron devrait annoncer les 3.000 emplois directs et 12 000 indirects que devrait générer cette installation.

Notre article à lire pour en savoir plus sur cette usine qui deviendrait la quatrième “gigafactory” de batteries électriques des Hauts-de-France.

11h : des manifestants et des casseroles

Dès 11h00, un rassemblement de plusieurs dizaines de manifestants avec casseroles et klaxons s'est formé devant la sous-préfecture de Dunkerque contre la visite prévue dans l'après-midi du président de la République. Des barrières ont été dressées tout autour de la sous-préfecture devant laquelle les manifestants, dont quelques "gilets jaunes" et des militants syndicaux CGT et CFDT, tambourinaient sur des casseroles et klaxonnaient alors que des centaines de policiers étaient mobilisés pour sécuriser la visite du chef de l'Etat. 

10h : le maire de Dunkerque à propos de cette visite

Plus tôt dans la matinée, le maire de la cité corsaire était interviewé sur franceinfo.fr

Patrice Vergriete le maire de Dunkerque a expliqué : "On a connu ici 30 à 40 années de désindustrialisation avec des conséquences économiques et sociales assez terribles. Donc aujourd'hui, on a le sentiment en ayant fait ce pari sur l'industrie du XXIe siècle d'avoir fait le bon choix et d'être soutenu par l'Etat".