Grande-Synthe : après les perquisitions, le Préfet demande la fermeture du centre Zahra France

Cette salle de prière de Grande-Synthe est soupçonnée de liens avec le terrorisme.
Ce mardi matin à Grande-Synthe devant le centre Zahra France
Ce mardi matin à Grande-Synthe devant le centre Zahra France © PHILIPPE HUGUEN / AFP
L'opération de police menée à Grande-Synthe ce mardi matin a débouché sur 3 gardes à vue et des saisies d'arme et de matériel. Mais les perquisitions qui visaient une douzaine de personnes et les locaux du centre Zahra France ont aussi amené le Préfet à décider la fermeture pure et simple du lieu. 

"Compte tenu des éléments recueillis par les services de renseignement, le préfet du Nord engage par ailleurs une procédure de fermeture de la salle de prière du centre ZAHRA France, objet d’une des visites domiciliaires du jour, écrit le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb dans un communiqué. Cette fermeture sera la 5ème intervenant depuis l’entrée en vigueur de la loi SILT." La loi sur la Sécurité Intérieure et la Lutte contre le Terrorisme (SILT) est récente. Elle a été promulguée par le Président de la République le 30 octobre 2017.
 
Par ailleurs, les fonds de l'association "Centre Zahra France" ont été gelés pour une durée de six mois. "Les fonds et ressources économiques qui appartiennent à, sont possédés, détenus ou contrôlés par les associations +Centre Zahra France+, déclarée le 25 avril 2005 à la sous-préfecture de Dunkerque (...) font l'objet d'une mesure de gel des avoirs pour une durée de six mois", annonce un arrêté des ministères de l'Intérieur et de l'Economie publié au Journal Officiel. 
 
Le centre Zahra est l'un des principaux centres chiites d'Europe et est soupçonné par les autorités françaises de faire l'apologie de mouvements terroristes comme le Hamas palestinien ou le Hezbollah libanais, des organisations soutenues par l'Iran, selon une source proche du dossier.

Les activités de l'association sont "particulièrement suivies en raison du soutien marqué par ses dirigeants à plusieurs organisations terroristes et en faveur de mouvements prônant des idées contraires aux valeurs de la République", indique la préfecture.

Sur son site internet, l'association "Centre Zahra France" dit avoir pour but "de faire connaître le message de l'Islam à travers le regard du Prophète et de sa famille; de les faire connaître, de traduire leurs pensées et de témoigner de leurs oeuvres". 

Selon des textes publiés sur le site internet, le centre qui dispose d'une "structure d'accueil à caractère social, familial et religieux", participait également à la "publication d'oeuvres, à des colloques, des journées d'étude, des tables rondes, des voyages, des manifestations scientifiques, pédagogiques, religieuses et gnostiques", à "la réalisation de films à grand public".

L'association a plus de 8 500 abonnés sur Facebook et sur YouTube. En mai 2016, l'association avait posté un article condamnant "le groupe terroriste dirigé par le Calife autoproclamé Abou Bakr al-Baghdadi depuis le 29 juin 2014" (le chef du groupe État islamique, NDLR), le qualifiant de "projet nazi socialo-sioniste".

Selon la mairie, ce centre ne participe "ni de près ni de loin" à l'aide aux migrants et aux réunions régulières entre associations et élus. "C'est une communauté très fermée, on ne sait pas trop ce qu'il se passe à l'intérieur, il y a souvent des gardes devant l'entrée", a témoigné une riveraine, sous couvert d'anonymat, affirmant aussi que l'association possède "des commerces en centre-ville".



 
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