Dix ans après la mort de Hugo, 8 ans, tué par un palet lors d'un match de hockey à Dunkerque, la date du procès a été fixée

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Après neuf ans d'instruction, la famille d'Hugo va peut-être pouvoir avancer. Le 20 mai 2024, trois institutions se retrouveront devant le tribunal correctionnel pour déterminer qui détient des responsabilités dans la mort de Hugo, 8 ans, qui a reçu un palet derrière l'oreille lors d'un match de hockey en novembre 2014.

Il aura fallu attendre 10 ans après le drame pour qu'un procès s'ouvre. Le 20 mai 2024, trois instances seront renvoyées devant le tribunal correctionnel de Dunkerque : la fédération française de hockey sur glace, le club de hockey de Dunkerque et l'association Dunkerque Détente, en charge de l'organisation du match de hockey du 2 novembre 2014.

Ce soir-là, Hugo Vermeersch, un passionné de hockey sur glace, âgé de 8 ans, était venu regarder le match de Dunkerque contre Reims à la patinoire de Dunkerque avec son père. Quelques minutes avant la fin du match, un joueur de l'équipe de Reims a dégagé vers le but dunkerquois, mais le palet a été dévié dans les tribunes. Hugo a reçu le palet au niveau de l'oreille.

Après avoir été ranimé par le président du club de Reims, chirurgien de profession, Hugo a été transféré à l'hôpital de Dunkerque puis celui de Lille au service pédiatrique de réanimation. Le petit garçon y est décédé.

Une patinoire "vétuste"

L'incident a eu lieu dans une patinoire "extrêmement vétuste", indique Maître Pierre Cortier, avocat du club de hockey de Dunkerque. Cette patinoire a d'ailleurs été détruite depuis. C'est la mairie qui en était la propriétaire et c'est la fédération de hockey qui l'avait homologuée.

Hugo et son père étaient placés derrière les buts et se trouvaient protégés par une vitrine en plexiglas. Toutefois, ils étaient proches d'un espace non protégé. C'est cette absence de protection qui va être discutée lors du procès.

Les hauts plexiglas n'étaient alors pas obligatoires dans cette division sur l'ensemble du terrain, mais seulement derrière les buts. Deux mois et demi après la tragédie, la patinoire de Dunkerque avait installé des filets de protection supplémentaires.

C'est pourquoi l'avocat du club a demandé que ces institutions soient, elles aussi, mises en cause dans l'instruction, tout comme l'association Dunkerque Détente, organisatrice de l'événement.

Des palets déjà envoyés dans le public

Seule la mairie n'est finalement pas poursuivie dans cette affaire. "Je ne comprends pas, confie Maître Cortier. Il manquait des travaux à faire sur cette patinoire et seul le propriétaire, soit la mairie, pouvait s'en occuper." 

Selon lui, "nous n'avions pas les moyens de mettre les plexiglas qui auraient empêché le drame, mais tout le monde avait connaissance de l'état de la patinoire". 

On attend que les responsabilités soient clairement établies et que le club ne soit pas le seul à répondre de ce drame.

Pierre Cortier, avocat

Ce n'était pas la première fois qu'un palet atterrissait sur une personne située en dehors du terrain. "Et cela avait été remonté à la mairie", assure Pierre Cortier.

Maître Blandine Lejeune, avocate des parents d'Hugo Vermeersch, pointe du doigt "la négligence de ne pas avoir pris les mesures de protection publique alors que des solutions étaient possibles"

Après une première condamnation en action civile, l'avocate espère que ce procès permettra de "reconnaître la faute pénale d'homicide involontaire" et que "chacun arrête de se cacher derrière son petit doigt pour rejeter la responsabilité les uns sur les autres".

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