Encres de tatouages interdites : la Convention de tatouage de Lille se plie aussi aux normes européennes

Depuis janvier 2022, 4 000 références d'encres utilisées par les tatoueurs sont désormais interdites dans l'Union européenne en raison de composants toxiques. Après plusieurs mois de tolérance, les amendes ont commencé à pleuvoir, forçant la Convention de tatouage de Lille à redoubler de vigilance.

Les 16, 17 et 18 février 2024 se tiendra comme chaque année l'International Tattoo Convention de Lille, qui doit réunir 472 tatoueurs venus de la Métropole lilloise, de France et de l'étranger. Cet évènement, devenu une véritable institution dans les Hauts-de-France et dans la capitale des Flandres, rameute chaque année des milliers de férus de tatouages venus découvrir de nouveaux artistes.

Même si cette nouvelle édition ne dérogera pas à l'esprit festivalier et à la bonne humeur des précédentes, la Convention de tatouage de Lille intervient dans un contexte de tensions liées aux récentes réglementations européennes qui concernent les encres de tatouages.

La fin de la tolérance

Depuis janvier 2022, le règlement REACH (Enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques) adopté par l'Union européenne, bannit l'utilisation de 25 pigments et limite la présence de 4 000 substances dans les encres de tatouage, qui sont notamment retrouvées dans les encres colorées. Une décision qui avait provoqué l'ire de nombreux tatoueurs, inquiets de voir la liste des encres restreinte à des produits plus chers, moins vibrants et surtout de voir certaines couleurs disparaître du marché.

Après presque un an de tolérance, pour laisser le temps aux tatoueurs de se ressaisir et de se mettre en conformité, les agents de l'Agence régionale de santé (ARS) ont commencé à procéder à des contrôles... Et surtout à la mise en place d'amendes, pouvant parfois atteindre plusieurs milliers d'euros.

Des contrôles aléatoires par l'ARS

"Vu les amendes, les tatoueurs ne se risquent généralement pas à déroger aux réglementations." Jean Marc Bassand, gérant de plusieurs boutiques de tatouage en France, est le créateur de la Convention de tatouage de Lille. Fort de nombreuses années d'expérience, l'organisateur atteste que, depuis que le règlement REACH délimite les contours du tatouage, la Convention est soumise des contrôles plus soutenus de la part de l'ARS.

"On se fait contrôler mais sans trop de conséquences car les tatoueurs invités ont toujours pris la peine de se mettre en conformité, même les tatoueurs étrangers, qui doivent se soumettre aux réglementations européennes le temps de la Convention." Qui plus est, il est assez difficile pour les organisateurs de contrôler l'encre qu'utilisent les tatoueurs... La confiance entre professionnels est donc le maître mot.

Même les tatoueurs étrangers, qui doivent se soumettre aux réglementations européennes le temps de la Convention.

Jean Marc Bassand, organisateur de la Lille Tattoo Convention

Les organisateurs doivent donc attendre les contrôles de l'ARS, dont les représentants interviennent généralement dès le premier jour de la Convention, pour connaître leur conformité. "Ils choisissent 3 ou 4 exposants au hasard et leur rendent visite pour vérifier la composition de leur encre, on n'a jamais eu vraiment de problème, on espère que ça continuera."