Centrale nucléaire de Gravelines : des salariés en grève contre un projet de réorganisation d'EDF

La mobilisation des salariés d'EDF à Gravelines (Nord), le 19 septembre 2019. / © France 3 / F. Bellouti
La mobilisation des salariés d'EDF à Gravelines (Nord), le 19 septembre 2019. / © France 3 / F. Bellouti

Les agents EDF de la centrale nucléaire de Gravelines (Nord) étaient en grève ce jeudi 19 septembre. Ils protestent contre Hercule, le projet de réorganisation de l'entreprise publique présenté au début de l'été. Les grévistes redoutent qu'il puisse aboutir à une hausse des prix.

Par ML et MSC

C’est une mobilisation qualifiée de « massive » par l’intersyndicale qui en est à l’origine. Ce jeudi 19 septembre était marqué par un appel national à la grève au sein des salariés d’EDF, à l'initiative de la CGT, la CFE-CGC, la CFDT et FO. À Gravelines, dans le Nord, les agents de la centrale nucléaire étaient également mobilisés, avec plusieurs centaines de grévistes sur le site.
 

« Ce qui se passe, c’est assez historique puisqu’on parle de démantèlement, appuie Sébastien Hannedouche, délégué syndical CFDT. On pèse bien nos mots quand on dit ça. Ce n’est pas anodin. » À l’origine de la grogne : le projet de réorganisation nommé Hercule, présenté en juin dernier à l’initiative de la direction et du gouvernement.
 
Gravelines : grève à la centrale nucléaire contre le projet Hercule de réorganisation d'EDF
Reportage de M. Sicard-Cras, F. Bellouti, A. Morvan, R. Mompach, E. Charles. Avec Sébastien Hannedouche, délégué syndical CFDT, Franck Renondo, délégué syndical FO - élu CE, et Robert Bréhon, président UFC-Que Choisir Hauts-de-France.

Il prévoit une scission des activités du groupe public : d’une part, un EDF « bleu » qui comprend le nucléaire, les barrages et le transport de l’électricité, et de l’autre, un EDF « vert » regroupant notamment une partie du commerce, de la distribution et le volet des énergies renouvelables. Ce dernier pan serait introduit en bourse à hauteur de 35%, d'après les syndicats.
 

Une possible hausse des prix ?


Une privatisation partielle qui doit permettre à EDF de poursuivre ses investissements dans le nucléaire et dans les énergies renouvelables, selon la direction. Mais à Gravelines, les syndicats craignent qu’elle s’accompagne d’une hausse des prix. « Si on donne au privé la fourniture du courant au citoyen, les capitaux vont se gaver, assure Franck Renondo , délégué syndical FO. Les factures vont augmenter. C’est ça, le fond du problème. »
 

« S’il y a plusieurs prestataires, il y aura une concurrence, tempère Robert Bréhon, président de l’association UFC Que Choisir Hauts-de-France. Et la concurrence, elle est bonne pour le consommateur. La concurrence fait que les prix se tienne. S’il y a un prestataire majeur qui prenne une grande part du marché, là on peut s’inquiéter de la distribution, du niveau du prix. »
 

A l’échelle nationale, la direction décompte 39,2% de grévistes sur le total de l’effectif d’EDF. Sur la base des présents, les syndicats revendiquent une participation moyenne d’un peu plus d’un salarié sur deux, similaire à celle de la centrale de Gravelines. Ils ont été reçus ce jeudi au cabinet de la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne. L’intersyndicale a exigé dès le lendemain un retrait du projet Hercule « d’ici le 10 octobre ».


 

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