Dunkerquois : Clarebout Potatoes obtient l'accord de la préfecture pour l'implantation de son usine

L'usine belge Clarebout Potatoes a prévu d'installer sa nouvelle usine dans le Dunkerquois. Alors qu'elle vient d'obtenir l'autorisation de commencer les travaux, des habitants réunis sous le collectif "Non à la friture à Saint-Georges-sur-l'Aa", dénoncent le projet qui doit créer 320 emplois. 
Dunkerquois : Clarebout Potatoes obtient l'accord de la préfecture pour l'implantation de son usine
Dunkerquois : Clarebout Potatoes obtient l'accord de la préfecture pour l'implantation de son usine © FRANCE 3 NORD PAS-DE-CALAIS
"Il y a beaucoup d'incohérence à installer cette usine", peste Eulalie, la porte-parole du collectif "Non à la friture à Saint-Georges-sur-l'Aa". Alors que Clarebout vient d'obtenir le permis de construire de son usine de produits surgelés à base de pommes de terre sur la zone grandes industries à Saint-Georges-sur-l'Aa, la contestation de certains riverains est toujours présente. 

"À partir de maintenant, ils peuvent lancer les travaux et nous, en termes de collectif, on va devoir passer à l'étape supérieure", regrette la porte-parole de "Non à la friture à Saint-Georges-sur-l'Aa". 

Quel est le projet de Clarebout à Saint-Georges-sur-l'Aa ? 

Si Clarebout a déjà une usine à Comines-Warneton en Belgique, le groupe prévoit d'en installer une deuxième pour 140 millions d'euros dans le Dunkerquois avec 320 emplois à la clé. "Dunkerque est un vivier de culture de pommes de terre. 1/3 des pommes de terre sont produites dans les Hauts-de-France, donc ça fait sens pour Clarebout d'y être."

Clarebout potatoes bientôt à Dunkerque ? ©France 3 Nord Pas-de-Calais

Cette usine fonctionnera 24 h/24 et pourra produire 1 400 tonnes de frites, flocons et autres spécialités par jour. Elle consommera plus de 1 750 000 m³ d'eau par an et sera dotée d'une station d'épuration. 

Le projet impactera les "28 000 habitants des six communes concernées : Gravelines, Loon-Plage, Bourbourg, Saint-Folquin, Craywick et Saint-Georges-sur-l'Aa", estime la porte-parole du collectif d'opposants.

Qu'est-ce qui pose problème ? 

Si Clarebout dit avoir "souhaité installer l'usine de production dans un rayon allant bien au-delà de ce que la loi demande en matière de proximité avec les habitations", le son de cloche est différent chez les opposants du projet : "Plusieurs ERP ont été occultés du dossier comme le théâtre des insolites ou l'école municipale. Le projet devrait être à 1,5 km de ces bâtiments, mais ce n'est pas le cas."

Cette version est soutenue par le maire de la commune, Claude Charlemagne, dans un courrier adressé le 10 juillet dernier au directeur du Grand port maritime de Dunkerque que la rédaction s'est procuré. "L'étude de l'emplacement du site n'a pas pris en compte les ERP présents sur la commune de Saint-Georges-sur-l'Aa : l'école, la salle polyvalente, l'église et les deux activités commerciales (situées à 400 mètres seulement du site industriel). [...] Après lecture du dossier, il s'avère qu'ils n'ont d'ailleurs pas été pris en compte dans l'étude !"

Une manifestation au mois de juin avait rassemblé 200 habitants. "Pourquoi installent-ils cette usine aussi près de notre village ? Ont-ils cru qu'il n'y avait pas de maisons à Saint-Georges ? ", s'était alors agacé Daniel, habitant de la commune, renommée pour l'occasion "Saint-Georges-sur-Friture". 

Mais pour Clarebout, l'usine va s'implanter "sur une zone dédiée à l'activité industrielle, une ZGI (zone grandes industries) qui représente au total un parc de 160 hectares, le projet de Clarebout ne vient pas se poser sur une terre surprise, c'est un lotissement pour usines.Le producteur de produits surgelés se dit "reconnu pour son engagement dans une démarche de durabilité ambitieuse et faisant l'objet d'investissements permanents." Il ajoute "être contrôlé excessivement. Ce sont 300 contrôles par an et on est soumis à des certifications, des contrôles réalisés par des cabinets indépendants ou en interne.".

Des contrôles insuffisants pour satisfaire Eulalie. Elle pointe du doigt la proximité de l'usine avec un corridor écologique créé et subventionné par la Communauté urbaine de Dunkerque, l'Union européenne et le port autonome. "Pour réaliser les travaux de voirie et faciliter l'accès à l'usine, ils sont en train de démolir ce corridor, c'est un double discours."Cette usine "veut dire plus d'emplois, mais cela ne signifie pas pour autant plus de désagréments", se défend l'usine de transformation de pommes de terre face aux craintes d'une augmentation du trafic routier. "Connecté au port, le site exportera en grande partie sa production par voie maritime, ce qui signifie dans l'absolu, moins de camions pour la distribution." Le groupe indique aussi qu'"une attention particulière sera accordée à ne pas encombrer davantage les axes stratégiques que sont l'A16, l'A25 et les D601, 300 ou 943."

Dans le même courrier, le maire de Saint-Georges-sur-l'Aa, Claude Charlemagne, regrette ce choix. Il considère que l'accès au site actuellement pensé est "dangereux et inadapté vu le nombre de véhicules prévus. [...] Il nous paraît plus judicieux de faire un accès dès la sortie de l'autoroute A16, en aménageant une route qui contourne le site par le Sud et évite ainsi des nuisances pour les riverains et les usagers."Se basant sur les témoignages de riverains habitants à proximité d'une usine Clarebout en Belgique, les manifestants s'inquiètent des "nuisances" qu'engendreraient selon eux une telle usine : "pluies de graisse", "odeurs de graillon", "pollution lumineuse et sonore liée à l'activité 24 h/24 des usines", "va-et-vient des poids lourds, pollution de l'air causée par les rejets des usines". 

"L'autorité environnementale a déjà rendu un premier avis favorable au projet", assure cependant un porte-parole de cette entreprise qui a réalisé un chiffre d'affaires de 661 millions d'euros en 2018 et emploie quelque 1.700 collaborateurs en Belgique.

À la suite de l'autorisation du préfet de commencer les travaux de construction, les opposants au projet se donnent jusqu'à mi-septembre pour préparer un recours dont ils se réservent encore le choix de la forme juridique. 
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