VIDÉO. Les circuits courts en vogue durant le confinement ont-ils toujours la cote ?

Les plateformes de drive fermier qui existaient avant la crise ont multiplié leurs ventes pendant le confinement. C'est le cas du site internet LeCourtCircuit.fr implanté dans les Flandres et la métropole lilloise. Manger local s'est-il inscrit dans les habitudes de manière durable ? 

La crise sanitaire a-t-elle eu un effet positif sur les circuits courts ?
La crise sanitaire a-t-elle eu un effet positif sur les circuits courts ? © FRANCE 3 NORD PAS-DE-CALAIS
"On demande au consommateur de changer ses habitudes de consommation. Ça ne se fait pas du jour au lendemain, mais par étapes", reconnaît Jimmy Devemy, cofondateur de la plateforme internet de vente de produits fermiers et locaux, LeCourtCircuit.fr.

Avec le confinement, de nombreux consommateurs se sont tournés vers les produits locaux. Plus de deux mois après la fin de cette période, le succès du circuit-court s'est-il consolidé dans le temps ? 

"Une opportunité"

Tous les vendredis, depuis le début de l'année, LeCourtCircuit.fr est installé devant la gare de Dunkerque. C'est l'un des 20 points de vente de la plateforme. Les clients passent commande par leur site internet et viennent chercher leur commande déjà préparée.

Parmi eux, de nouveaux clients arrivés durant le confinement : "C'est ma première commande cette semaine", confie cette Dunkerquoise. "Ça faisait un petit moment que j'y pensais, mais je n'avais pas encore passé le cap. Avec la crise, j'ai voulu aider les producteurs locaux, bénéficier de produits frais et d'éviter les grandes surfaces. Donc je me suis dit que j'allais tenter."

L'argument des produits frais et de qualité a aussi séduit cette autre consommatrice de la plateforme. "C'était difficile de trouver des produits en centre-ville durant le confinement. C'était une opportunité d'avoir des produits frais et de qualité et j'y reviens."
La crise sanitaire a-t-elle eu un effet positif sur les circuits courts ?
À Dunkerque, le nombre de commandes a explosé durant la crise sanitaire. D'une vingtaine au début de l'année, la plateforme a distribué jusqu'à 120 commandes par semaine durant le confinement, avant que ce nombre ne redescende à une cinquantaine en juin, puis à une quarantaine ce mois de juillet.

Mais pas de quoi inquiéter son fondateur : "Ça fait sept ans qu'on est lancé, on voit vraiment que c'est un mouvement de fond qui ne fait que grandir. Malgré cette décrue, on vend toujours plus qu'avant le confinement. Et une personne qui a goûté a de fortes chances d'y revenir plus tard", estime-t-il. 

Au niveau régional, cette même tendance s'est vérifiée. "On est passé de 3 000 commandes à 8 000 commandes pendant le confinement. Maintenant, on est à 5 000 commandes par mois."
 

"Boom du confinement"

Nicolas Ducrocq est éleveur de bovins allaitant à Roquetoire et  l'un des vingt nouveaux producteurs à avoir intégré la plateforme LeCourtCircuit.fr durant la crise sanitaire. "La plateforme nous a contactés pendant le confinement pour ravitailler la métropole lilloise et Dunkerque. Les urbains s'intéressent de plus en plus à la qualité des produits qu'ils mangent. C'est un boom du confinement."

Ses ventes ont aussi explosé : "Nous avons vécu un confinement très productif. On a eu une grosse demande qui a certes ralenti, mais qui reste néanmoins supérieure à celle d'avant confinement. On espère juste que ça va durer dans le temps."

On propose la gamme que l'on veut, au prix que l'on veut et au point de retrait que l'on souhaite.

Rémy Christiaen, maraîcher à Wylder et producteur pour la plateforme de drive fermier

Une fois les commandes réalisées sur Internet, les producteurs reçoivent un listing des produits qu'ils doivent préparer pour le jour de collecte. Ils les déposent ensuite dans un point de collecte.

"Mieux rémunéré"

Celui de Nicolas Ducrocq est situé à trente kilomètres, à la La Terferme à Terdeghem. Il y répartit ses produits dans différentes caisses qui correspondent chacune à une commande internet. Son partenariat avec la plateforme en ligne représente une journée de travail pour lui : "C'est énormément de travail mais c'est mieux rémunéré que dans la filière classique", reconnaît-il. 

Rémy Christiaen, maraîcher à Wylder, est lui chargé d'acheminer les productions jusqu'au point de retrait à Dunkerque.

En tant que producteur, il s'estime gagnant avec ce partenariat : "On propose la gamme que l'on veut, au prix que l'on veut et au point de retrait que l'on souhaite. Donc on est vraiment libre en termes de gammes, de prix, de disponibilité. On bénéficie d'un débouché important, ce qui nous permet de ne pas perdre ou vendre en gros des productions qui mériteraient d'être valorisées."

Les fondateurs de la plateforme misent désormais sur la rentrée de septembre, période de bonnes résolutions, pour retrouver ces clients perdus après le confinement. 
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